Ubu, l’euro et la finance

Ubu, l’euro et la finance

Que m’apportes-tu comme gage de ta soumission ?

Père Ubu

Concernant l’endettement, qui menace actuellement de ruiner l’Europe ou l’Amérique, Marx écrit ceci (le Capital, Huitième section, chapitre 31) :

« Le système du Crédit public, c’est-à-dire de dette publique, envahit l’Europe définitivement pendant l’époque manufacturière. Il n’ y a donc pas à s’étonner de la doctrine moderne que plus un peuple s’endette, plus il s’enrichit. Le crédit public, voilà le credo du capital. »

On peut considérer que la mise en place de l’euro, en l’an 2000, a servi au mieux les intérêts des intéressés, qui n’étaient ni les contribuables, ni les électeurs, ni les consommateurs, ni les locataires, ni les propriétaires d’un seul logement, ni personne d’ailleurs, sinon la poignée de prêteurs (relire saint Jean…) et financiers qui dominent, et leurs panégyristes et sicaires de la politique, qui rêvent de les imiter, c’est-à-dire de devenir riches comme le dieu des Enfers (ou des affaires). Dans un premier temps l’euro nous a ruinés, en faisant monter aux nues tous les prix, comme en Espagne ou à Athènes ; dans un deuxième, il ne vaudra plus rien : la deuxième lame, c’est connu, coupe mieux le poil du barbu.

Voici pourquoi on a donné la monnaie des Allemands à tout le monde : pour acheter allemand, pour pousser tout le monde à consommer chinois et pour pousser les gouvernements à s’endetter.

Les Etats contrôlés par des apprentis sorciers ont en quelques années fait exploser les déficits publics pour nous endetter et nous enchaîner à vie ; et ce, alors que tout le monde, du fait de l’explosion des prix de l’immobilier, qui n’entre pas en compte dans le calcul de l’inflation (ou à hauteur de 7% en France…), a perdu du pouvoir d’achat entre-temps.

Lorsque la finance aux abois a réclamé ses mille milliards de racket, il y a deux ans, elle les a eus ; pour aussitôt insulter Obama, réputé trop libéral, et asservir l’Europe, réputée trop sociale, alors que les deux imbéciles n’ont fait que servir ses intérêts. Poignez vilain, il vous oindra

Actuellement, l’Europe est traitée comme les pays d’Asie ou d’Amérique du sud dans les années 90 : on fait exploser la dette publique pour rien (ici pour la guerre en Afghanistan, pour les banques, pour préserver le boom immobilier), et puis on présente la note aux peuples qui n’ont plus qu’à aller se faire pendre.

L’hitlérisme de marché va avoir la peau de l’euro

Cet hitlérisme de marché est bien préservé par la vulgate néolibérale qui encombre aussi bien les journaux gratuits de Bolloré que la presse Dassault, la télé Bouygues ou les webzines. Je n’ai d’ailleurs jamais vu autant de gens soumis et résignés en France et en Europe ; de gens aussi peu concernés par ce qui leur arrive…

Comme dit le père Ubu : « De tous côtés, on ne voit que des maisons brûlées et des gens pliant sous le poids de nos phynances ». C’est le côté obscur de la force ; mais il y a aussi un côté brillant ; car comme il dit encore : « avec ce système, j’aurais vite fait fortune, alors je tuerai tout le monde et je m’en irai ». Clinton, Blair, Bush, des dizaines de sous-chefs dits d’Etat européens ont fait ce qu’on leur disait, où on leur disait. Ils ont eu la bénédiction Ubu et Orbi de Goldman Sachs et des marchés, celle qui par exemple a coûté – et je pèse mes chiffres… – vingt millions de vies dans les pays de l’Est au cours des années 90 et 2000. Mais ce génocide était, n’est-ce pas, le prix à payer pour sortir du communisme et pour entrer dans l’économie de marché…

L’hitlérisme de marché ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Il va avoir la peau de l’euro avec la bénédiction des Trichet et laquais qui nous gouvernent – « Les marchés ne comprennent pas l’Europe. » Au bout de soixante ans ? Allons, Christine… – ; et nous réduira à la mendicité d’ici quelques mois ou années. Nous aurons, comme l’avait prédit Lénine, vendu la corde pour nous faire pendre. Mais pas au communisme, au Capital.

Il reste à savoir si, après ce haut fait exterminateur, nous aurons droit à un autre pacte germano-soviétique, pardon bismarckien, et à un quatrième Reich. Car il va falloir compter sur le mark et la Russie dans les années qui viennent, n’en déplaise aux atlantistes maniaques.

Bonnes fêtes en attendant, surtout pour ceux qui, à Paris, Lisbonne ou Dublin, ne peuvent ni ne pourront plus jamais se loger à dix mille euros du mètre carré. Car l’hiver froid confirme le réchauffement climatique qui nous vaudra un autre bon train de hausses d’impôts concoctées par nos avocats gouvernementaux et néolibéraux.

Terminons par Ubu :
  • Que m’apportes-tu comme gage de ta soumission ?

  • La corde pour me pendre, monsieur le marché. Je vous apporte aussi la somme pour la corde. Joyeux noël, monsieur le marché. Le marché a toujours raison, monsieur le marché.

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(1) Commentaire

  • ozone Répondre

    La bien triste verité,maintenant ils passent toucher les ronds,les 750 milliards du plan "d’aide" ne sont qu’un amuse gueule

    13/12/2010 à 21 h 34 min

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