Syndicats subventionnés et statuts privilégiés

Posté le 10 avril , 2018, 2:48
5 mins

Une fois de plus, les voyous subventionnés de la SNCF ont rompu le pacte social national qui exige que chaque catégorie d’actifs remplisse la mission qu’il a librement choisie et sur laquelle les autres catégories de citoyens comptent, à la fois dans leur vie active et dans leur vie tout court.

Bien entendu, les ignorants diront qu’ils se battent pour le service public et pour le maintien de leur statut particulier qui en est le garant, que la grève leur coûte cher et qu’ils se sacrifient.

Évidemment, ils pensent que les syndicats vont assurer un minimum vital aux grévistes, en oubliant que les ressources normales des syndicats sont dérisoires et qu’ils ne vivent que, pour certains, grâce aux détournements de fonds des comités d’entreprise de sociétés comme EDF, GDF, etc. – et, pour tous, grâce aux énormes subventions versées par le ministère de l’Intérieur, c’est-à-dire par tous les contribuables.

Le jour où l’on voudra que notre pays soit une véritable démocratie, il faudra totalement supprimer les subventions qui font vivre certains journaux comme « L’Humanité », au lieu de leurs lecteurs, et tous les syndicats, au lieu des cotisations des adhérents.

Aux USA qui, dans ce domaine, nous donnent l’exemple, chaque semaine, chaque adhérent donne à son syndicat beaucoup plus que chez nous en une année. D’où le caractère politique, beaucoup plus que professionnel, de nos syndicats et leur multiplicité.

On peut aussi s’indigner que personne n’ait fait remarquer aux syndicalistes SNCF que, s’ils sont à ce point attachés à leur statut, c’est qu’il ne doit pas être si mauvais que cela !

Notre pays est littéralement pourri de tous ces statuts qui sont un frein mortel à la mobilité et à l’initiative.

Quand donc renoncera-t-on au statut des fonctionnaires ou des cheminots pour mettre les uns et les autres sur le libre marché du travail, où chacun sera enfin payé en fonction de sa compétence, et non en fonction de sa capacité de nuisance ?

Du reste, le pays y perdra-t-il en renonçant à avoir des sociétés nationales à la gestion souvent catastrophique ?

Il faut tout de même se rappeler que, lors de la scandaleuse nationalisation des chemins de fer, en 1936, les sociétés privées propriétaires du réseau étaient bénéficiaires, avaient réussi à construire 40 000 km de voies, y compris dans des lignes de montagne avec plus d’un ouvrage d’art au kilomètre.

80 ans plus tard, la gestion d’État entretient très mal moins de 30 000 km de voies, a accumulé plus de 40 milliards d’euros de dettes et plus personne ne se souvient qu’avant-guerre, on remettait sa montre à l’heure quand passait le train.

Si nous avions des dirigeants dignes d’un Richelieu ou d’un Clémenceau, vu sa situation, ils déposeraient le bilan de la SNCF qui est en état de faillite depuis bien longtemps.

Ses actifs seraient repris par une société privée créée pour cela et ses salariés seraient réembauchés par contrat privé, ce qui nous libérerait définitivement de leur statut, préparerait l’ouverture à la concurrence et s’adapterait à la prochaine évolution technologique, puisque l’on nous annonce pour très bientôt la conduite automatique grâce à l’intelligence artificielle, la conduite automatique d’un train paraissant infiniment plus facile que celle d’une voiture avec ses innombrables imprévus.

Mais, pour cela, il nous faudrait de véritables hommes d’État ; on peut rêver !

3 Commentaires sur : Syndicats subventionnés et statuts privilégiés

  1. Raoul Villain

    13 avril 2018

    Cher “Hans”, j ‘eu le privilège de vous cotoyer lors de joutes oratoires communes à une certaine époque sur ce même blog. Au cours des “neiges d’Antan”, un certain “Jaurès” nous délivrait la “Vérité” (une oui non pas quatre: cela suppose d’argumenter). Nanti d’émoluments pourtant conséquents (5 fois le SMIC), ce n’était que pleurs et que larmes pour les “pauvres” “les opprimés” ou tout autre groupe constitué pouvant constituer un électorat (puisque, autant ne pas se voiler la face, la finalité est…et reste l’urne. Par ironie et provocation, j’ai changé de pseudonyme. Vous, vous avez décidé de disparaître (je ne cache pas que je vous ai regretté), tout à fait par hasard, je viens de constater que vous poster à nouveau et, par conséquent, j’ai de bonnes raisons de supposer que vous allez bien. Cela me réjouit. Si j’étais hypocrite – ce que ne n’arrive pas à être – je constate de la même façon la disparition de la “Vérité”. A vrai dire, j’aurais aimé y contribué – ô je ne suis pas aussi violent que mon cyber-ancêtre et n’ai guère le temps de fréquenter les terrasses de café -. L’un de mes derniers échanges avec le sus-nommé qui voyait le revenu universel et la libéralisation du shit comme l’alpha et l’omega du “Grand Soir” a été une prophétie de ma part: moins de 50 députés socialistes au législatives. A vous dire vrai, je n’ai même pas fait le compte. Bien sûr, ce n’est pas la prophétie qui a fait cesser les torrents d’âneries déversés plusieurs fois par jour sur ce blog. Non c’est un petit grain de sable, un détail anodin , quelque chose d’infime appelé “financement public des partis politiques”. Pour être plus trivial nous avons cessé de payer des impôts pour financer “Jaurès”. Ce n’est pas la “fin de l’Histoire” mais quelques pierres du mur ont commencé à tomber…

    C’est donc sincèrement et avec grand plaisir que je vous salue et que je vous transmet toutes mes amitiés. Je vous prie de bien vouloir excuser le fait de tronquer votre patronyme mais il est tard et je suis….de culture latine.

    Bien à vous.

    Frédéric Bastiat.

    Répondre
    • HansImSchnoggeLoch

      13 avril 2018

      J’aime bien Frédéric Bastiat, un homme qui de son temps avait anticipé ce qui allait nous tomber dessus un siècle et demi plus tard.
      Votre contribution aux débats sur ce site est la bienvenue.

      Répondre
  2. HansImSchnoggeLoch

    11 avril 2018

    L’ offre d’hommes d’état exceptionnels est faible.
    Celles et ceux qui réussissent dans la vie civile ne vont pas perdre leur temps à essayer de satisfaire les besoins d’un peuple toujours volage et prêt à les envoyer à la roche tarpéienne.

    Ne se présentent la plupart du temps que des candidats un peu roués avec une morale élastique et prêts à avaler des couleuvres pourvu que cela paye.

    Et cela paye plutôt bien, le candidat malheureux hollandais engrangerait tous les mois ~€ 36000 d’après ce que j’ai pu apprendre.
    Pas mal payé pour un type qui a tout loupé durant son quinquennat.
    Combien de retraité(e)s grugé(e)s pour lui payer un seul mois, ne parlons même d’une année voire du reste de son existence.

    Répondre

Répondre

  • (pas publié)