Nicolas Sarkozy a beaucoup parlé de rupture

Nicolas Sarkozy a beaucoup parlé de rupture

L’histoire politique récente de la France n’indique pas que celle-ci est mieux gouvernée quand l’exécutif dispose au Parlement d’une majorité pléthorique, avec une opposition réduite à sa plus simple expression, au contraire. Ni la législature 1968-1973, ni celle qui siégea entre 1993 et 1997, n’a brillé par ses résultats. Quant à la majorité absolue qui entra au Palais Bourbon en 1981, elle mit, certes, en œuvre les promesses du candidat François Mitterrand, mais ce fut, largement, pour le malheur de notre pays.

Car s’il faut une majorité à un gouvernement, encore faut-il que celui-ci, avec celle-là, s’engage résolument dans la bonne direction. En 1995, Jacques Chirac et son Premier ministre Alain Juppé disposent d’une majorité confortable. Ils prennent d’emblée les mauvaises décisions, notamment en décidant d’augmenter massivement les impôts (deux points de TVA, « à titre provisoire », que nous payons toujours…) et, deux ans plus tard, le chef de l’État, conseillé par Dominique de Villepin, croit intelligent de procéder à une dissolution…

Nicolas Sarkozy a préféré réduire les prélèvements. Pour un total de l’ordre de 15 milliards d’euros, prix à payer par le Trésor public, pour les trois décisions immédiatement mises en œuvre, à savoir la défiscalisation des heures supplémentaires, la déduction des intérêts d’emprunt pour les prêts immobiliers liés à une résidence principale et la réduction des droits de succession.
C’est évidemment mieux que ce que fit son prédécesseur, il y a douze ans. Mais c’est aussi une façon de ne pas s’engager dans la seule politique susceptible de redresser rapidement la compétitivité de la France : une réduction forte et immédiate de la dépense publique, seule recette partagée par tous les pays qui ont su retrouver rapidement le chemin de la prospérité depuis dix ans (cf. les exemples de l’Irlande et du Canada).

François Fillon a indiqué que le budget pour 2008 serait rigoureux. Sans doute comportera-t-il des réductions d’effectif dans la fonction publique, conformément à l’engagement du candidat Sarkozy de ne renouveler qu’un poste de fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Mais on est très loin du volontarisme d’un pays comme le Portugal qui vient d’annoncer une réduction de 40 % des effectifs de l’ensemble de sa fonction publique…
Nicolas Sarkozy a beaucoup parlé de rupture. Les politologues sont unanimes à considérer que c’est sur ce thème qu’il a bâti son succès. L’histoire dira, très vite, s’il s’est contenté de dire la chose pour ne pas la faire ou bien s’il la fait vraiment.

Depuis trente ans, notre pays a été gouverné quinze ans par des gouvernements de droite et quinze ans par des gouvernements de gauche. Le funeste héritage résultant de cette période est à mettre à la charge des uns et des autres. C’est si vrai que si je vous dis « taxation des plus-values », « ISF », « CSG », « CRDS », ou bien encore « RMI », « CMU », « AME », « 35 heures »… peu nombreux seront ceux capables d’attribuer soit à la droite soit à la gauche ces redoutables innovations. La rupture consisterait évidemment à rompre avec tout cet héritage qui a fait reculer la France. À noter : il y a évidemment un parallélisme parfait entre le nombre des impôts, le total des prélèvements publics obligatoires d’une part, et les dépenses publiques en particulier celles qui sont liées à un « effort » social, qui tourne à la ruine. Nouveaux impôts, nouveaux droits sociaux, c’est tout un !

L’élargissement de la majorité présidentielle à un certain nombre de technocrates ou de figures parisiennes familières des médias est peut-être un bon coup politique. Il n’est pas sûr qu’il facilite la mise en place d’une nouvelle politique économique allant dans le sens d’un plan de modernisation dont le pays a besoin. Sans doute même au contraire !

Avec François Fillon et Jean-Louis Borloo, le président de la République croit pouvoir relancer la croissance économique et ainsi, à moyen terme, réduire les déficits et la dette, avec une politique néo-keynésienne,
inspirée peut-être de celle que mit en œuvre au début des années quatre-vingt le Président Reagan. Mais la comparaison ne vaut pas. Les temps ont changé. Les États-Unis étaient et sont toujours maîtres de leur dollar. Et « l’économie de l’offre » s’appuyait sur une population de capitalistes et d’entrepreneurs effectivement prêts à créer immédiatement de nouveaux emplois et de nouvelles richesses.

Nicolas Sarkozy parle de faire de la France un pays de propriétaires fonciers. Il serait mieux inspiré de se faire le chantre de l’entreprise.


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(5) Commentaires

  • Luc SEMBOUR Répondre

    Je suis tout à fait prêt à assumer mes écritures. Je ne vois pas pourquoi le texte de mon article sur les bêtises de Dati et de Darcos, publié ci-dessus, ne mentionne pas mon nom ni mon adresse.

    Luc SEMBOUR                  

    19/06/2007 à 0 h 38 min
  • Anonyme Répondre

    J’ajouterai aux remarques de J.C.THIALET les actions décevantes de 2 des plus importants ministres:

    Les peines plancher de Rashida Dati, sont un spectaculaire coup d’épée dans l’eau puisqu’il n’y a absolument pas les facilités de détention qui permettraient statistiquement de les appliquer, ne serait-ce que dans 5% des cas. C’est ce qui explique cette contorsion ridicule (des peines plancher MAIS la liberté de les appliquer ou non). Rashida Dati est une illusionniste mieux payée qu’au music-hall, qui a la schizophrénie de sa culture musulmane: on dit qu’on fait, on agit comme si on faisait mais on fait le contraire de ce qu’il fallait faire, en l’ occurrence ne pas laisser de liberté aux juges mais assortir l’application de la loi d’une réserve qui se lèvera au fur et à mesure de la disponibilité des places en prison (ce qui d’ailleurs prendra au bas mot 5 ans si les constructions commençaient sérieusement enfin) . Toujours le même problème qui revient à la figure des français: ils veulent en majorité ignorer la valeur de l’argent, faire payer de fantomatiques "riches" qui n’existent qu’hors de leur atteinte (heureusement), et s’étonnent toujours de ne jamais rien pouvoir faire de réel faute d’argent.

    Le gadget de Dati est pourtant bien moins grave que la reculade de Xavier Darcos avec l’Education Nationale. Ce Darcos est un nouveau génie du sabotage (un fils spirituel de Chirac). Avant même le début il a déjà tout cassé en défaisant le courageux travail de Gilles de Robien, le premier en plusieurs décennies à avoir véritablement réussi à inverser un peu la vapeur. Contre-ordres généralisés donc, tel un Zorro du Mammouth, est arrivé Darcos qui sans aucune contrepartie identifiable fournie par les concernés :

    1-condamne la tentative de Robien d’interdire la méthode globale à l’école (responsable pour beaucoup de l’illettrisme),

    2-renonce au projet d’examen d’entrée en sixième (on continuera à faire passer tout le monde sans aucun égard pour le bien des enfants),

    3-s’engage à supprimer la possibilité pour les élèves de commencer à apprendre un métier à partir de 14 ans (alors que tout avait été dit sur les bienfaits de cette mesure),

    4-s’est déclaré opposé à la promesse de Nicolas Sarkozy de faire se lever les élèves quand leur professeur entre en classe, affirmant qu’il n’était pas pour « que les élèves se mettent au garde-à-vous » (le prof est un pote comme les autres qui ne doit pas se prendre pour quelqu’un ayant droit à un respect spécial),

    5-a suspendu le décret Robien qui prévoyait de ne plus payer les heures supplémentaires non-effectuées par les professeurs,(personne ne lui demandait ce cadeau et surtout rien ne vient en contrepartie de la part des profs),

    6-s’est engagé à maintenir les 30 000 postes d’emplois-jeunes dans les écoles, arrivant à échéance en juin 2007(il faut éviter de faire passer ces vrais chômeurs dans une catégorie qui les désignerait comme tels).

    Sarkozy est semble-t-il (et probablement) plein de bonnes intentions et il a la sympathie de beaucoup de gens mais il lui faudra assez vite reprendre la main sur son équipe, sinon son travail sera à l’image de ce qu’il a fait sous Chirac : de beaux effets d’annonce et très peu de résultats.

     

    17/06/2007 à 21 h 38 min
  • Jean-Claude Thialet Répondre

    15/06/07    – "Les 4 Vérités"

    Rectification : un membre du cabinet du Président SARKÖZY a indiqué ce soir sur France3 que les travaux menés actuellement au Château de la Lanterne étaient des travaux de consolidation d’un mur et n’avaient donc rien à voir avec l’installation éventuelle de la famille présidentielle en ce lieu. Par contre, selon la même Chaîne, Madame SARKÖZY aurait indiqué qu’elle souihaitait occuper cette habitation plutôt que l’Elysée, jugeant que La Lanterne était plus compatible avec la vie familiale qu’elle souhaite pour ses enfants. (à suivre, donc). Jean-Claude THIALET

    15/06/2007 à 23 h 09 min
  • Jan-Claude THIALET Répondre

    15/06/07    – "Les 4-Vérités" –

    Certes, je suis d’accord avec Alain DUMAIT au moins sur la première partie de son article. Notamment lorsqu’il rappelle que deux "majorités absolues", la majorité socialiste de MITTERRAND en 1981, et celle de CHIRAC, en 1995, ont accumulé des erreurs catastrophiques que la FRANCE, mais aussi les Français en tant que contribuables comme en tant que salariés et consommateurs paient encore. Ce qui aurait dû inciter les électeurs à renvoyer chez eux, cette année,  TOUS les candidats se présentant sous des étiquettes tant de Gauche (PS, VERTS et PC"F") que de "Droite" (UMP et UDF).

    Les commentateurs objectifs, quel que soit leur sensibilité politique, devraient comprendre, moins de deux mois après le six mai, que le Gouvernement SARKÖZY/FILLON est en train de commettre les mêmes erreurs que leurs prédécesseurs. Piremême : sans attendre de savoir de quelle majorité(1) il disposera, il multiplie les "effets d’annonce" et les erreurs.. Quelles erreurs ? J’en citerai quelques-unes :

        – Nicolas SARKÖZY, à peine élu, s’est précipité à BRUXELLES (contraignant d’ailleurs José BARROSO à regnagner précipitamment la capitale Belge)(2) pour faire allégeance au Président de la Commission européenne vis à vis duquel il s’est ainsi comporté en vassal. Faire fi du rejet, par 55% d’électeurs (2% de plus que ceux qui lui ont donné, le 6 mai, une "très large majorité !), pour proposer à ses partenaires "européens" un mini-traité que ne serait plus soumis à referendum, mais à un vote du Parlement. Et qui accepterait implicitement l’entrée de la TURQUIE dans l’UNION.

         – Nicolas SARKÖZY s’est ridiculisé au sommet du G8 en jouant la mouche du coche, et en laissant croire qu’il pesait sur la politique du monde. Des deux "grands", George W. BUSH l’a reçu en tant que "caniche" (succédant à Tony BLAIR) et Vladimir POUTINE, comme un faire-valoir pour montrer qu’il n’était pas si isolé. A noter que manquent au G8 la présence de deux géants, la CHINE et l’INDE qui ne feraient que rabaisser encore davantage le rôle d’une MERKEL ou d’un SARKÖZY.

       – Nicolas SARKÖZY, sans attendre de savoir de quelle majorité il disposerait, s’est précipité, comme pour prouver qu’il "dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit" dans l’apparente mis en oeuvre de promesses de campagne. En laissant annoncer dans la précipitation et la confusion, primo, sans réflexion ni concertation sa loi sur la   récupération des intérêts immobiliers sur les impôts (cela sans même que des experts trouvent le temps d’en calculer l’assiette et les effets sur les finances publiques !), mécontentant en finale tant les bénéficiaires que les exclus; secundo, sa loi sur la "TVA SOCIALE" pour faire finalement marche arrière en confiant finalement son étude à  Jean-Louis BORLOO et à Eric BESSON  et en reportant son application à 2009 (les calendes grecques) et même en laissant entendre que si "sa" loi devaient renchérir le coût de la vie, il l’abandonnerait, etc.Ce qui a procuré à bon compte un premier succès aux socialistes pour ce "recul" !

       – Nicolas SARKÖZY a trouvé le temps, toutes affaires cessantes, de recevoir la fille d’Ingrid BETANCOUR, de faire pression sur le président colombien pour qu’il libère sans tarder un haut dirigeant des FARC (on a vu qu’il a fait un "bide" puisque "Ingrid" est toujours détenue)(3), mais pas (encore) celui de recevoir la veuve du juge BOREL assassiné à Djibouti !

       – Nicolas SARKÖZY n’a pas l’air de se soucier le moins du monde de faire des économies. Un exemple : ayant décidé de se "ressourcer" avec sa petite famille au Château de La Lanterne (que l’on croyait réservé à l’usage du seul Premier Ministre, ce qui montre bien que le nouveau président se considère comme son propre Premier Ministre !), il vient de décider des travaux d’aménagement dont on peut imaginer   – connaissant la prodigalité habituelle des princes qui nous gouvernent  –  qu’ils seront coûteux. Doit-on considérer que Dominique de VILLEPIN se contentait d’une ruine ?

       – Nicolas SARKÖZY a parlé de "rupture". Et l’on constate que "sa rupture" se borne à faire appel à des hommes de la Gauche ou du Centre (comme si les Ministres UMP n’étaient pas eux-mêmes des "gens de gauche" ?) dont les partis sont co-responsables avec l’UMP de la situation désatreuse de la FRANCE. L’honnêteté "démocratique" n’eût-elle pas voulu qu’il fasse appel, aussi, à un membre éminent de la Droite Nationale (pourquoi pas l’éminent Bruno GOLLNIICH, expert mondialement reconnu ?) alors que, tous les politologues le répètent à l’envi, il doit son succès électoral à des centaines de milliers d’électeurs traditionnels du FRONT NATIONAL séduits (pour combien de temps encore ?) par sa jeunesse, par son  bagoût et ses propos "droitiers" …

    J’arrête là cette liste non exhaustive. Mais il est à craindre que l’homme pressé (de faire semblant de faire ce qu’il dit ?), voulant se mêler de tout et être à l’initiative de toute chose, être omniprésent dans les médias comme sur le terrain, l’homme qui bouscule ses collaborateurs et ses ministres sans leur laisser le temps de réfléchir, d’étudier, de confronter, de débattre, de soumettre, de passer au crible des réalités, etc ses projets ne finisse par se prendre les pieds dans le tapis… Et la FRANCE avec !

     Cordialement, Jean-Claude THIALET

     (1) une majorité qui semble se réduire comme une peau de chagrin avant le Second tour des Législatives puisque, selon les tous derniers sondages elle ne serait plus que de 335 députés UMP ou assimilés (contre 465 au soir du 10 juin !)

    (2)ce qui est montrer le mépris dans lequel le président nouvellement élu tient STRASBOURG comme l’autre capitale de l’UNION EUROPEENNE !

    (3) à l’heure actuelle, on ne sait même pas si celle-ci est toujours en vie !

     

    15/06/2007 à 19 h 09 min
  • Konébien Répondre

    ça démarre d’une manière inquiétante 1/ baisse des impôts mais refus de supprimer l’ISF, ce qui entraine une nouvelle inégalité et surtout laisse en place les fonctionnaires qui auront double travail car il faudra déclarer Et réclamer ensuite le surplus de 50% de ses revenus Pire selon certains spécialistes du droit fiscal;si rien ne bouge au niveau de la réglementation ,les sommes remboursées par le fisc s’analyseraient comme une créance donc ….déclarables au titre de l’IRPP,,,,?? 2/ pour récupérer les sommes ainsi disparues;création d’une tva sociale sur les importations???? or nous importons massivement d’extrême orient des produits à bas coût ou des produits de haute technologie quasiment sans concurrence et ce qui semble échapper à nos gouvernants c’est qu’un produit Français ( comme une voiture fabriquée en France par exemple )contient de +en + de pieces détachées importées…donc renchérira nos coûts de productions ce dont nous n’avons pas besoin certains préconisent de continuer dans l’erreur vendre nos dernières petites cuillères mais même si cela est tentant et pourrait produire des effets positifs ;cela ne ferait que continuer la politique de toujours:savoir ,boucher les trous publics sans jamais réformer la dépense Suis je pessimiste?, la presse a quasiment passé sous silence l’abrogation du decret De Robien qui aller obliger les enseignants à travailler gratuitement quelque heures par semaine ce qui permettait de supprimer 7000 postes ,toujours bon à prendre sur le mammouth… notre President a lâché cela comme un « golden hello » aux syndicats;C’est la première fois que je vois lâcher quelquechose sans contrepartie dans une future negociation, Quant au President qui se présente comme le président de tous les français ;juridiquement il représente la France mais c’est un mensonge de dire qu’il pourra plaire à tout lemonde.non Besancenot n’est pas soluble dans la gestion d’un pays démocratique ouvert sur le monde Bref la rupture ce serait la rupture dans la dépense publique …. il existe des multitudes de rapports qui dénoncent les énormités de notre gestion de la France .les plus explosifs sont planqués dans les ministères ;il y a matière à réformer à la hache ,encore faut il avoir le courage de prendre la cognée….

    13/06/2007 à 17 h 32 min

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