Nicolas Sarkozy face à la justice

Nicolas Sarkozy face à la justice

La semaine dernière a été, médiatiquement et politiquement, largement dominée par Nicolas Sarkozy. L’ancien président a, en effet, été placé longuement en garde à vue, puis mis en examen pour corruption active. À quoi il a riposté par un pugnace entretien sur TF1 et Europe 1, le 2 juillet.

Nicolas Sarkozy m’a, comme souvent, mis mal à l’aise : il a tenu des propos, que je partage largement, mais je ne peux comprendre qu’il se rende compte si tard de ce qu’il dénonce (ayant été au pouvoir pendant 10 ans de 2002 à 2012) et, surtout, qu’il ne se rende pas compte de sa responsabilité dans ce qu’il dénonce.

Il est tout de même assez extravagant que M. Sarkozy, ministre de l’Intérieur, ministre des Finances, puis Premier ministre, ne se soit pas rendu compte que l’institution judiciaire, en France, était sévèrement gangrenée – par les interventions du pouvoir politique et par la politisation de certains syndicats, à commencer par le tout-puissant syndicat de la magistrature d’extrême gauche.

Et, s’il s’en est aperçu avant, qu’a-t-il fait pour réduire ces problèmes graves ?

Quant à la garde à vue de 15 heures sans avocat, dont il se plaint à juste titre, ignore-t-il que c’est à lui qu’on la doit ?

Au nom de la lutte contre le terrorisme, les lois Sarkozy I et II et Perben I et II ont gravement attenté à l’État de droit. Comme toujours, sous prétexte d’empêcher les nuisibles de nuire, on a limité, en réalité, les libertés des honnêtes gens.

Oui, M. Sarkozy a raison de dé­noncer la politisation de la justice et de s’indigner du traitement qu’il a subi. Mais nous appré­cierions que son honnêteté aille jusqu’à reconnaître ses responsabilités et qu’il ne découvre pas l’existence d’honnêtes gens simplement parce que sa propre situation le rend victime de son propre appareil répressif !

Reste, naturellement, la question politique la plus importante : Nicolas Sarkozy peut-il revenir et remporter l’élection présidentielle de 2017 ?

Qu’il puisse revenir à la tête de l’UMP (ou de ce qui en tiendra lieu dans quelques mois, si l’UMP succombe aux « affaires » et aux guerres intestines), je n’en doute pas. D’autant moins que l’ancien chef de l’État est de ceux que l’adversité galvanise et qu’il est adulé des militants.

Qu’il puisse gagner en 2017, en revanche, j’en doute fort. S’il revenait à la tête de l’UMP, nous aurions toutes les semaines droit à un nouvel épisode de ses abondants feuilletons judiciaires et sa crédibilité ne pourrait manquer d’en souffrir.

Jean Rouxel

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(13) Commentaires

  • druant philippe Répondre

    @Quinctius:

    je méprise le personnage et lui souhaite les pires avanies mais je n’ y crois guère quand on voit l’ impunité des politichiens UMPS impliqués dans trop de magouilles

    16 juillet 2014 à 10 h 56 min
    • quinctius cncinnatus Répondre

      déclaration  » officielle  » de François Fillon

       » en 2017, Nicolas Sarkozy n’aura pas rendez-vous avec les Français, mais avec la Justice  »

      je pense qu’à l’U.M.P. beaucoup s’y emploient et d’après ce qu’on raconte dans les  » hautes  » ( ? ) sphères du Parti, Sarkozy, s’il y avait empeachment, pousserait en avant …Barouin … une  » flèche  » d’hypocrisie !

      16 juillet 2014 à 13 h 07 min
  • Magne Répondre

    Mitterand n’a jamais été trop chahuté , ni contesté !

    13 juillet 2014 à 18 h 58 min
    • Jaures Répondre

      Mitterrand a bénéficié de l’aura du premier président socialiste. Il a bien entendu été contesté: par Delors qui lui a imposé la rigueur et par Rocard qui s’est fait balayer et ne s’en est jamais remis.
      Mais il est vrai qu’à l’époque les luttes internes étaient moins médiatisées.

      13 juillet 2014 à 22 h 06 min
      • quinctius cncinnatus Répondre

        pas besoin d’être  » médiatisées  » pour être connues de qui veut bien être informé et…  » bien informé « 

        16 juillet 2014 à 13 h 09 min
  • quinctius cincinnatus Répondre

    Peu, trop peu de commentaires sur cet article … les blogueurs des  » 4 V²  » semblent gênés aux entournures … comme s’il n’avaient pas encore fait leur deuil du levantin ou bien comme s’ils avaient encore des soupçons sur l’indépendance de la Justice, soupçons que pour ma part je n’ai pas … Sarkozy au second tour en 2017 c’est un record d’abstentions, de votes blancs et nuls et l’élection assurée de … Valls qui semble bien être, à ce jour, le seul homme politique décidé à réformer le Pays, à droite comme à gauche , Marine Le Pen faisant dans le populisme, le  » gaullisme de 45  » c’est à dire dans la démagogie

    13 juillet 2014 à 9 h 48 min
    • Jaures Répondre

      C’est peut-être tout simplement que le cas Sarkozy n’intéresse plus désormais qu’une partie des sympathisants UMP. C’est que les partis de droite sont avant tout attachés à un chef. Sa disgrâce les laisse consternés et traumatisés.
      A gauche, c’est le contraire. Dés qu’un chef se détache il est aussitôt contesté et chahuté. Jospin en avait déjà fait les frais.

      13 juillet 2014 à 10 h 08 min
      • HansImSchnoggeLoch Répondre

        Jospin en avait déjà fait les frais.

        Oui et normal sera le prochain.
        À quelle sauce sera-t’il mangé?
        On le saura au prochain épisode…

        13 juillet 2014 à 12 h 32 min
      • quinctius cincinatus Répondre

        le Bonapartisme est la chose politique la mieux partagée en France … pour MitteRRand ( 2 airs – 2  » RR  » – pour un homme qui avait deux visages n’est ce pas Magne ) c’est sa DUPLICITE ( encore le chiffre 2 ) qui en faisait le Chef incontrôLABLE !

        13 juillet 2014 à 21 h 28 min
  • DA85 Répondre

    Sarkosy c’est l’arroseur arrosé. Comme le dit Jean Rouxel les mesures dont il se plaint il est responsable de leur mise en place. Commander c’est prévoir. Il a tout faux. Surtout qu’il continue a profiter de sa retraite et laisse les Français tranquille. On l’a assez vu.
    Sous ses différends règnes la dette de la France a gonflé de 600 milliards dont 500 en cinq ans lors de sa présidence la liste de ses promesses non tenues serait trop longue à énumérer. Quant a sa forfaiture pour mettre a la poubelle le vote des français lors du référendum sur la constitution Européenne c’est la marque du mépris dans lequel il tient le peuple. Le peuple n’en veut plus !

    12 juillet 2014 à 11 h 06 min
  • Agathe Répondre

    Au Moyen-Âge. Il y avait 3 cours de justice: du seigneur, de l’évêque, et du roi.
    Un malin pouvait arriver à s’en sortir.
    Aujourd’hui il n’y a plus qu’une justice, et très politisée à gauche depuis Mitterand.
    On vend bien maintenant légalement du cannabis aux USA, le pays champion de la prohibition…
    Les écoles recrutent des pedophiles dans leurs activités périscolaires… Cependant qu’on poignarde les maîtres…
    Le chaos s’installe.

    11 juillet 2014 à 12 h 06 min
    • Jaures Répondre

      Il est vrai qu’avec le jugement du seigneur, de l’évêque et du roi on était sûr d’une parfaite impartialité. On sait qu’au Moyen-Age, en cas de doute, on procédait aux ordalies (jugement de Dieu). Par exemple, on jette un accusé dans l’eau pieds et poings liés, s’il flotte il est coupable car l’eau rejette ce qui est impur. S’il coule, il est (ou était) innocent. Il y avait également l’ordalie du fer rouge.
      Personnellement, je pense que pour Sarkozy il y a doute…

      13 juillet 2014 à 12 h 16 min
    • HansImSchnoggeLoch Répondre

      « Le chaos s’installe »

      Il est déjà installé et il a sa cour des miracles et son mur des cons.

      13 juillet 2014 à 12 h 35 min

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