Savoir attendre

Savoir attendre

Les 4 Vérités exigeant la rigueur, je voudrais en premier lieu corriger deux petites erreurs que j’ai relevées dans le n° 659, « Religion et politique : la visite du pape en France ». J’ai écrit que la gauche contrôlait toutes les régions sauf une. En réalité, deux régions ne sont pas encore à gauche : l’Alsace et la Corse.
S’agissant de la Révolution de 1789 et de ses crimes, une faute de frappe m’a fait écrire : « Comme il ne fallait pas publier ce sinistre passé ». En réalité, il fallait lire : « Comme il ne fallait pas oublier ce sinistre passé ». Le lecteur, je l’espère, aura rectifié de lui-même.

J’en arrive maintenant à mon propos.

En France, il faut savoir attendre : chez le boulanger, chez le dentiste, ce qui est moins agréable. À la Poste aussi, surtout si un usager d’origine inconnue, occupe un guichet pendant dix minutes pour retirer cinq euros. On vous dit alors : « Monsieur, soyez moderne. Utilisez la machine là, tout près. Elle est faite pour vous. » Hélas, hélas, hélas ! la machine est en panne.

Il faut prendre les transports en commun. D’accord. Pas de voiture à CO2. De toute façon, on ne peut plus stationner dans les grandes villes. La pagaille y est organisée. Prenons donc le métro. Malheureusement, on entend souvent dans le métro : « Par suite d’un mouvement social, la durée d’attente est indéterminée. » Que faire ? Rien de plus simple. Circuler en trottinette.

Pour le TGV, c’est plus compliqué. Il est nécessaire, bien sûr, d’acheter un billet. Pas de problème ? Faux. Il faut s’y prendre largement à l’avance. Attendre son tour à l’agence de la SNCF, puis, le tour venu, attendre encore. Et attention, les tarifs varient en fonction du jour, de l’heure et peut-être de la température. On attend donc que l’ordinateur ait fait le calcul. Un peu comme si on négociait un contrat important. Et puis, après l’attente : « Place 36, voiture 9. Rompez ! – Merci, Madame. J’espère que la SNCF ne sera pas en grève le jour de mon départ. »

En matière de circulation automobile, c’est pire. La grande transhumance estivale – en langage châtié, on dit la « césure estivale » – donne lieu chaque année à quelque 900 km de bouchon chaque jour, des heures d’attente, des tonnes de CO2, des millions d’euros partis en fumée. Au retour, même chose. Si, par inadvertance, pendant cette transhumance, vous appelez M. Dupont, la secrétaire vous répondra : « Désolée, M. Dupont est en congé, rappelez la semaine prochaine. » On rappelle donc et on entend : « Désolée, M. Dupont vient de rentrer de congé. Il est littéralement débordé. Rappelez la semaine prochaine… » Les Français sont en effet soit en congé, soit débordés. C’est là un langage que je n’ai jamais entendu en Extrême-Orient, jamais. Les résultats sont là. Les cigales à l’Ouest, les fourmis à l’Est.

Si vous allez dans une grande surface, il faut attendre aussi, bien chercher pour découvrir un vendeur pour cette raison que les entreprises écrasées d’impôts et de charges, engagent le moins de personnel possible, ce qui contribue au chômage qui lui-même est générateur de déficit. C’est l’un des aspects du système vicieux qui sévit notamment en France et qu’on appelle le socialisme avec ses deux variantes : le socialisme de gauche et le socialisme de droite.

Mais il s’agit là d’attentes brèves et moyennes. Il y a aussi les attentes longues. Celles qui se comptent en années. En matière judiciaire, le minimum d’attente est de trois ans. Je connais le cas d’un dégât des eaux classique dans un appartement : une attente de six ans, un dossier de 6 kg chez le plaignant, 6 kg chez chacun des avocats, 6 kg chez le juge, soit 24 kg, pour une affaire d’importance secondaire qui aurait dû être jugée en six mois.

Venons-en maintenant à une autre attente longue, celle d’un président de la République pondéré, à la vie privée irréprochable, économe de ses discours, tenant ses promesses, remboursant la dette de l’État, mettant fin aux déficits, parvenant à l’immigration zéro et au renvoi d’où ils viennent des clandestins – 500 000 – et donc diminuant les prélèvements obligatoires. Souvenez-vous : « Je serai le président du pouvoir d’achat. Je baisserai de 4 points le taux des impôts. » Promis, juré ! Bref, un chef d’État efficace et respecté. Chers lecteurs, je ne veux pas vous faire de peine, mais je dois vous dire que, là, vous pouvez attendre très longtemps.

À ce propos, quelques mots encore. La formidable crise financière qui fait des ravages à travers le monde est une aubaine non moins formidable pour notre président. Ainsi pourra-t-il nous dire : « J’étais bien décidé à tenir mes promesses et à diminuer vos impôts mais c’est la crise qui m’en empêche. Je suis désolé ! » « C’est la faute à Rousseau, c’est la faute à Voltaire. » C’est là, bien sûr, des propos fallacieux, l’une des multiples facettes de l’hypocrisie officielle. Crise ou pas crise, les impôts, qui ont déjà augmenté depuis un an, augmenteront encore en raison de la grande faiblesse économique de la France, de son très lourd endettement, un pays où l’on ne travaille pas assez – les 35 heures –, où les prélèvements obligatoires sont les plus lourds du monde et qui abrite au moins 10 millions d’immigrés, en majorité assistés.

Ce que je veux dire, c’est que tout est fait pour compliquer la vie des Français. 30 ans de démagogie, voilà ce que cela donne.

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(8) Commentaires

  • Anonyme Répondre

    Suite à une mauvaise manipulation les commentaire du lundi 13 octobre 2008 – après midi et soirée ont été supprimés.

    Désolé pour ce fâcheux incident.

    Le modérateur

    13 octobre 2008 à 22 h 38 min
  • Gwendoline Répondre

    Aïeuh, ça fait mal à l’orgueuil tout cela, mais on ne peux prétendre le contraire…

    Des immigrés en majorité assistés, certes, mais chut, c’est un secret et puis c’est même pas vrai. Ils ne nous coûtent rien. Eux aussi, ils peuvent attendre d’ici qu’on leur fasse une place dans la vie active autrement que par des aides ou des emplois aidés, subventionnés… les fausses solutions qui sont censées être là provisoirement et durent, durent… faute de mieux (souvenons nous du RMI censé durer une année !).

    Bon pour ce qui est de laposte c’est devenu une institution. Dire "je passe à la poste et je reviens" est devenu une blague. Bon, bien sûr on finit par ne plus avoir envie de rire… ce qui est bien normal.

    Bravo en tout cas pour cet article qui touche juste.

    Gwendoline D. – http://feuillesvives.canalblog.com

    13 octobre 2008 à 8 h 26 min
  • Jean-Pierre Répondre

    Ave vitruve,

    deux choses sures:

    1 tu ne connais pas les USA , où la vitesse est limitée sur les highways à 75 miles soit 125 km/h, et il faut vraiment que le bled soit pommé de chez pommé en Arizona pour que la route y soit sans marquage et défoncée.

    2 ta propagande franco franchouille sur le + beau réseau routier, les sévices publics EDF ou autre sécu qui seraient les meilleurs du monde ne passent plus car vois tu  j’habite en France et je vois la différence de visu avec les autres pays civilisés et pas seulement par le bourrage de mou comme toi…

    Le réseau à 90, avec ses pièges mal indiqués à 70, et autres à 50, ses ronds points incessants ou au milieu de nulle part, les indications illisibles ou inexistantes etc etc…

    Un exemple concret: mon quartier d’habitations individuelles à 3500€/an de taxes foncières où les rues sont sans aucun marquage au sol et le macadam complètement déglingué, où les trottoirs sont régulièrement défoncés pour travaux puis mal refaits et l’électricité toujours pas entérrée.

    A 100m  un boulevard toujours sans marquage au sol, avec un trottoir défoncé ou même inexistant,   où je vois passer à longueur de journée des bus toujours vides mais flambants neufs  dont se glorifient notre commune et communauté de communes qui sont bien entendu socialocommunistes depuis plus de 30 ans.

    13 octobre 2008 à 2 h 06 min
  • VITRUVE Répondre

    AVE

    bonjour Jean Pierre

    deux choses de sûres :

    1) Chez nous, on n’est pas obligé de chanter des cantiques pour une assiette de soupe, même au Secours Catholique!.

    2) Quand aux highways, payer pour rouler à 90 km/h?, non merci! surtout avec un flic/radar tous les 10km!

    Pour rouler à 90, nous avons le plus beau réseau routier du monde( rassurez-vous, ces chiffres ne sont pas français), sans parler des 4 voies gratuites et pas un nid de poule ( ni d’autruche tels ceux vus en traversant les bleds US de l’Arizona par exemple) dans le plus petit village de notre beau pays (qui soit dit en passant ,ne serait guère traumatisé de vous voir vous installer définitivement aux States avec quelques autres déçus de la France).  

    Mais il semble que comme l’ a choisi notre ami Millière, il vaut mieux faire du business là-bas et revenir régulièrement en France pour se refaire les ratounes ou passer un scanner…au frais des arcanes bureaucratiques bien sûr.

    La prochaine fois, on causera des coupures de courant et des plats de spaghettis qui trônent sur des poteaux branlants dans l’Ouest profond …comparés aux réseaux enterrés dans nos plus petits villages… 

    VALE

     

    12 octobre 2008 à 10 h 38 min
  • Jean-Pierre Répondre

    tiens ! pour tous les antiaméricains obsédés, j’ai du faire à peu prés 30 000 kms sur les magnifiques autoroutes des USA sans jamais débourser 1 cent de péage ; allez donc calculer les centaines d’euros et le nombre d’heures perdues aux entrées et sorties de péages qui jalonnent parfois tous les 10 kms notre beau pays et où l’on paye 80% de taxes sur nos carburants pour pouvoir financer tous ces sévices publics et avoir le plaisir de perdre nos vies à faire la queue à leurs guichets…. il est beau le modèle social français.

    10 octobre 2008 à 22 h 49 min
  • Jean-Pierre Répondre

    Bien sûr nous n’en sommes pas encore à faire la queue devant des étals vides dans notre pays soviétisé à 55 %,  mais savoir attendre est devenu une spécificité bien française due à notre modèle social aux arcanes bureaucratiques plus complexes qu’une usine à gaz où pour chaque rouage c’est à dire chaque fonctionnaire  la longueur du temps qui passe représente de l’avancement….. et cet immobilisme a petit à petit gangrené toute notre société.

    10 octobre 2008 à 0 h 28 min
  • HansImSchnoggeLoch Répondre

    <<En réalité, deux régions ne sont pas encore à gauche : l’Alsace et la Corse>>

    Contrairement aux autres régions l’Alsace est mieux gérée et le niveau d’endettement y est moindre. Preuve par 9 que la gauche est mauvaise gestionnaire.

    8 octobre 2008 à 11 h 40 min
  • Luc SEMBOUR Répondre

     

    Tout est vrai dans l’article de C. LAMBERT, même ce qu’il dit de la justice.

    Je l’ai expérimentée par obligation de nombreuses fois en France pour les causes les plus variées. Ma conclusion est que la justice française a beaucoup TROP de moyens si on rapporte ces moyens au nombre des affaires "dépotées" dans un temps raisonnable. Car comme les fruits qui perdent rapidement leurs vitamines au frigo, toute décision judiciaire perd de plus en plus de son intérêt avec le temps mis pour la rendre… Ce qui fait que la justice française mouline à grands frais et avec soin, énormément de procédures qui ont cessé d’intéresser les protagonistes.

    6-10-15 ans pour pondre un jugement est un déni de justice beaucoup plus grave que de rendre des décisions ultra-rapides au risque de se tromper un peu plus souvent. 

    8 octobre 2008 à 2 h 16 min

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