transports publics du Grand Paris : le coût du retard

transports publics du Grand Paris : le coût du retard

Si le Président de la République se réserve le plaisir des grandes déclarations, dont celle annonçant le projet du Grand Paris à la Cité de l’architecture, le Premier
ministre
continue à veiller à la faisabilité des projets.
La mission confiée à Gilles Carrez sur le financement des transports du Grand Paris avait pour but de quantifier les différentes pistes de financement et dé dégager des
perspectives réalistes tout en respectant un équilibre des contributions des usagers, du monde économique et des contribuables.

Le rapport fait clairement apparaître le coût sur la période 2013-2025 : 24,4 milliards pour l’investissement
et 43,2 milliards de fonctionnement !

 

Pour le fonctionnement, la mission a identifié cinq sources de financement :

– La modernisation du Versement transports pour 11,9 milliards d’euros

– L’évolution des recettes tarifaires, car jusqu’ici la part du coût acquittée par l’usager est en repli permanent.
Réévaluer les tarifs, fusionner des zones en augmentant le coût de la zone 2 et moduler les tarifs dans le temps (heures de pointe) pourrait rapporter 16,5 milliards d’euros.
Cela s’oppose complètement à l’utopie d’un tarif unique !

– les gains de productivité des opérateurs, avec une mise en concurrence, conformément aux directives européennes

– le recours à l’emprunt, pour financer le matériel roulant et la mise en accessibilité, soit : 11 milliards
d’euros

– l’effort budgétaire : 9,8 milliards d’euros, effort qui ne peut être réalisé que grâce à la
fiscalité locale…

 

Pour l’investissement, les sources de financement proposées sont :

         la poursuite de l’effort budgétaire pour 6,4 milliards d’euros

         la modernisation des ressources fiscales assises sur les bureaux, commerces et locaux de stockages pour 7,3 milliards
d’euros
.

         la contribution des usagers de la route : doublement des amendes de stationnement de 11 à 22 euros, la hausse de
l’Eco-Redevance-Poids-Lourds, pour un total de 1,9 milliards.

         La mise en place d’une Taxe Spéciale d’Equipement de 1,6 milliards (soit 20 euros par foyer par an).

         L’évolution de la taxe de séjour à hauteur de 0,5 milliard.

         Quelques centaines de millions d’euros grâce à la valorisation foncière.

         Le recours à l’emprunt pour 9,3 milliards.

 

Gilles Carrez ne cache que ce plan de financement est ambitieux. C’est sans doute le coût de quelques
décennies de sous-investissement dans les transports en commun dans une région qui a connu une forte croissance de sa population.


Il faudra une bonne dose de courage politique pour conserver l’équilibre global de ce financement et résister aux discours démagogiques sur le prix du transport ! Rendez-vous au Parlement
pour les discussions du projet de loi…

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