Responsabilité : la vraie liberté

Posté le août 20, 2010, 12:00
4 mins

C’est le thème du numéro de juin de Liberté politique, présenté par Stefano
Fontana
, directeur de l’Observatoire international Cardinal Van-Thuan pour la doctrine sociale de l’Eglise :

« Le titre, très significatif, manifeste l’angle de recherche le plus intéressant : en effet, l’encyclique [Caritas in veritate] contient vraiment un appel à libérer la société
civile
, même s’ils sont peu ceux qui apprécient cette voie et nombreux ceux qui la contestent. […] Là encore, il est évident pour tous que la société civile, même dans nos
sociétés occidentales, attend toujours d’être « libérée ».
Les secteurs publics et privés se font concurrence encore dans de larges tranches du « gâteau » de notre vie sociale ; le «
tiers secteur » est encore le parent pauvre de notre économie ; dans certaines régions des pays occidentaux, 70 % des travailleurs sont employés directement ou indirectement par l’État,
les systèmes scolaires continuent d’être contrôlés par l’État dans de nombreux pays qui, comme en Espagne par exemple, enseignent un système de pensée unique en contournement des familles, ou
en opposition avec elles
.

En Italie, par exemple, il y a un grand débat en ce moment sur les coupes budgétaires que le gouvernement central entend mener aux dépens des régions et des municipalités. Les autorités locales
menacent de réduire les services sociaux et le retour de leurs pouvoirs délégués au gouvernement, mais personne ne pense à la restructuration de son organisation sur la base du principe de
subsidiarité. Si des efforts de planification régionales et municipales permettaient de redonner à la société de nombreuses tâches actuellement assurées par l’État de manière
centralisée, l’économie, les gains d’efficacité et, surtout, les progrès en termes de participation seraient réels
. Malheureusement, la notion de subsidiarité est exclue du
débat italien ces derniers temps.

En appelant à la libération de la société civile, Caritas in Veritate propose une révolution pacifique. Or l’encyclique ne formule pas seulement une demande, mais, comme nous l’avons
déjà dit, la fonde rationnellement. En fait, seule la société civile est le lieu de l’expérience et de la logique du don gratuit, deux réalités qui constituent, comme on le sait, les
thèmes principaux et vraiment nouveaux de l’encyclique
. Ni l’économie, ni la politique ne sont exempts de la logique du don, qui est en tant que tel le propre de l’homme. L’homme a
besoin de sens et le sens n’est pas quelque chose qu’il peut produire seul. Le sens ne s’achète pas au supermarché ni ne peut être garanti par des politiques gouvernementales. Ce ne
sont pas la politique ni l’économie qui sont aux sources premières et fondamentales de la logique du don, mais la société civile et surtout, la famille. C’est la raison ultime de la nécessité
d’une société civile libre
.

Sans cette libération, on maintiendra un court-circuit entre les services anonymes de l’appareil (économique ou administratif, sans aucune différence) et le vide de sens des relations
interpersonnelles
. D’une part, la technique et de l’autre le nihilisme des valeurs. La société civile peut nous libérer de cette emprise, mais pour cela, elle doit également être
libérée. » Lu ici