Non, la PMA n’est pas une fatalité et ne passera pas !

Posté le octobre 14, 2019, 2:57
6 mins

 

Christine Boutin aurait voulu donner la sinistrose aux défenseurs de la famille qu’elle ne s’y serait pas prise autrement. Alors que le combat commence à peine, l’ancienne chef de file des anti-pacs prédit la défaite des opposants à la PMA pour toutes.

Madame Boutin est fatiguée… Il est vrai qu’après vingt ans de combat pour défendre la famille, il y a, en apparence, de quoi déprimer : PACS puis mariage des invertis, allongement du délai d’IVG, coups de rabot multiples dans les allocations familiales, et, bientôt, la PMA pour toutes en attendant la dépénalisation de l’euthanasie. Madame Boutin approfondit même le diagnostic et pointe la responsabilité d’une certaine bourgeoisie catholique qui, en votant Macron « ne sait plus où sont les priorités de l’Evangile ». Jusque-là il faut le reconnaître, on ne peut que donner raison à Mme Boutin et partager son désolant constat.

Mais c’est quand elle semble se résigner à cette perversion de la société que l’on ne peut, que l’on ne doit à aucun prix être d’accord.

D’abord, parce qu’une telle capitulation, alors que la bataille contre la PMA ne fait que commencer, est tout simplement indigne. En temps de guerre un tel défaitisme de la part d’un chef, à ce stade du combat relèverait de la haute trahison. Même justifiée sur le fond, une telle analyse devrait impérativement être tue.

Ensuite et surtout, Madame Boutin a tort, magistralement tort. Comme en 1999, comme en 2013, son erreur fondamentale tient dans son analyse des rapports de forces.

En fait, Madame Boutin n’a pas changé et n’a pas su tirer les leçons des échecs précédents. Elle affirme avoir de la sympathie pour le mouvement des gilets jaunes, mais constate – selon elle- le même échec pour les mêmes causes.

Quelles causes ? On peut résumer les propos de Madame Boutin en une phrase : le gouvernement sera toujours plus fort. Si on approfondit un peu c’est bien la logique du nombre qui sous-tend son raisonnement. Nous n’étions pas (encore) assez nombreux en 1999 et 2013,  nous aurions dû l’être encore moins le 6 octobre (« Il y aura du monde, mais pas la foule comme lors du mariage pour tous ») , donc la PMA  passera en attendant la GPA.

Le problème est que Christine Boutin doit renverser la perspective. Alors le constat devient « Nous sommes les plus forts donc nous sommes suffisamment nombreux ». Paroles incantatoires ? Nullement, si on prend le temps d’y réfléchir deux minutes.  Il ne s’agit pas de mépriser le nombre mais de le remettre à la place qui est la sienne : une donnée seconde par rapport à la qualité des combattants.

Ce n’est pourtant pas faute de la part du journaliste de la mettre sur la piste (un comble!) en lui donnant l’exemple des gilets jaunes. «Ceux-ci ont obtenu « bien plus », en étant « au final moins nombreux », constat que Christine Boutin, dans sa logique du nombre, ne peut que minimiser dans la suite de l’article.

Il est vrai que le pas à franchir est difficile : il faut choisir de faire ce qu’une partie, pourtant très faible, des gilets jaunes a décidé, adopter des comportements ici qualifiés d’ « extrêmes et violents ». Cela jamais dans l’esprit de l’ancienne présidente du parti chrétien démocrate : « Je suis pour la non-violence et ne souhaite pas la radicalisation de la Manif pour tous. » Les termes choquent et en effet, personne ne souhaite de prime abord être qualifié de « radical et violent ». A aucun prix ? Même pas celui de sauver l’ascendance biologique des enfants  ? Même pas pour leur laisser un Père ?

Libre à Madame Boutin de répondre par la négative; pour moi mon choix est fait.

Cet état d’esprit n’empêche pas toute prudence mais suppose un don total à la cause défendue si c’est nécessaire et utile.

En vérité, Madame Boutin manque de conviction car elle raisonne comme nos adversaires pour qui le pouvoir est quoiqu’il arrive garant de la paix et de l’ordre. La radicalité et la violence sont pourtant bien du côté de cette loi, de ses conséquences naturelles et de l’Etat qui en est l’auteur.

Si les opposants à la PMA pour toutes sont convaincus par ce raisonnement, la loi ne passera pas car ils seront plus forts. Cela, en dépit de l’extrémisme de quelques milliers de policiers et gendarmes qui opposeront matraques et bombes lacrymogènes aux Français exprimant leur juste colère. En effet, que pèserait la maréchaussée face à des compatriotes aussi déterminés ?

Si ces mêmes Français ( un million ? deux millions ?) savent demander aux gilets jaunes de venir leur communiquer leurs forces, alors rien ne les arrêtera plus !

2 réponses à l'article : Non, la PMA n’est pas une fatalité et ne passera pas !

  1. BRENUS

    15/10/2019

    GERARD: ne cherchez pas à « capter » : c’est de la méthode Coué. Rien d’autre. La pma gouinesque passera comme une lettre à la poste. Boutin, elle, est totalement larguée dans cette affaire et fait ricaner tous les bobos. Et pas que.

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  2. Gérard Pierre

    14/10/2019

    Je ne suis pas certain d’avoir vraiment capté le sens de cet article ! ! !

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