Un remaniement pour quoi faire ?

Un remaniement pour quoi faire ?

J’écris ce texte en ignorant délibérément ce que Nicolas Sarkozy a déclaré concernant le remaniement ministériel auquel il a procédé voici quelques jours.

Les paroles de Nicolas Sarkozy ne m’intéressent plus. Je préfère me tourner vers autre chose. Je pense que la composition ou la recomposition d’un gouvernement est, en soi, un signal. Depuis trois ans, Nicolas Sarkozy gouverne la France de manière erratique, sans ligne claire et sans cohérence. Il n’a cessé de confondre l’autoritarisme avec le sens du commandement, la nervosité avec la fermeté, les petits calculs politiques avec la politique elle-même. Il vient encore de le manifester. Le nouveau gouvernement français est essentiellement UMP : on devrait dire, comme certains l’ont souligné, qu’il est essentiellement RPR. On y découvre toutes les facettes du non-renouvellement des dirigeants dans ce pays, tous les visages de la stérilité et du vide de la pensée. Ses membres sont de grands professionnels de la profession ; on aurait des difficultés à en dire autre chose.

La politique économique sera toujours incarnée par Christine Lagarde, qui a peut-être été une excellente juriste, mais qui continue à être nulle économiquement et qui est une adepte zélée de la finance islamique. Le strapontin dont disposait Hervé Novelli s’est refermé et, avec lui, la dose homéopathique de libéralisme, qui faisait sans doute tache dans un océan d’étatisme, a disparu.

Nathalie Kosciusko-Morizet a remplacé Jean-Louis Borloo qui a dû lui laisser les œuvres complètes de Nicolas Hulot, son maître à brasser du vent. La politique étrangère est confiée à Michèle Alliot-Marie, gaulliste orthodoxe grâce à qui la politique arabe de la France va pouvoir se mener sans le moindre obstacle, et avec une arrogance digne de Dominique de Villepin. Roselyne Bachelot se voit récompensée d’avoir acheté aux frais du contribuable quelques dizaines de millions de doses de vaccin contre la grippe dont nul ne sait vraiment ce qu’elles sont devenues. Hervé Morin, qui, exception notable dans le sinistre paysage politique français, n’est pas anti-américain, a été sèchement remercié. Alain Juppé a pu ressortir de son hibernation bordelaise.

En une semaine où Jacques Chirac se voit de nouveau inquiété par la justice, voir autant de chiraquiens au premier plan doit faire plaisir à l’ancien président, mais je ne vois pas qui d’autre peut se montrer satisfait.

La belle équipe ainsi composée tiendra-t-elle jusqu’en 2012 ? C’est le but avoué, semble-t-il. Parviendra-t-elle à écarter de la compétition celui que Nicolas Sarkozy entendait suspendre à un croc de boucher ? Cela semble, en fait, le but primordial. Un autre but est sans doute de ressusciter l’espace flou qu’on appelle le centre. Si, à la place de Nicolas Sarkozy, j’avais voulu offrir un espoir à la gauche, ainsi qu’à un Front National revivifié, je n’aurais pas fait mieux.

Je me dis parfois encore que Nicolas Sarkozy est ce qu’il y a de moins pire en France aujourd’hui. Mais je doute. Pour faire de l’écologie débile (pléonasme), pourquoi, tant qu’à faire, ne pas choisir un ou une écologiste estampillé(e) ? Parce que les écologistes sont, en réalité, socialistes ? Mais l’UMP, au Royaume-Uni ou en Allemagne, serait considérée comme un mouvement socialiste. On lui trouverait tout juste des aspects peu convenables dans l’utilisation des forces de police. Pour utiliser la manière forte dans certains dossiers, pourquoi ne pas piocher chez Le Pen ? Brice Hortefeux semble quelquefois être à la famille Le Pen ce que le Canada Dry est à l’alcool.

Ceux qui rêveraient de liberté et de dynamisme doivent constater qu’il n’y a pas d’abonné au numéro affiché.

Je ne suis pas consterné. Entre la peste socialiste et la grippe Sarkozy, je ne choisirai pas. Je détesterais avoir vingt ans en ce pays. J’aurais une sensation d’asphyxie. J’aurais le sentiment que mon avenir est inscrit dans un rétroviseur, et que le rétroviseur lui-même est dans une voiture enlisée dans un fossé aussi profond qu’un cauchemar dont on ne pourrait s’extirper en se réveillant, car le cauchemar, ce serait la réalité.
Il n’y a plus de grèves. Pour le moment. Il n’y a plus d’émeutes. Jusqu’à une prochaine fois. Il n’y a pas besoin de grèves pour paralyser un pays déjà paralysé, et pas besoin d’émeutes pour calciner un pays déjà consumé…

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(6) Commentaires

  • grepon Répondre

    "Mr Milliere n’en connait sûrement pas les ressources et comme on dit en cas de difficultés "La France en a vu d’autres ! " Elle a une très longue histoire qui démontre combien elle a la faculté de se redresser après avoir été abattue. "

    La crise actuelle est pourtant sans precedante.    Auparavant, c’etait les francais qui se sont redresses.   Aujourdhui, il y a une telle croissance de sous populations qui ne manque non seulement d’identifications franchouille et identifications europeenne mais toute allegiance aux valeurs des lumieres et de l’humanisme, qu’on est obliger de se demander qui va redresser quoi dans la territoire actuellement connu comme "France".    La population francais franchouille prend de l’age rapidement, et la jeunesse et la croissance est a retrouver chez les francais qui sont francais QUE sur leur papiers d’identification.    La question de quoi va ressembler la France de demain et de l’apres demain, doit commencer avec "qui sera la" dans ce futur.    Je suppose que vous savez, LESTORET, que le mot "francais" est utilise comme insulte par votre population de remplacement.

    28/11/2010 à 2 h 28 min
  • LESTORET Répondre

    Quel triste pessimisme par un auteur que j’apprécie habituellement. Je crois que sa description de la France écrasée et muette n’est pas exacte. Mr Milliere n’en connait sûrement pas les ressources et comme on dit en cas de difficultés « La France en a vu d’autres !  » Elle a une très longue histoire qui démontre combien elle a la faculté de se redresser après avoir été abattue. Il y a peu d’ailleurs — 65 ans en gros — elle en a donné l’exemple. Alors ne pleurons pas et au contraire montrons notre réelle espérance. Toutes les « plumes » de notre pays devraient porter cet optimisme et le communiquer à leurs lecteurs.

    26/11/2010 à 18 h 16 min
  • sdzn Répondre

    On pourrait parler d’un gouvernement de décomposition… Le système est vraiment verrouillé, mais je ne suis pas sûr que les plus jeunes comprennent à quel point il l’est, ce que ça signifie pour eux dans les années (décennies) à venir.

    La culture de rente détruit notre pays (à tous les étages), la représentativité de nos élites est remise en cause, mais il reste toutefois nombre de moyens d’action pour en sortir, internet en est un précieux!

     

    http://www.la-france-contre-la-crise.over-blog.com

    25/11/2010 à 8 h 57 min
  • Inspecteur Juve Répondre

    Je ne sais plus qui énonçait qu’il y avait une règle non écrite mais immuable dans la Vème République : chaque nouveau président est toujours pire que le précédent !

    25/11/2010 à 8 h 45 min
  • Le journal des tueursnet Répondre

    Dream is over

     

    Parce que l’enjeu ce n’était pas l’honneur perdu d’un vers de terre…

    Mais les draps souillés de tout son univers

    J’exagère à peine… Il ne croit pas en Dieu

    Mais il peut le jurer aujourd’hui, que ce soir là, Dieu y était… aux Fouquet’s… il y était ! Ce qui a permis à notre prince charmant de retourner le destin….d’un revers de main !

    Et il voudrait maintenant en faire autant avec l’opinion qui l’a abandonné au fil du temps. Il a reconduit Fillon, retracé le même sillon et s’apprête à nous damer le dernier pion…

    http://www.tueursnet.com/index.php?video=Dream

    24/11/2010 à 15 h 42 min
  • Jaures Répondre

    Certes, le gouvernement et son personnel politique ne change guère, mais on pourrait dire la même chose du discours de Millière qui, dans vingt ans d’ici, nous assènera son éternel " la France est au fond du gouffre, je ne sais pas ce que je fais encore dans ce pays".

    Fillon 2 est comme les éditoriaux de Millière: répétitif, monotone grisâtre, vain, suranné et arrogant.

    24/11/2010 à 14 h 25 min

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