Retraites: l’impasse idéologique

Posté le décembre 10, 2019, 9:44
3 mins

La gabegie dans laquelle s’enfonce la France, à la faveur de l’opposition à la réforme des retraites, a quelque chose d’irréel. À l’heure où j’écris ces lignes, nous ignorons encore «l’architecture» de la réforme, mais la France est déjà paralysée par la grève.

Il faut dire que le gouvernement, avant même de dire comment il voyait les choses, a annoncé son intention de siphonner les caisses bien gérées (notamment celles des indépendants, médecins et professions libérales).

Autrement dit, alors que cette réforme est à l’ordre du jour depuis des mois, il n’y a eu qu’une concertation de façade.

La France crève notamment d’une dérisoire représentation professionnelle.

Partout ailleurs en Europe, les partenaires sociaux sont réellement représentatifs (loin des 4% de salariés du privé syndiqués que nous enregistrons en France!) et ils discutent en permanence.

Chez nous, on en est resté à des délires idéologiques surannés.

D’abord, l’individualisme jacobin qui, après avoir interdit toute association, interdit toujours les syndicats mêlant salariés et employeurs – de peur sans doute de voir renaître les corporations d’Ancien Régime!

Évidemment, sur cette base, la mystique bolchevique de la lutte des classes a merveilleusement prospéré.

D’autant que la représentativité syndicale est biaisée par l’absurde mythe de la représentation irréfragable, réservant à 5 centrales syndicales (initialement, celles qui, selon la propagande, avaient eu un «comportement patriotique» pendant la guerre et maintenant celles qui adhèrent aux «valeurs républicaines»).

Inutile de préciser que ces critères sont parfaitement fumeux. Il n’est pas besoin d’être expert en histoire pour savoir que la CGT, la principale de ces 5 centrales, a soutenu l’Allemagne hitlérienne, y compris contre l’armée française, y compris en encourageant à la désertion et au sabotage – étrange notion du «comportement patriotique»!

Faute d’interlocuteurs, il n’existe donc aucun dialogue social digne de ce nom en France.

Par conséquent, les décisions arbitraires répondent aux décisions arbitraires.

La grève, qui devrait être la reconnaissance d’un échec des négociations, semble être devenu un élément parmi d’autres de la négociation.

Et la ponction dans les régimes bénéficiaires semble être, pour le gouvernement, une façon simple d’assurer la survie d’un système en faillite.

Peut-être serait-il temps de sortir d’idéologies archaïques et de restaurer un corps social en miettes, préalable nécessaire à toute réforme sociale un tant soit peu sérieuse!

7 réponses à l'article : Retraites: l’impasse idéologique

  1. quinctius cincinnatus

    15/12/2019

    pas la peine d’ avoir été le disciple ( qu’ il dit ! ) de Ricoeur …

    Emmanuel Macron ne comprend pas les gens !

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  2. KAVULOMKAVULOS

    11/12/2019

    Qui peut s’imaginer que les sangsues des régimes spéciaux privilégiés ,qui têtent les ressources des assurances générales à leur profit, lacheront que que ce soit? . La soupe est trop bonne, même si elle est payée par les gogos que l’on dépouille et à qui l’on fait croire que les revendications sont à leurs bénéfice. De plus, possèdant le pouvoir de nuisance et surtout celui de la paralysie du pays, pourquoi se gêneraient ils.
    Le seul moyen de mettre les syndicats extrèmistes au pas est de leur supprimer les subventions d’Etat. Quand vous touchez au portefeuille, vous avez des résultats. Si vous vous contentez de palabres africaines et de fausses négociations, vous vous faites promener et vous l’avez dans l’os.

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    • quinctius cincinnatus

      11/12/2019

      une analyse politique sidérante de perspicacité et de finesse pour tout dire on croirait du Millière

      de façon abstraite on peut vous figurer comme un angle obtus

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      • KAVULOMKAVULOS

        14/12/2019

        Navré de vous décevoir et de heurter vos origines africaines. Mais pas étonné de votre réponse : c’est une constante chez vous de tenter de minimiser ce qui ne vous convient pas. Mais, peu me chaud de votre part.
        Me voir comparé à Millière , qui lui au moins se donne la peine de nourrir ce site autrement qu’avec des âneries comme vos commentaires, flatte mon ego.

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        • quinctius cincinnatus

          14/12/2019

           » peu me chauT  » *** du VERBE  » chaloir  » du latin  » caldere  » : s’ échauffer ce que vous faites avec la régularité du métronome instrument qui on le sait n’ a pas de réflexion mais est seulement animé par un mouvement mécanique stable et répétitif !

          *** et non pas  » peu me chauD « 

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  3. quinctius cincinnatus

    11/12/2019

    tout bien réfléchi, cette réforme est une idée chiraco -socialiste *** autant dire une usine à gaz vouée au dysfonctionnement d’ autant qu’ une autre floppée d’ énarques l’ a  » finalisée  »

    *** Delevoye est un ancien  » chiraquien  » et l’ idée vient de Piketty

    seuls les  » fonds  » [ d’ investissements et d’ assurances ] en tireront profits

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  4. quinctius cincinnatus

    10/12/2019

    appel à la vigilance des gogos : …

     » Libération  » qui reprend un article de 2017 du  » Canard enchaîné  » nous ( ré- ) apprend qu’ Emmanuel Macron avait reçu durant toute une journée les dirigeants du plus grand fond mondial de pension américain spécialisé dans la Retraite … à points  »

    Macron le Président de la France ? non le Président de la Finance [ internationale et apatride ] !

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