Un entretien (imaginaire) avec Emmanuel Macron

Posté le avril 17, 2018, 10:42
8 mins

Christian Lambert : Monsieur le président, on vous entend et on vous voit chaque jour à la télévision. Vous prononcez de nombreux discours, mais, pratiquement, le bilan de la première partie de votre quinquennat, c’est une hausse des prélèvements obligatoires et une baisse du pouvoir d’achat. Est-ce bien cela ?

Emmanuel Macron : Tout à fait. 10 % des Français paient 80 % des impôts. Or 10 %, électoralement, ça compte peu. Donc je vais continuer à tondre cette minorité qui a encore de la laine sur le dos. Les risques électoraux sont ainsi très limités.

CL : Monsieur le président, vous récoltez de cette façon, en appauvrissant la France, des sommes colossales. Qu’en faites-vous ?

EM : Votre question me paraît naïve. Vous n’ignorez pas que nous entretenons en France, quelque 14 millions d’immigrés, dont 8 millions de musulmans, et qu’il en arrive quelque 300 000 nouveaux par an, Maghrébins et Subsahariens principalement. Le droit d’asile est accordé chaque année à de nombreux immigrés, qu’il convient de loger à l’hôtel, de nourrir et de soigner. Tout cela évidemment a un coût.

CL : Monsieur le président, je constate, comme beaucoup d’autres observateurs de votre politique, que vous pratiquez la préférence étrangère, alors que de nombreux Français sont dans la gêne, ponctionnés par l’impôt, avec pour certains une retraite de 500 € par mois.

EM : Le droit d’asile est sacré, vous devriez le savoir, Monsieur !

CL : Monsieur le président, lorsque 50 millions d’immigrés subsahariens demanderont le droit d’asile, ce que prévoient les démographes le plus sérieux, que ferez-vous ? À ce moment-là vous aurez ruiné tous les riches.

EM : On avisera. Je vous rappelle que je ne suis pas seul à gouverner la France. L’Union européenne à Bruxelles et la CGT à Montreuil gouvernent également. Il en résulte quelques difficultés.

CL : Vous voulez dire, Monsieur le président, une confusion totale ? La France, c’est le désordre, la dette, la sécurité et l’impuissance.

EM : J’en conviens, mais si j’imposais l’ordre et l’honnêteté, ce serait la guerre civile. Déjà plus de 500 zones urbaines ont fait sécession et sont de facto rattachées au Maghreb et au Moyen-Orient. Comme je ne peux pas demander à l’armée de refaire l’unité nationale, entre deux maux, j’ai choisi le moindre : l’impuissance et la pagaille. Et comme aucun de mes concurrents ne ferait mieux que moi, j’ai une bonne chance d’être réélu. C’est mon seul but, que je ne perds pas de vue, d’autant que ma base électorale demeure fragile : au premier tour, je n’ai récolté que 18,19 % des suffrages.

CL : Votre franchise vous honore, Monsieur président. En d’autres termes, vous n’êtes qu’un ornement du décor, comme disent certains. À ce propos, je vous adresse mes félicitations pour la cérémonie du souvenir aux Invalides. Après chaque attentat musulman, les cérémonies en hommage aux victimes sont parfaitement organisées. Puis-je d’ailleurs me permettre une suggestion ? Compte tenu de votre politique migratoire et de votre totale impuissance assumée, les attentats islamistes auront bientôt lieu tous les jours. Ne croyez-vous pas qu’il serait bon qu’un président bis résidant aux Invalides soit nommé pour que, chaque jour, il vous représente aux cérémonies en hommage aux victimes islamistes ? Ainsi seriez-vous libéré pour étudier l’élargissement du regroupement familial et du droit d’asile. Ainsi que le cas des « radicalisés » que Manuel Valls, ancien Premier ministre, estime à plusieurs centaines de milliers.
Par ailleurs, Monsieur le président, l’insécurité ne fait que s’aggraver : vols et escroqueries de toute nature rendent la vie très difficile pour bon nombre de Français qui vivent dans l’inquiétude. Ceci, bien que l’armée compte aujourd’hui plus de soldats en métropole pour assurer l’ordre qu’elle n’en comptait durant la guerre d’Algérie. 400 000 cas d’agressions ont été déclarés en 2017 en zone police. C’est bien là les prémices de la guerre civile. Sans compter le nombre de gendarmes et policiers blessés chaque année dans l’exercice de leurs fonctions.

EM : Vous croyez vraiment ? Si c’est le cas, je vais en parler à papa Collomb. Mais il ne faut pas voir tout en noir. La démographie se présente de la meilleure façon. À Mayotte, 10 petits Français naissent par minute, ce qui fait 600 par heure et 14 400 par jour. Ces petits Français, devenus grands, pourront faire venir leur famille en métropole. Et comme ce phénomène a lieu partout dans notre « empire », cela nous assure des millions de jeunes Français que, par devoir sacré, nous devons assister. L’avenir est rassurant.

CL : Monsieur le président, je vous ai compris. Avec le droit de vote offert à tous ces nouveaux votants, vous êtes assuré d’être réélu indéfiniment. N’est-ce pas là l’essentiel ?
EM : Évidemment !

CL : Une dernière question, Monsieur le président. S’agissant de la SNCF, dont on parle beaucoup ces temps-ci, c’est la pagaille complète dans une entreprise surendettée.

EM : Pour ce qui est de la dette, on a l’habitude. L’État est 40 fois plus endetté – et toujours là. Donc le contribuable paiera la dette permanente de la SNCF. « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. » Après quelques années de grève et de réflexion, je suis sûr que nos amis cheminots comprendront l’étendue de ma réformette.

CL : Et les usagers, Monsieur le président ?

EM : Pas de problème. Mois après mois, ils finiront par trouver des solutions alternatives. Vous voyez, tout m’engage à être optimiste. Pour les uns, je suis à gauche ; pour les autres, je suis à droite. Ce qui est sûr, c’est que je suis à l’Élysée et pas les autres ! Quant à l’extraordinaire entretien télévisé du 15 avril, j’ai été parfait et, dans dix jours, on n’en parlera plus.

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9 réponses à l'article : Un entretien (imaginaire) avec Emmanuel Macron

  1. quinctius cincinnatus

    19/04/2018

    la France a un besoin vital de réformes qui aillent dans le sens des économies et de l’ efficacité et c’ est à quoi disait vouloir s’ atteler Macron

    on constate qu’ il n’ a pour l’ instant rien fait de réel dans ces domaines : la dette publique ne cesse de croître, la balance économique de se creuser, et les prélèvements qui frappent toujours les mêmes de grandir

    il parie sur deux facteurs potentiellement favorables dans l’ immédiat d’ un quinquennat ou d’ un double qinquennat :

    – une reprise franche de la croissance mondiale et par voie de conséquence nationale , mais on sait que celle ci risque d’ être beaucoup plus éphémère qu’ espéré

    – des taux d’ intérêts bas qui limitent notre charge d’ endettement mais qui augmenteront un jour l’ autre quand la planche à billet sera ralentie ou que des placements seront plus avantageux et surtout sûrs ailleurs ou dans d’ autres secteurs

    enfin on constate que l’ argent de l’ épargne française qui devait être réorienté dans une économie d’ avenir ne l’ est pas puisqu’ elle contribue toujours à … » combler  » majoritairement la dette, que la communautarisation de la dette française est rejetée par les Allemands , que les accords commerciaux avec le Canada ( c à d en réalité la main mise des multinationales américaines sur notre législation ) vont définitivement ruiner des pans entiers de notre économie ( l’ agriculture en particulier )

    Macron vient de la plus grande banque d’ affaire française ( … depuis qu’ il est à l’ Elysée , c. à d. depuis Hollande ) et il ne voit l’ économie que dans le spectre des multinationales françaises qui elles réussissent plutôt bien … parce que leurs actionnaires sont en majorité … étrangers

    Conclusion :

    la France n’ était pas préparée à la … Mondialisation et cela dans aucun domaine, dans aucun secteur, pas même psychologiquement ( sauf à consommer à moindre frais ) …. et Macron l’ a précipitée dedans tête première … c’ est là une erreur politique qui nous mène droit à la dépendance

    c’ est là aussi où les propositions de D.L.F. sont intéressantes à étudier

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  2. BRENUS

    18/04/2018

    @ Mr Lambert : je me fais, pour une fois – et en même temps – le porte-parole de Q.Cancrelat grand promoteur de « l’accueil » africain en Europe et plus particulièrement en France :
    « Cette fois, c’en est trop! Oser évoquer la submersion par 50 millions de sub-sahariens (qui, nécessairement appartiennent à la « famille » ( tout autre terme étant tabou) black, c’est très au-delà de se que peut lire le sus-nommé. »
    Cet article sacrilège entre tous doit être vomi par toute la bien pensance.
    Vous ne vous rendez pas compte que vous choquez, que dis je, vous dénigrez un « descendant de chef Sarrazin » comme il se défini lui-même, nous rappelant constamment son physique « berbère » (on s’en fout) . A moins qu’il ne soit que celui d’un berbère de passage contemporain.
    Cela blesse le petit coeur du donneur de leçons qui ne manque jamais de rappeler qu’il connait « bien des noirs plus patriotes que les blancs », histoire d’enfoncer le clou.
    Le « berbère » appelle de ses voeux cette arrivée massive qui permettra, enfin, de gommer la branche dite « blanche » de la surface de la terre. Un peu comme, récemment, deux « iliennes » exigeaient que nous nous repentions éternellement pour pouvoir intégrer « l’humanité ».
    Un nouveau MORO NABA a débarqué sur ce site et nous allons tous nous prosterner à ses pieds.

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    • quinctius cincinnatus

      19/04/2018

      mes ancêtres du côté maternel étaient effectivement à l’ origine des berbères, des … musulmans … mais des musulmans ibadites … il est donc naturel que je sois en France  » démocrate  » et  » protestant « 

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      • HansImSchnoggeLoch

        19/04/2018

        Les Suisses incorporés dans les armées napoléoniennes étaient sommés de saluer l’Empereur.
        Ne connaisssant pas un traitre mot de français leurs supérieurs leur `fournirent un moyen simple de le saluer.
        L’ expression suisse « Pfiffa Lampenöl » qui peut se traduire en français par « Pipe Huile de lampe » fut donc adopté pour cet usage. Cette expression imite assez bien le « Vive l’Empereur » en usage à l’ époque

        Par contre ils sabraient tous en bon français, comme le dit la tradition.

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      • Paul

        19/04/2018

        Tiens !? Je croyais que vous étiez fasciste et royaliste.

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        • HansImSchnoggeLoch

          19/04/2018

          Confronté à des remarques désobligeantes je n’ai d’autre choix que de me défendre.
          Je vais donc procéder de manière rationnelle et vous soumettre trois options.
          Vous choisirez celle qui vous conviendra le mieux.

          a) option diplomatique dite onusienne: Please get off my back and leave me alone¨
          b) option impérative dite germanique: Steig’ ab meinem Rücken und geh’ zum Teufel
          c) option kärcherienne dite française: Descends de mon dos et casses toi p… c…

          Il faut souligner que l’option c) a déjà fait ses preuves il y a quelques années.

          Bon choix.

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          • Paul

            19/04/2018

            Monsieur, ces « remarques » n’étaient pas adressées à vous (elles seraient inappropriées) mais à monsieur Quinctius. Il est vrai qu’on peut se perdre dans le jeu des réponses.

          • quinctius cincinnatus

            19/04/2018

             » on peut se perdre dans les réponses  »

            [email protected] vous auriez été un bien piètre bridgeur

  3. HansImSchnoggeLoch

    17/04/2018

    « Mr. Macron please tear down your arrogance »
    On peut ainsi s’imaginer Ronald Reagan défiant le play-boy qui fait office de président de la république française.

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