Mort de Bernard Tapie

Mort de Bernard Tapie

La mort de Bernard Tapie a déclenché un déluge de d’éloges funèbres.

Il est évidemment assez logique que la mort d’un homme, qui s’est battu courageusement contre la maladie, suscite des réactions de compassion.

Mais il est assez troublant que bien peu de médias aient osé troubler le consensus bien-pensant.

Pour ceux qui ont un peu de mémoire, Bernard Tapie était d’abord un homme d’affaires peu regardant sur les méthodes, puis un politicien démagogue prêt à toutes les combinaisons ou compromissions.

Son nom est apparu dans tant de procédures judiciaires que l’on en a perdu le compte.

De l’affaire du match OM-Valenciennes au Crédit lyonnais en passant par le rachat des châteaux de Bokassa (obtenu de façon disons discutable, après la chute de « l’empereur », en faisant croire à l’intéressé que l’État français allait saisir ses propriétés – alors que Bernard Tapie n’avait pas 40 ans et amorçait ainsi une brillante carrière d’homme d’affaires pas très regardant sur la moralité, ni même parfois sur la légalité !), le nom de l’ancien ministre a régulièrement défrayé la chronique judiciaire des 40 dernières années.

Quant à la carrière politique, elle se fit dans le sillage de François Mitterrand.

C’est dire qu’elle ne fut pas exactement une carrière de dévouement au bien commun, mais qu’elle fut une incroyable épopée au service des intérêts d’un homme et d’une équipe aussi peu recommandables l’un que l’autre !

Je retiendrai surtout de cette carrière politique le choix – qui continue à pourrir la vie politique française – de la « nouvelle gauche ».

Non pas au sens de Rocard ou de la CFDT, mais au sens de cette gauche « Terra nova » qui a choisi d’abandonner les classes populaires françaises pour soutenir les « minorités » (notamment les minorités sexuelles et ethniques).

Car ce choix, officiellement entériné par Hollande en 2012, remonte à 1983.

C’est à cette date que Mitterrand prend le fameux tournant de la rigueur. Et qu’il décide d’aider à l’ascension du Front national.

Depuis, la gauche et la droite sont empêtrées dans le « piège mitterrandien ».

La droite, c’est bien connu avec le refus de toute alliance entre la « droite de gouvernement » et le FN, devenu RN.

Mais la gauche, c’est tout aussi vrai, puisque l’existence même de Mélenchon et de la France insoumise tire son origine de ce tournant de 1983 – et la gauche ne peut gagner ni avec ni sans Mélenchon.

D’une certaine façon, Mitterrand et Tapie ont gagné. Mais à quel prix !

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