Non, la crise de l’euro n’est pas terminée !

Posté le 12 juin , 2013, 10:00
5 mins

François Hollande vient d’annoncer, ce vendredi 7 juin, au cours d’un voyage au Japon : « Il faut bien comprendre que la crise de la zone euro est terminée. »

Il est probable qu’il ne croie pas à cette merveilleuse évolution de l’économie. Et qu’il cherche, en le disant, à rassurer les responsables japonais sur les contrats qu’ils sont prêts à signer avec les entrepreneurs français présents à Tokyo.

Mais son message s’adresse aussi et surtout aux Français. Car il achève son discours en disant : « Ce qui compte, c’est demain, pas hier. »

Le marasme économique que subissent actuellement les Français devrait, selon lui, commencer à se réduire dès cet automne. Or, c’est le contraire qui va arriver.

La mondialisation de l’économie est une réalité totalement incontournable. Et, chaque jour, les échanges entre les peuples progressent.

Or, le coût de production d’un produit est souvent dix fois plus faible en Chine, aux Indes ou au Brésil qu’en Europe. Et, en Europe même, le coût de production est trois fois plus faible en Pologne qu’en France.

Ainsi l’Allemagne est-elle envahie pas les panneaux solaires fabriqués en Chine. Les entreprises allemandes ne sont plus compétitives. Les responsables allemands ont donc décidé donc de mettre une taxe sur les panneaux chinois. La riposte ne s’est pas fait attendre. Les responsables chinois ont décidé de taxer les voitures allemandes vendues en Chine

Au sein de l’Europe, c’est le même problème. Les coûts de production en France sont trois fois plus élevés que les coûts de production en Pologne. Une entreprise française, dont le siège social peut rester en France, a tout intérêt à aller fabriquer ses produits en Pologne, pour les revendre ensuite en France. Cette réalité économique crée des emplois en Pologne et du chômage en France.

C’est normal et François Hollande ne peut pas ignorer cette réalité.

Pour retrouver la croissance en France, il faut rendre ses entreprises plus compétitives. Pour les rendre plus compétitives, il faut diminuer et même supprimer les charges qui pèsent sur elles. Or, non seulement Fran­çois Hollande ne diminue pas les charges qui pèsent sur nos entreprises, mais il les augmente pratiquement toutes les semaines par une nouvelle taxe ou un nouvel impôt.

Il est peu probable qu’il change brutalement de politique à son retour du Japon.

Pour retrouver la croissance en France, il faut aussi diminuer les impôts pesant sur les particuliers : ils pourront consommer plus. Or, François Hollande a décidé d’imposer plus les retraites et les allocations familiales. Retraités et enfants consommeront moins : le chômage augmentera donc.

Au retour du Japon, François Hollande peut décider de poursuivre la politique qu’il a mise en place depuis un an : elle continuera à réduire notre pouvoir d’achat, donc éloignera chaque jour un peu plus la reprise.

Il peut aussi cesser d’imposer les entreprises françaises et imposer les produits venant des entreprises étrangères en utilisant la TVA. Mais les socialistes français n’aiment pas du tout la TVA. Ils sont, en effet, persuadés qu’une baisse des charges pesant sur une entreprise ne fait pas diminuer les prix. Le socialiste allemand Schröder a em­ployé cette fiscalité pour relancer l’économie allemande. Ce fut un grand succès.

Au retour du Japon, allons-nous assister à un virage à 180° de la politique économique de François Hollande ?

12 Commentaires sur : Non, la crise de l’euro n’est pas terminée !

    • Jaures

      13 juin 2013

      Vérifiez vos sources, cher Hans: votre article en lien se base sur les données de l’Insee ! Suspect, non ?

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    • quinctius cincinnatus

      15 juin 2013

      tous les ” économistes ” mediatiques nous annoncent comme le début de la caresse d’un possible zéphyr qui soufflera bientôt sur les espoirs des industriels français …
      tout cela à mettre, bien sûr, dans une formulation conditionnelle plus que réservée !

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  1. Jaures

    12 juin 2013

    Tout d’abord, le problème des panneaux solaires chinois n’est en rien celui de la compétitivité. L’Etat chinois a en effet fortement subventionné ce secteur pour s’approprier le marché en ruinant les entreprises étrangères. C’est cette politique qui a conduit les Etats-Unis à protéger leur propre marché. Le problème est que les intérêts économiques diverges sur ce secteur. L’Allemagne est prête à sacrifier ses entreprises de panneaux solaires pour vendre ses berlines et les viticulteurs français craignent d’être les victimes collatérales de la taxe européenne. De fait, les Chinois sont pris à leur propre piège car le marché européen s’est effondré et la Chine est en surproduction des panneaux.
    Quant aux charges, j’attends toujours que Tremeau nous explique pourquoi, si le niveau des charges est si crucial pour l’Economie, pourquoi les pays affichant des charges parfois deux fois moindre que la France ne se portent pas mieux pour autant. Quant à la politique de Schröder, son succès est tout relatif: la croissance de l’Allemagne prévue pour 2013 est de 0,3% et si son taux de chômage est flatteur (par rapport au nôtre) il le doit aux plus de 6 millions de précaires (mini jobs, one euro jobs), à la baisse de sa population active (- 1,6 millions de 2000 à 2012 pour + 2,8 millions en France) et au sous emploi des femmes.
    Que l’on s’inspire de certains aspects de l’Allemagne est une chose (comme eux-même commencent à s’intéresser-un peu tard- à notre politique familiale). Mais Tremeau devrait se méfier avant de nous présenter de soi-disant modèles: cela lui a coûté une bonne part de sa crédibilité dans un passé récent.

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    • quinctius cincinnatus

      14 juin 2013

      ces pays ont AUSSI deux fois moins de fonctionnaires et un code du travail qui peut être facilement appliqué entre autres choses … mais le problème n’est pas seulement là … il est AUSSI dans les mentalités !
      de toute façon, l’économie est une création tout à fait artificielle qui ne répond qu’à une seule logique le profit par la cupidité …

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  2. quinctius cincinnatus

    12 juin 2013

    et celle [ la crise ] des Banques Centrales commence … après la ” crise ” financière , puis la ” crise ” économique , voici venu le temps de la ” CRISE ” … FIDUCIAIRE …
    qui donc disais déjà que François Hollande n’était pas très bon en économie? … ah, oui, je m’en souviens un certain Jacques Rocard !

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  3. mariedefrance

    12 juin 2013

    mais… il n’y avait déjà pas de crise avant son arrivée !
    pourquoi y en aurait-il maintenant ?

    Il parait qu’il a une nature optimiste !:-))
    Oui mais on ne joue pas avec l’avenir d’un pays et puis, il faut voir clair, ne pas porter de lunettes dogmatiques.

    Je ne sais pas ce qu’il a appris à l’ENA mais sans doute pas l’économie et encore moins l’économie mondialisée.

    La question est : comment le mettre dehors avant 4 ans.

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    • quinctius cincinnatus

      12 juin 2013

      les optiques ” dogmatiques ” sont elles des verres à prismes qui permettent aux myopes de voir l’avenir … déformé ?

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      • mariedefrance

        12 juin 2013

        NOn ! Non !!

        on voit que dalle, rien, nothing, nada, nichts, niente et
        pour lui, spécialement لا شيء

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    • 12 juin 2013

      mariedefrance, tant va la cruche à l’eau au sens propre et figuré qu’à la fin elle se fêle ou se casse. Pour Hollande cela se passera comme pour tous les despotes..
      Les Arabes eux sont plus catégoriques pour ces cas.
      “installe toi sous le dattier près du wadi et attend que le cadavre de ton ennemi vienne flotter au fil de l’eau.

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      • quinctius cincinnatus

        13 juin 2013

        que faire quand l’oued est à sec ?

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