Non, la reprise n’est pas au rendez-vous

Posté le octobre 09, 2013, 6:51
5 mins

Contrairement à ce que l’on essaie de nous faire croire, la situation économique de l’Europe et de la France ne s’améliore pas. Elle s’aggrave, au contraire, chaque jour un peu plus.

Selon le gouvernement, le PIB progresserait au lieu de diminuer. La consommation des ménages reprendrait. Le chômage diminuerait…

1) Le PIB progresserait.

Le PIB (le Produit Intérieur Brut) n’a pas baissé comme il le faisait depuis des années. Malgré certaines contradictions entre les différentes sources d’informations, il semble que le PIB, au lieu de diminuer, ait augmenté de 0,2 % en un an. Ce chiffre semble exact. Bravo !

Ainsi le pouvoir d’achat des Français cesserait de diminuer pour, au contraire, augmenter.

Le gouvernement actuel s’attribue bien évidemment le mérite de cette inversion. Mais il ne semble pas qu’il ait le droit de s’en attribuer le mérite. Car de très nombreux autres facteurs nationaux, européens ou mondiaux interviennent sur l’évolution du PIB français. Par exemple, depuis des décennies, quand une reprise a lieu aux USA, six mois plus tard, une reprise survient en France. Le gouvernement français est loin d’être le seul à modifier la progression du PIB national.

2) La consommation des ménages reprendrait.

Jusqu’à maintenant, les Français mettaient une importante partie de ce qu’ils gagnaient en réserve. La peur de l’avenir, en particulier la peur de perdre leur emploi, les poussait à mettre de l’argent de côté, à acheter par exemple des bons du Trésor français, bien rémunérés jusqu’à présent. Ainsi les Français économisaient une partie bien plus importante de leurs revenus que les Allemands ou les Anglais. Et on observe aujourd’hui une modification de ce comportement. Les Français économisent un peu moins et consomment un peu plus. Cette modification est probablement due à deux facteurs. D’un côté, le gouvernement diminue la rémunération des bons du Trésor, ce qui va automatiquement diminuer les revenus des Français qui en possèdent. Ils vont donc s’en débarrasser. De l’autre, il favorise l’achat de certains produits, comme les automobiles. Ce type de comportement diminue au­tomatiquement les revenus de l’État. Il faudra donc nécessairement augmenter les impôts ou diminuer les allocations.

3) Le chômage diminuerait.

Cette diminution officielle semble très discutable, en particulier sur trois points. D’une part, on a modifié la définition même du terme « chômeur ». Et certains Français à la recherche d’un emploi qui étaient auparavant qualifiés de chômeurs, sont maintenant affublés d’un autre nom. Par ailleurs, des dizaines de milliers d’emplois financés par le gouvernement sont créés un peu partout dans l’économie. Des jeunes ont cessé d’être des stagiaires peu ou pas rémunérés par les entreprises et sont devenus des salariés rémunérés par le gouvernement. Enfin, partout dans le monde, pour que le chômage cesse de croître, il faut que l’augmentation du PIB dépasse 1,3 % par an. Avec 0,2 %, le nombre des chômeurs ne peut qu’augmenter.

Par ailleurs, il est nécessaire de signaler que, depuis 12 ans, les prix augmentent en France plus rapidement qu’en Allemagne, de 1 % tous les ans environ. Et aucune modification des parités fixes unissant l’ancien franc à l’ancien mark n’a été réalisée depuis. Les prix français sont donc supérieurs de plus de 12 % aux prix allemands. Le déficit de notre balance commerciale bat tous les records et il augmente chaque mois un peu plus. Les entreprises françaises réalisent donc de moins en moins d’investissements sur le territoire français. Elles préfèrent les faire à l’étranger. Ainsi des milliers d’entreprises non compétitives en France disparaissent chaque année. Or, on peut réellement redonner du dynamisme à l’économie française, en copiant ce qui se fait de bien à l’étranger.

Il est très dangereux de faire croire aux Français que ce dynamisme économique est enfin arrivé. Alors que c’est exactement l’inverse.

9 réponses à l'article : Non, la reprise n’est pas au rendez-vous

  1. HansImSchnoggeLoch

    12/10/2013

    Jaures vous allez enfin être heureux.
    Le fmi cet organisme bolchévique que vous tenez tellement en estime pour ses prévisions plus exactes que celle de l’insee vient de suggérer aux gouvernements en faillite notemment le français de taxer l’épargne des citoyennes et des citoyens.
    Oh, pas grand chose le fmi parle de 10%.
    Avec 5 fois le smic dans votre foyer fiscal vous avez certainement du blé épargné sur votre compte bancaire.
    Vous aurez donc bientôt l’heureuse surprise de pouvoir contribuer au redressement de ce pays, sans le vouloir.
    Heureux veinard va!

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  2. Jaures

    11/10/2013

    2ème contrevérité, la croissance et son impact sur l’emploi.
    Les 5 dernières années, le taux de croissance en Allemagne a évolué comme suit:
    2008: 1,1
    2009: – 5,1
    2010: 4,2
    2011: 3,0
    2012: 0,7
    Soit une moyenne de 0,78% de taux de croissance.
    Avec cela, le taux de chômage est passé de 8,4% à 5,5%.
    On voit donc qu’on peut faire baisser le taux de chômage avec un taux de croissance inférieur à 1%.

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    • HansImSchnoggeLoch

      11/10/2013

      Dans ma réponse à Jaures il faut corriger cette phrase:

      « Et pendant ce temps là le déficit de la balance commerciale française a baissé continuellement pour se prélasser aujourd’hui dans les zones fétides de la croissance négative. »

      et la remplacer par la suivante:
      « Et pendant ce temps là le déficit de la balance commerciale française a augmenté continuellement pour se prélasser aujourd’hui dans les zones fétides de la croissance négative. »

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  3. Jaures

    10/10/2013

    Les décimales sont restées dans la boîte: il faut lire 17,41%.

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    • HansImSchnoggeLoch

      10/10/2013

      Jaures, si vous alliez donc faire vos courses en Allemagne comme je le fais assez souvent, vous verriez qu’entre les prix allemands et français il y a une sacrée différence à qualité égale.
      Par exemple des fromages français également vendus en France sont moins chers en Allemagne.
      Ne parlons même pas de l’équipement électro-ménager et électronique ou de l’outillage et matériaux de construction.
      De votre coin perdu quelque part à Paris et assis derrière votre PC vous ne pouvez naturellement pas voir ceci.

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  4. Jaures

    10/10/2013

    « Par ailleurs, il est nécessaire de signaler que, depuis 12 ans, les prix augmentent en France plus rapidement qu’en Allemagne, de 1 % tous les ans environ. »
    Encore une fois Tremeau avance des contrevérités à l’appui de ses démonstrations boiteuses. Su dix ans, l’inflation en Allemagne a été de 16,58% pour 17,% en France. Le différentiel sur cette période est donc de 0,83, soit 0,083 par an.

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  5. HansImSchnoggeLoch

    10/10/2013

    Peut-on mesurer une progression de 0.2% du PIB en toute certitude?
    Quand on sait que toutes les mesures sont entàchées d’erreurs en +/- 1% voire plus.
    Mais il est vrai qu’en politique il suffit de dire qu’une croissance est négative au lieu d’utiliser le mot existant « décroissance ».

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  6. quinctius cincinnatus

    10/10/2013

    addenda au paragraphe 2 ( si je puis me permettre )

    Les Français consommaient moins, surtout parce qu’ils  » tiraient  » sur leur(s) épargne(s) pour faire face aux augmentations d’impôts ( en particuliers ceux qui sont dits locaux ) ou de taxes diverses… mais arrive aussi le temps où il faut changer son réfrigérateur, faire ressemeler ses vieilles chaussures, cela peut également expliquer une faible reprise de la consommation … les indices économiques sont au plus à l’orange clignotant : la  » reprise  » n’est donc pas là comme le dit François Hollande puisque les sociétés licencient toujours ou même cessent toute activité de production …

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  7. mariedefrance

    10/10/2013

    Ils n’ont pas peur des mensonges…. fondations de leur politique !!

    Premier poste au budget : les intérêts de la dette.
    et on continue d’enfourner de pauvres émigrés à qui il faut fournir le gite et le couvert sans oublier les soins médicaux.

    çà craque de tous les bouts.

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