Un débat à droite pour faire gagner la droite

Posté le mars 08, 2012, 12:00
8 mins

Je voudrais, tout d’abord, souhaiter la bienvenue aux 3 381 nouveaux lecteurs, qui nous ont rejoints ces dernières semaines, à l’occasion d’une opération de prospection. Mais je voudrais aussi leur expliquer notre ligne éditoriale.

Notre point de départ, c’est que nous doutons fort de la capacité d’une seule personne, ou d’un seul groupe de personnes, de maîtriser l’ensemble des facteurs permettant d’appréhender la situation politique ou économique. Et ce doute vaut, tout particulièrement, pour les « élites » auto-proclamées.

De là vient notre « populisme ». Ou, si vous préférez, de là vient que nous souhaitons donner le plus largement possible la parole au « peuple de droite » – et pas seulement à ses représentants.

D’abord, parce que ses représentants ne le représentent pas toujours très bien. Qu’il s’agisse de l’immigration, de l’État-providence, ou de la « construction européenne », il est clair que les électeurs de droite sont souvent en désaccord avec leurs élus.
Mais, plus profondément, parce que le suffrage universel n’est pas une sorte d’onction sacrée qui donnerait une capacité particulière pour comprendre notre monde.

Pour nous, donc, les électeurs de droite sont aussi intéressants que leurs élus. Et souvent plus, car ils ne sont pas bridés par la peur du qu’en dira-t-on dans « Libération » !

Comme le disait le peu regretté président Mao dans son petit livre rouge (!), être attaqué par l’ennemi n’est pas une mauvaise chose. Je persiste donc à ne pas comprendre pourquoi les politiques de droite cherchent tant à plaire à la presse de gauche. Peut-être parce qu’il n’existe pas, ou quasiment pas, de presse de droite ? Mais, alors, ce n’est pas du tout des risettes au « Monde » ou à « Libéra­tion » qu’il faudrait faire. Il faudrait réfléchir à la constitution de médias alternatifs. Si le sujet intéressait (enfin !) nos élus, nous serions tout prêts à leur donner quelques indications sur les méthodes à suivre.

Mais, à vrai dire, il suffit de regarder ailleurs la façon dont nos voisins ont réussi à s’opposer à la contre-culture soixante-huitarde.
Il est vrai qu’il faudra travailler et que ce sera moins confortable qu’un positionnement légèrement plus « modéré » que le PS, mais c’est aussi la seule chance de faire gagner durablement les idées de droite.
Mais revenons aux « 4 Vérités ». Nous donnons donc largement la parole aux électeurs de droite. Cela peut donner un sentiment de cacophonie, j’en suis conscient.

Mais la liberté est à ce prix.
Dans ce numéro, nous trouvons des personnes qui, malgré les déceptions, voteront Sarkozy et d’autres qui, dans tous les cas de figure, n’envisagent pas de redonner leur suffrage au chef de l’État ; des électeurs qui adhèrent aux idées du Front national et d’autres qui votent FN pour sanctionner la « droite parlementaire »… C’est cela la réalité électorale à droite. J’ignore le poids relatif des diverses tendances (sinon je pourrais vous annoncer les résultats de l’élection), mais, si nous n’écoutons pas ces différentes tendances, nous n’avons aucune chance de parvenir à dresser un programme répondant aux exigences de chacun.

Or, l’objectif ultime reste celui-ci : définir une plate-forme de gouvernement, avec un nombre très limité de sujets cruciaux (moins de 10 suffiraient), sur lesquels les candidats pourraient prendre des engagements chiffrés et vérifiables.

En gros, la droite se divise en trois grandes tendances, que j’appellerai, pour faire court, la droite morale, la droite libérale et la droite nationale. Ces droites ne sont évidemment pas toutes d’accord entre elles (un libéral pourrait opter pour le mariage homosexuel, tandis qu’un partisan de la droite morale s’y opposerait farouchement). Mais il est possible de trouver des sujets centraux pour une des tendances qui ne soient pas des « casus belli » pour les autres.

Ainsi pourrait-on s’entendre sur une défense de la famille (pour la droite morale), sur une baisse de l’État-providence (pour la droite libérale), et sur une limitation drastique de l’immigration (pour la droite nationale). Ces trois sujets ont d’ailleurs des convergences cachées (lutter contre l’État-providence tarirait l’une des pompes aspirantes de l’immigration, soutenir les familles françaises limiterait les besoins d’immigration…).

En tout cas, notre objectif, aux « 4 Vérités », est bien celui-ci : faire gagner durablement la droite en France, en favorisant les débats entre toutes les droites et en soutenant activement toutes les initiatives favorables à l’entente à droite, contre le funeste « front républicain », qui impose à une partie de la droite d’aller, un genou en terre, porter à la gauche la tête de l’autre partie !

2 réponses à l'article : Un débat à droite pour faire gagner la droite

  1. HOMERE

    09/03/2012

    Oui tout celà est bien gentil,mais je rappelle que la droite n’est majoritaire en France que si elle réunit le Centre, les Libéraux,les Gaullistes,et le FN.Il faut bien admettre que le Centre reste l’arbitre…c’est comme celà…pour le FN, la stratégie de MLP est mortelle.Faire "tomber" Sarkozy pour récolter la Droite Populaire est une avanie.Tant que le FN restera arc bouté sur son idée que le rassemblement ne peut s’opérer que sur son seul parti,il restera dans la stratégie du Front républicain…contre lui.

    Dans un pays où la sociostructure tend vers l’assistance et le fonctionnariat,il faudrait resocialiser les français vers des valeurs de travail, responsabilité,et moralité.Or l’ordre moral,personne n’en veut pas plus que le travail qui est devenu une valeur astreignanteSi Sarkozy a eu beaucoup de difficultés (comme Chirac ou Giscard) c’est essentiellement par ces réalités.Il a mis en cause les corps intermédiaires (Syndicats,Assos,Médias) et il a tout à fait raison.

    Dans notre monde archi médiatisé,il est évident que la gauche tient là une suprématie sous tendue par les porte paroles affectés à ces tâches de propagande pilotées par les partis de gauche.La presse est aux ordres tout comme les intellectuels et les peoples….

    Il reste que le PS va "gauchir" ses positions sous la pression de Mélenchon.Valls a déjà perdu la partie.Un léger basculement à droite est donc réalisable vers le FN si ce parti est en position d’admettre qu’il doit aussi faire des gestes…..c’est ,ce qui me semble,une posture que j’ai déjà ici recommandée…mais personne n’écoute….arrêtons les invectives et les excommunications…d’abord

     

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  2. Oeildevraicon

    09/03/2012

    « Pourquoi les politiques de droite, cherchent tant à plaire à la presse de gauche » ?

    Mais parce -que la gauche, la presse ( quasiment toute la presse) et toutes les structures mises en place (SOS racisme, droits de l-homme, France terre d’asile, terra nova, etc…), exercent une dictature intellectuelle et de la pensée unique sur tous les Français. A tel point que si l’on ne pense pas comme eux et si on le fait savoir, on risque de se retrouver devant un tribunal.

    L’objectif d’une plate-forme de gouvernement est une bonne chose en soit. Par contre je crois qu’il est utopique de penser qu’elle suffirait à rassembler ces -trois droites-, (toutes les droites).

    L’entente à droite… , faire gagner durablement la droite…, vaste programme ! Auquel une vie de centenaire ne suffirait pas pour le réaliser. Le désir de pouvoir est trop crucial chez les politiques !

    Il faudrait en premier lieu passer à un seul mandat pour tous les niveaux de gouvernance, assorti d’un audit annuel. A ce prix aurions nous peut-être, des politiques qui s’occuperaient de la France et non de leur carrière.

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