Perspectives 2006

Posté le 08 janvier , 2006, 12:00
5 mins

 Cet Etat qui tue la France Jacques Chirac est sans doute seul à croire – mais le croit-il vraiment ? – que la situation de la France puisse s’améliorer en 2006.
Bien sûr qu’il faut croire en la France… Évidemment que le patriotisme est une valeur, que nous devons tous conserver… Mais l’art de la prospective n’a rien à voir avec le ressassement de vœux pieux et de bonnes intentions. Il se fonde sur l’examen objectif des faits, pour en déduire la probabilité raisonnable de quelques occurrences.
Au plan économique, notre pays perd du terrain par rapport à tous ses principaux concurrents. En 2005, la croissance économique a été chez nous deux fois moindre que la moyenne mondiale. Son taux a même été sans doute inférieure à celui de la productivité, qui elle-même résulte essentiellement des innovations technologiques. Du coup, nous ne créons plus d’emplois marchands (les quatre cinquièmes des 160 000 emplois dont se prévaut le gouvernement sont bidons ; ils résultent de différents effets d’aubaine et de rattrapage).
Cette situation n’est pas due à la mondialisation qui a bon dos puisque, dans le même temps, beaucoup de pays très semblables au nôtre font beaucoup mieux. Elle a est due à l’accumulation d’erreurs et de dettes publiques depuis plus de trente ans. Ce que le rapport Pébereau, après le rapport Camdessus, ne fait que confirmer. Elle est due à la préférence constamment affichée par tous nos gouvernants, de droite comme de gauche, depuis trente ans, pour les fausses solutions collectives et publiques, au détriment des vraies solutions, individuelles et privées.

L’État m’a tuer !

Les citoyens français n’ont qu’un seul ennemi, c’est l’État, qui n’est plus adoré que par les politiciens, et les syndicalistes stipendiés. Nous sommes des millions à pouvoir dire, à notre tour, « l’État m’a tuer » ! En 2006, notre déficit commercial extérieur franchira allégrement la barre des trente milliards d’euro. Cela veut dire que nous ne pouvons plus payer notre facture pétrolière. Alors que l’Allemagne est toujours excédentaire. Cela veut dire que sans l’euro nous serions obligés de dévaluer. Et, avec l’euro, ce sont nos partenaires qui payent le prix de notre pseudo-modèle social…
Au plan social ou sociétal, nous sommes devenus un pays où, comme dans un banal pays sous-développé, on ignore désormais quel est le nombre exact d’habitants. C’est la conséquence du tabou officiel qui pèse sur le dénombrement de la population immigrée. Nous sommes officiellement plus riches que les Belges, les Britanniques ou même les Allemands, à la condition de ne pas être 65 millions, mais 61 seulement…
En tout cas, la France est le seul pays en Europe où les autorités politiques se réjouissent de n’avoir enregistré « que » 425 voitures brûlées, dans « seulement » 53 départements dans la nuit de la Saint-Sylvestre…
Au plan politique, les joutes de 2006 seront toutes tournées vers l’échéance majeure de l’élection présidentielle d’avril 2007. Jacques Chirac semble hors-jeu. Mais il peut pousser Villepin à se présenter contre Sarkozy, quoi qu’il arrive, quitte à le faire battre au deuxième tour. Ne serait-ce d’ailleurs pas un juste retour des choses que nous ayons en 2007 un deuxième tour avec, face à face, à nouveau Le Pen, opposé a un candidat de la gauche socialiste ?
Concluons : sur tous les plans, la situation s’aggrave. Et, parallèlement, la dissimulation des faits constitutifs de celle-ci augmente.
Dans ces conditions, pour nous, pour nos enfants et nos petits-enfants, la réussite ne peut être qu’individuelle. C’est en nous-mêmes et contre le collectif, malgré l’État, qu’il y a encore une chance de salut.
Pour utile qu’elle soit, la prospective n’intègre pas toutes sortes de facteurs exogènes, dont on sait bien qu’ils sont déterminants… Et autrement plus importants que nos misérables considérations hexagonales…

……………………

Cet Etat qui tue la France de Nicolas Lecaussin, Un réquisitoire précis et complet contre les véritables auteurs du mal français, écrit par l’un des pilliers de l’Ifrap, le seul think tank Français indépendant.

9 Commentaires sur : Perspectives 2006

  1. occas24

    13 janvier 2006

    A PIERRE De toute manière on voit bien que le vicomte qui n’hesite pas à retourner sa veste n’a pas le courage ni l’ettoffe d’un chef d’état (comme l’ami FRANCOIS).Il sont juste là pour faire du vent sur les plateaux.Le jour où ils seront trop aggressifs contre le PS ou l’UMP , les ” journalistes” les mettront vite à l’ecart et nous les verrions seulement un mois avant les elections pour nous faire croire à la démocratie

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  2. sas

    12 janvier 2006

    2006 tout ira mieux car la croissance sera de 2,5 voir de 3,4,5,9…. c’est breton et galouzeau qui le disent alors… SAS

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  3. Pierre

    11 janvier 2006

    Je joins ci-dessous un e-mail que j’ai recu de Philippe De Villiers (enfin de son site). Philippe est un type sympathique et l’on peut saluer ses initiatives presentes qui se detachent enfin du politiquement correct. Cela etant dit, en s’en prenant au Front National, il fait une grande erreur. Le Front National n’est pas au pouvoir et ne l’a jamais ete. Ce qui n’est pas le cas de l’UMP, PS, PC, Verts, MDC… Philippe DE Villiers se dit un ‘professionel de l’action mais n’a t’il pas honteusement en 2002 appele a voter pour Chirac en 2002 (elections presidentielles). Pour moi, Philippe doit d’abord faire son mea culpa et doit travailler avec le Front National, Claude Reichman, Alain Dumait, Alain Griotterai, … pour defendre sans ambiguite la France et les Francais. Amities ‘Philippe de Villiers veut proposer “un vote d’espoir” aux Français PARIS, 11 jan 2006 (AFP) – Le président du Mouvement pour la France Philippe de Villiers a indiqué mercredi vouloir proposer “un vote d’espoir” aux Français alors que, selon lui, le vote pour Jean-Marie Le Pen est “un vote de désespoir”. “Le vote Villiers est un vote d’espoir, alors que le vote Le Pen est un vote de désespoir”, a déclaré M. de Villiers, candidat à la présidentielle de 2007, lors de ses voeux à la presse. Il a affirmé que M. Le Pen avait “prouvé qu’il ne voulait pas le pouvoir”. “Moi je suis un professionnel de l’action, lui est un professionnel de la protestation”, a ajouté M. de Villiers. Le président du MPF a défendu l’idée d’un “patriotisme populaire”, face à l’échec du “système UMPS” et des politiques “mondialistes” et “communautaristes”. “Un pays qui n’est plus capable de maîtriser sa dette, d’assurer son ordre public, dans lequel les gens ont peur de prendre le train (…) qui fête Trafalgar plutôt qu’Austerlitz (…) est un pays qui sort de l’histoire”, a estimé M. de Villiers. “Un pays qui se laisse islamiser sans qu’aucune autorité n’ose hausser la voix (…) est un pays qui ne se commande plus et ne compte plus au regard du monde “, a-t-il déclaré. M. de Villiers a estimé qu’il fallait “libérer la France de la pieuvre de Bruxelles”, et s’est prononcée pour une grande politique “d’immigration tarie”. Pour cela, il faut “rétablir les frontières” du pays, “mettre fin au regroupement familial”, “modifier le droit du sol” pour introduire notamment la notion de “mérite”, et “donner un seul droit aux sans-papiers, le billet de retour”, car “il n’est pas normal que les déboutés du droit d’asile restent sur le territoire”, a-t-il déclaré. Le président du MPF a fustigé les idées du ministre de l’Intérieur et président de l’UMP Nicolas Sarkozy en faveur d’une réforme de la loi de 1905 sur la laïcité, ou en faveur d’une immigration choisie, une “traite des cerveaux” préjudiciable aux pays en développement. Le MPF, qui souhaite pouvoir être présent dans les 577 circonscriptions aux prochaines législatives, tiendra son conseil national le 4 février à Paris, a annoncé M. de Villiers. “Nous sommes un mouvement qui s’élargit, avec 16.500 membres au 1er janvier”, a-t-il affirmé. “Le 4 février, vous verrez que beaucoup de têtes nouvelles nous ont rejoints”, a-t-il ajouté. Le MPF a enregistré des ralliements d’anciens membres du Front national, mais aussi de l’UMP ou de chevènementistes, selon M. de Villiers. Après le ralliement du maire d’Orange fin novembre de Jacques Bompard, transfuge du Front national, le MPF a ainsi accueilli deux ex-responsables locaux du FN en Haute-Marne, un ancien conseiller régional FN de la Manche, ainsi qu’un ex-candidat chevènementiste aux législatives de 2002 dans les Yvelines, a précisé le secrétaire général du MPF Guillaume Peltier.’

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  4. Jean-Claude Lahitte

    10 janvier 2006

    Alain Dumait aurait pu aussi (et surtout) relever que CHIRAC II, et toute la clique médiatico-politique de droite comme de gauche (pour moi, c’est du pareil au même !) qui a parlé de “patriotisme”, est responsable, précisément, du manque de patriotisme grandissant des Français. Ce manque de patriotisme ne contribue pas à inspirer à ses compatriotes les nécessaires sacrifices qui les attendent, pas plus qu’il n’a inspiré à tous les allogènes l’amour de la France, le goût de s’assimiler, pas même de s’intégrer à un pays qui ne s’aime pas lui-même. Il y avait là, pour le spécialiste de la “meaculpance” (sur la poitrine de ses devanciers, certes) qu’est CHIRAC II, un commencement de “rachat”. Et, tout le reste de son discours de “voeux” n’aura été que boniments, miroir aux alouettes, lendemains qui chantent, etc. C’est sur ce point précis que doit porter tout discours d’un homme politique : mea culpa, nous avons eu le tort de dénigrer la France (mot d’ailleurs qu’ils n’utilisent jamais dans leurs discours : il faut sauver la République, selon eux, jamais la France !), oui, l’oeuvre de la France a été globalement positif dans ses colonies, non, la France n’a pas eu tous les torts – loin de là – dans l’esclavage (qu’avec l’Angleterre, elle a d’ailleurs été la première à abolir), etc. etc. Tant que l’on n’aura pas redonné aux Français l’amour de la Patrie (et il ne suffit pas d’un discours présidentiel – surtout lorsqu’il est chiraquien ! – pour cela), le goût du travail, du travail bien fait, celui de l’initiative et de l’entr’aide, de l’épargne, etc. mais aussi celui d’exiger (enfin) de leurs gouvernants qu’ils remplissent pleinement leurs devoirs, qu’ils fassent TOUT LEUR DEVOIR, qu’ils prennent leurs reponsabilités pour remettre le “France-Titanic” à flot, rien ne servira. A bons entendeurs, salut ! Cordialement, Jean-Claude Lahitte

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  5. sas

    9 janvier 2006

    A florent , tu te fais mal…comme breton qui nous explique rétroactivement que les 3000 milliards d’euros de dette sont à nous??? pas à moi toujours…et pour les votes depuis 30 ans JE TE DIS QUE C’ EST P I P E…dans nos bonnes vieilles démocraties modèles (y compris les usa)les elections sont “controuvées”…dur à la comprenette HEIN !!!lorsque le conseil d’etat présidé par un droit commun, explique que l’ex maire de paris est élus et y reste avec des voix de morts ou de phantômes….iln’y a pas besoin d’autres explications…(affaire tiberi) sas 1+1=2

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  6. Florent

    8 janvier 2006

    Un Etat fort, il en faut : pensez à Katrina, pensez aux coupures de courant en Californie … face aux grands problèmes, la solidarité du voisin plus celle de votre employeur, rajoutées à vos propres efforts, ne suffisent pas toujours. L’Amérique libérale sait aussi être protectionniste quand il le faut (voir les quotas sur le textile, par exemple). L’Amérique sait taper du poing sur la table : pour les importations de pétrole, ils imposent l’usage des bateaux à double coque ; pour les arrivées sur le térritoire, passeport biométrique, prise de photo à l’aéroport, prise d’empreintes, fiche d’entrée-sortie à remplir … La liberté, OUI, l’anarchie, NON ! Ce n’est pas de “TROP d’ETAT” que nous souffrons – mais de l’incurie inégalée de ceux qui le dirigent depuis 30 ans. ET NOUS SOMMES TOUS RESPONSABLES !!! pour les avoir élus, ou pire, pour nous être abstenus de voter.

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  7. Florent

    8 janvier 2006

    Certes le réalisme s’impose en ce début de siècle peu brillant. Retroussons donc nos manches et continuons la contre propagande.

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  8. charles martel

    8 janvier 2006

    ronald a dit: ne cherchez pas a ce que l etat resolve vos problemes c est l etat votre probleme avec l etat francais … on a un gros probleme

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  9. Pierre

    8 janvier 2006

    Les articles de Alain Dumait sont souvent excellents, celui-ci ne fait pas exception a la regle. Amities Pierre

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