Pour un vrai programme d’économies

Posté le mai 14, 2014, 7:00
3 mins

Notre président, au plus bas dans les sondages, espère toujours pouvoir nous leurrer. En effet, après avoir annoncé l’inversion la courbe du chômage pour fin 2013 et aperçu la reprise en juillet, le voici certain du retournement.

Je suis, pour une fois, d’accord avec lui, car il a pris du galon notre capitaine : il passe du pédalo au « Costa Concordia » et il l’aura son retournement… comme le capitaine Francesco Schettino sur une côte italienne !

Il est évident que son plan de 50 milliards d’euros (qui, d’abord, n’est pas une baisse des dépenses, mais seulement une non-augmentation de 17 Mds par an) n’est qu’un coup de rabot mal affûté.

Tous les économistes confirment qu’il faut s’attaquer à la structure de l’État, l’une des premières mesures étant la réduction du nombre de fonctionnaires. En 1980, nous avions 3,5 millions de fonctionnaires (contre 5,5 à ce jour), alors que nous ne disposions pas des moyens informatiques actuels. Sans être stressés, ils faisaient tourner correctement la fonction publi­que. Si on compare au nombre de fonctionnaires actuel en Allemagne, on constate également 2 millions de fonctionnaires de trop.

Sachant que le coût d’un fonctionnaire, en comptant son salaire sur 40 ans + les charges sociales + les frais de gestion + 25 ans de retraites financées par l’impôt, s’élève à 3 millions d’euros en moyenne (chiffre admis par l’état lui-même), on enregistre un surcoût de 3 mil­lions euros x 2 millions de fonctionnaires, soit 6 000 milliards d’euros ! Oui, trois fois le déficit cumulé de la France.

Si on avait conservé le même nombre qu’en 1980, nous au­rions un solde positif de 4 000 Mds euros.

On aurait donc pu, sans faire le moindre déficit, au choix :

– Supprimer l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés ;

– Baisser la TVA de 20 à 4 % ;

– Donner une prime de 66 000 euros à chaque Français !

– Offrir une belle maison à chaque famille française !

– Ou racheter Général Electric + Google, Facebook, Twitter + Mercedes, Volkswagen, Toyo­ta…

Alors arrêtons de jouer « petit bras ». Sans négliger les petites économies, commençons par les mesures les plus performantes.

Hélas, on ne peut pas revenir à 1980, mais on peut, sur une période de 40 ans (la durée de contrat d’un fonctionnaire), réduire l’effectif de 50 000 par an. Cela donnera une économie moyenne de 150 Mds euros annuels. À rapprocher des hypothétiques réductions de 17 Mds par an…

Claude Goudron

16 réponses à l'article : Pour un vrai programme d’économies

  1. DESOYER

    20/05/2014

    En supprimant 50 000 postes par an, on doit être à peine à 10 Mds € d’économies la première année. Le montant des économies augmente progressivement: c’est déjà pas mal au bout de 20 ans avec 1 million de fonctionnaires en moins. Aller au-delà pourrait nuire à l’efficacité du service public.

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  2. ESSIQUE

    17/05/2014

    Une politique de Gribouille

    Défiscaliser les « modeste » qui au passage profitent le plus des largesses de l’état nounou, est un très mauvais signal envoyé aux citoyens mais une efficace prévarication pré-électorale. Plus de la moitié des français ne payent pas d’impôts directs du tout (ni IRPP ni Taxes locales) c’est un scandale ! Dans leur esprit est ancrée l’idée qu’ils n’ont que des droits mais aucun devoir et que l’état leur doit quelque chose du seul fait de leur statut. Sans compter ceux qui trichent, volent et abusent, français ou pas ! Encore une fois ce sont les classes laborieuses et productives qui sont matraquées au profit des improductifs. Prolétariser les classes moyennes semble être le seul objectif électoral du régime ? Pendant ce temps le bateau coule mais l’orchestre continue à jouer (faux).

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    • Jaures

      17/05/2014

      La majorité de ceux qui ne payent pas d’impôt sur le revenu est salariée, donc laborieuse. Et l’IRPP n’est qu’un impôt parmi d’autres. Quel que soit votre revenu, vous payez la TVA plein pot. De même pour les impôts locaux qui ne dépendent pas des revenus. Pour en être exempté il faut être un petit retraité ou handicapé.
      Et celui qui gagne assez pour payer des impôts peut profiter d’abattements, de niches fiscales ou de déductions qui n’existent pas sur la TVA par exemple. Je suis d’accord pour étendre la part de l’impôt sur le revenu si on exonère de la TVA les produits de première nécessité: nourriture, logement, habillement de base, chauffage.
      Mais il faudra alors accepter que l’IRPP augmente.

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  3. Jaures

    16/05/2014

     » Nos aïeux ont vécu de leur travail pendant des siècles et cela a fonctionné. » dit Salminander.
    Je suis curieux de savoir ce que vous appelez « fonctionner ».
    Les siècles dont vous parlez ce sont des suites de famines et de disettes, d’épidémies,des vies dés l’enfance consacrées uniquement au travail, d’éducation réservée aux riches, du pouvoir confisqué par des tyrans ou des souverains sans scrupules, de guerres civiles ou mondiales permanentes,…
    Avec ce que vous appelez « l’Etat Providence » et que j’appelle la solidarité, on a vu la durée de vie s’accroitre pour tous, les femmes s’émanciper, les enfants aller à l’école, la santé prise en charge, la sécurité au travail réglementée, les handicapés considérés, …
    Evidemment, rien n’est parfait, mais dire qu’autrefois c’était mieux est une imposture intellectuelle.

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  4. salminander

    16/05/2014

    C’est bien sûr l’Etat Providence qu’il faut supprimer et tout privatiser. Cela supprimerait les fonctionnaires d’office. L’homme pour vivre doit manger, dormir, se soigner et se procurer ce dont il a besoin pour cela, donc TRAVAILLER. Il faut revenir au travail de chacun lui permettant de « troquer » ou « d’acheter » ce qu’il lui faut. Nos aïeux ont vécu de leur travail pendant des siècles et cela a fonctionné. Le TRAVAIL est une composante essentielle de l’homme et il ne faut pas le mépriser : il permet à l’homme de se réaliser, de se socialiser, de s’enrichir des autres…. Il faut être gauchiste ou paresseux pour penser que la vie de loisir est une bénédiction. Il faut REVALORISER LE TRAVAIL. Ce sont les paresseux et les oisifs qui devraient être mis au pilori, et non les travailleurs. Mais tout est à revoir à ce niveau

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  5. quinctius cincinnatus

    15/05/2014

     » pour un vrai programme d’économie  » c’est tout simple …. allez voir sur le site du  » Point  » comment l’INSEE a d’un coup de baguette magique augmenté le P.I.B. du pays  » , donc en pourcentage diminué le poids de la dette … cet article ( bien documenté ) réjouira @ Hans et permettra à @ Jaurès de nous démontrer que l’INSEE est un institut aux méthodes stables, éprouvées et surtout d’une grande probité

    je me contenterai désormais que d’être un lanceur d’alertes Q.C.

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    • Jaures

      15/05/2014

      Cher Quinctius, toute statistique est contestable et doit être critiquée. Mais, finalement, quand l’Insee publie ses statistiques macroéconomiques, en quoi diffèrent-elles de celles de l’OCDE, d’Eurostat, du FMI, …?
      1 ou 2 dixième de point de croissance. Quelques milliers de chômeurs en plus ou en moins. Et pas toujours dans le même sens. Les normes sont aujourd’hui mondialisées et les nuances entre les différents instituts restent marginales.
      D’ailleurs, si l’Insee était aux ordres, aurait-il publié une hausse de 30 000 chômeurs deux semaines avant les élections ?
      Il faut arrêter de sombrer dans la paranoïa.

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      • quinctius cincinnatus

        15/05/2014

        savez vous seulement ce qu’est la  » paranoïa  » ou bien employez vous les mots en dehors de leur champ sémantique ?

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  6. Jaures

    14/05/2014

    Il faut comparer l’Allemagne à prestations égales. Comme je l’ai déjà indiqué ici, supprimez l’école maternelle, les crèches, la dissuasion nucléaire,…et vous vous rapprochez déjà de l’Allemagne. De même, défaussez-vous sur les collectivités territoriales comme le fait l’Allemagne et vous désendetterez l’Etat. C’est ainsi que les Länder sont 4 fois plus endettés que nos collectivités territoriales.
    Ne rêvons pas. Si la France avait eu une politique si singulière, les autres Etats seraient à la tête d’un trésor de guerre et ne connaîtraient ni déficit, ni dette. Or, tous les pays sont endettés à des niveaux comparables, qu’ils aient eu à leur tête Mitterrand, Thatcher, Berlusconi ou Schröder.

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  7. Roban

    14/05/2014

    A diffuser largement !

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  8. PIGIS Yves

    14/05/2014

    un pro-immigration qui pense que l’envahissement de la France par des extra-européens manquant de culture et de savoir faire sont tout de même rentables pour la France alors qu’en majorité ils ne sont que des assistés qui nous coûtent cher ! et cela se chiffre à plusieurs dizaines de Mds d’€uros par an !

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    • Jaures

      15/05/2014

      D’où sortent vos chiffres ?

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  9. PIGIS Yves

    14/05/2014

    C’est sûr, on pourrait faire des économies qui n’en sont pas en diminuant drastiquement le nombre de fonctionnaires : économies qui n’en sont pas car on se retrouverait avec autant de chômeurs en plus ! !Mis pour s’attaquer aux Français, fonctionnaires ou pas, en premier, c’est être un pro-immigration qui pense que même les l’envahissement de la Fra

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  10. 14/05/2014

    Bon argument de Boutté, un fonctionnaire vit plus longtemps en coûte d’autant plus à la communauté.

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  11. René de Sévérac

    14/05/2014

    Cher Claude (vous permettez ?)
    Supprimer 2 millions de fonctionnaires, c’est accroître le nombre de chômeurs, c’est tuer la croissance par réduction du niveau de vie global des français, …
    Voilà notre cercle vicieux !
    Nos illusionnistes parlent de réduire le « mille-feuilles » ou bien ils ignorent la réalité (pourquoi pas ?) ou bien ils nous enfument (terme à la mode) et savent que passé un certain stade, il n’y a plus de solution ….
    surtout si on s’affuble du qualificatif « socialiste »; voilà pourquoi, ma compassion est grande pour nos élites (UMPS) surtout socialistes.

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  12. Boutté

    14/05/2014

    . . . d’autant qu’un Fonctionnaire, c’est longtemps à la retraite , y ayant été préparé très tôt et n’ayant pas accumulé stress et fatigue physique dans le cocon ouaté des Ministères .

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