Une administration pléthorique, ruineuse et toute puissante

Une administration pléthorique, ruineuse et toute puissante

Nicolas Sarkozy bénéfice d’une couverture médiatique positive. Il est donc pour le moment populaire dans l’opinion. Mais ce que l’opinion ignore, c’est qu’en France, le Pouvoir, pour l’essentiel, ce n’est pas le Président de la République qui le détient, c’est l’administration anonyme, tentaculaire et toute puissante.

Je rappellerai en premier lieu que si tout émane en théorie de la souveraineté du peuple représenté par le Parlement, les lois sont soumises au contrôle du Conseil d’État composé de fonctionnaires. De plus, une loi une fois approuvée par le « Conseil » fait souvent l’objet de décrets d’application rédigés par d’autres fonctionnaires qui, généralement, compliquent et alourdissent le texte, au point de le rendre inapplicable, à moins de ne rien rédiger du tout, et de faire en sorte que la loi tombe aux oubliettes.

La fonction publique est en France une gigantesque forteresse dont le donjon est le ministère des Finances avec 210 000 fonctionnaires. En réalité, chaque ministère est administré depuis Bercy par un administrateur que l’on ne connaît pas qui est le véritable patron du ministère qu’il a à surveiller, sans parler des contrôleurs financiers. Dans cette forteresse, le fonctionnaire le plus important est le directeur général des impôts qui peut ruiner une entreprise ou un particulier, si bon lui semble. Il a sous ses ordres, pour surveiller et taxer l’activité et les biens de chacun, quelque 100 000 fonctionnaires, contrôleurs et inspecteurs, qui, jusqu’à ce jour, se réjouissaient, entre autres divertissements, des nombreuses lettres anonymes de dénonciation que le citoyen expédie pour nuire à un autre citoyen.

C’est ce qu’on appelle la solidarité citoyenne et républicaine. Toujours est-il que la collecte des impôts en France est la plus onéreuse de tous les pays organisés avec deux codes des Impôts qui sont de véritables Larousse. Le Code Général des Impôts compte plus de 2 000 articles !

Ce monstre administratif et souvent répressif, qui compte au total 5 971 000 fonctionnaires, comprend trois parties :

1) la fonction publique d’État. La plus nombreuse avec 51 % de tous les fonctionnaires français dont près de la moitié sont à l’Éducation nationale la partie la plus visible du monstre : 1 470 000 fonctionnaires dont 884 000 enseignants qui trouvent le moyen de laisser, chaque année, sur le trottoir, quelque 300 000 gamins – 40 % des élèves du primaire – en majorité des immigrés, sortant de l’école quasiment illettrés, plus 17 % d’étudiants sans aucun diplôme après plusieurs années de faculté. Pour les bandes armées des banlieues, il n’y a pas de problème de recrutement…

2) La fonction publique territoriale payée par les impôts locaux.

3) La fonction publique hospitalière payée par la Sécurité sociale.

Ces trois fonctions publiques – 25 % de la population active française – coûtent aux contribuables plus de 50 % des prélèvements obligatoires – un record mondial.

Ce n’est pas tout. Il existe une quatrième fonction publique déguisée. Ce sont les syndicats. On croit communément que les syndicats sont là pour contrer les administrations en faveur du bon peuple. Pas du tout. Les syndicats en France sont encore une autre et puissante administration d’État, subventionnés par l’État (le contribuable) et bénéficiant du détachement de milliers de fonctionnaires, y compris de la catégorie A, payés, bien sûr, par l’administration (avancement garanti). Il est bien connu par exemple que le ministère de l’Éducation nationale est dirigé par les syndicats. Ce que l’on sait moins, c’est qu’il en est un peu de même dans la police et – c’est un comble – dans la magistrature. Je rappelle pour mémoire que ces syndicats sont politiques et que le plus important d’entre eux est la CGT communiste. Ce sont des Soviets.

La France est donc pour l’essentiel le résultat de l’addition d’une administration napoléonienne archaïque et d’une administration du type soviétique régie par 520 000 textes officiels dont 50 codes qui constituent un fatras indescriptible et souvent incohérent.
On comprend donc que depuis des années, nos beaux parleurs politiciens assurent au plus haut niveau qu’il faut diminuer les effectifs du monstre. En fait de diminution, voici ce qu’il en est : Fonction publique d’État : entre 1984 et 2005, ses effectifs ont augmenté de 11,6 %. Fonction publique territoriale : entre 1984 et 2005, ses effectifs ont augmenté de 42,6 %. Fonction publique hospitalière : entre 1984 et 2005, ses effectifs ont augmenté de 29,1 %.

On nous raconte maintenant que cette année, ça y est, on va dégraisser le monstre de 22 800 fonctionnaires. Ce qui, à ce rythme, permettra d’avoir une fonction publique « normale » en 132 ans, sauf erreur ou omission de ma part. Thierry Desjardins, ancien rédacteur en chef du « Figaro », lui, avait trouvé mieux. En se basant sur les promesses chiraquiennes du budget 2003, on devait parvenir à un chiffre « normal » en 1 530 ans, ce qui nous reportait en l’an de grâce 3 534.

Bref, la France subit une administration nationale, régionale, départementale, communale, intercommunale, plus l’administration de Bruxelles avec les impôts correspondants, ce qui a fait dire à un bon observateur : « l’agriculture en France est très productive, on y plante des fonctionnaires et on récolte des impôts ».

Voilà une petite partie de la réalité française. Quand on la connaît, on a envie de dire à tous nos Présidents, et autres discoureurs : « Écoutez Messieurs, arrêtez donc de vous f… du monde ».

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(9) Commentaires

  • dede Répondre

    avez-vous compter le nombre de vendeuses de petites culottes en France ? Vous seriez édifié.

    14/01/2011 à 22 h 43 min
  • SAS Répondre

    De préciser……plethoriques, ruineuse et toute puissance……et particulièrement incompétente

    c’est le pire…..donc en bref       I   N   U  T   I   L   E

    education,santé,police,justice,fisc….

    sas

    18/09/2007 à 12 h 44 min
  • VIGNELLO Répondre
    Bonjour,

    Faut-il encore une commission ou simplement un bon chirurgien pour opérer à froid ?

    17/09/2007 à 8 h 49 min
  • Jean-Pierre Répondre

    Celà fait trente ans que je pense et dis que la France est une dictatutre du fonctionnariat,  voilà qui est démontré et prouvé,  seule une révolution totale nous en délivrera.

    16/09/2007 à 22 h 36 min
  • sas Répondre

    Et dire que 1789 , prétendait retirer au sang bleu des privilèges indûs…….alors que toute la technocratie actuelle en jouissent dans la plus grande impunité et honte……savez vous qu’un petit militaire envoyé en outre mer……peut se loger hors caserne moyennant 10% du prix du loyer le solde etant payé par le trésorier payeur……soit sur un loyer de 2000 euros…….un budget uninominal et annuel de 20 000 euros

    Combiens d’enormités de ce genre au sein de la raie publique……à peine mentionné, jamais décompté et au combien couteux….

    il ne faut plus rien payer……jusqu à un retour à la normal…..

    sas

    14/09/2007 à 12 h 54 min
  • Gérard Pierre Répondre

       @wanadoo.fr n’est pas un anonyme, … j’ai simplement omis d’identifier mon "post".

       J’en profite pour recommander à tous les lecteurs et commentateurs de l’article de Christian Lambert un ouvrage bien connu d’Alain PEYRREFITTE, devenu un classique de la littérature politique : LE MAL FRANCAIS.

       L’auteur analyse de manière trés détaillée la toute puissance de la haute administration française et l’impuissance qu’elle génère chez nos élus censés représenter la Vox Populi. Une dictature trés réelle vit et prospère à l’intérieur du système soit disant démocratique et, tel le taenia solium dans un intestin, se repaît copieusement de tout ce qui passe à sa portée.

       L’un des exemples que décrit Alain PEYRREFITTE, particulièrement éloquent, est celui des glaisiers de sa ville de Provins. Bien que travaillant sous terre comme n’importe quels mineurs de fer, de charbon ou de sel ces professionnels de l’extraction souterraine de la glaise sont consédérés comme s’ils oeuvraient dans une carrière à ciel ouvert, ce qui, bien sûr, n’ouvre pas droit pour eux au régime spécial des mineurs, notamment en matière de départ en retraite. Malgré toutes les tentatives de l’élu local qu’il était, la toute puissance du corps des mines s’opposa farouchement à l’accession des glaisiers au statut de mineur. En revanche, lorsque vous achetez un véhicule neuf, de fabrication française, au Luxembourg ( donc trés soigné puisque c’est de l’exportation ) et que vous le réimportez en France dans la foulée, ce véhicule doit " passer aux mines ", pour un coût non anecdotique. Le technicien qui se contente de rédiger un acte administratif pour rendre le véhicule importé conforme aux normes et à la législation en vigueur en France ( tu parles ! ! ! ) a le statut de mineur ! ……….. et ne tient pas à l’étendre au glaisier !

       Questions : aujourd’hui, ………. QUI EST ROI ? ………. QUI DISPOSE DE PRIVILEGES EXHORBITANTS QU’IL NE VEUT PAS VOIR ABOLIR ? …………… et question subsidiaire :  A QUI FAUT-IL " COUPER LA TÊTE " de nos jours ?

    14/09/2007 à 11 h 12 min
  • ESCOFFIER ( 69 ) Répondre

    Liste édifiante à laquelle il serait intéressant de chiffrer le coût et les effectifs de cette autre fonction publique déguisée que constitue la nébuleuse des "associations" subventionnées par les fonds publics, qu’ils soient nationaux ou locaux.

    Bien cordialement.

    13/09/2007 à 16 h 42 min
  • Anonyme Répondre

       Le professeur Cyril Northcote PARKINSON ( ne pas confondre avec le médecin britannique qui découvrit en 1817 la maladie éponyme ) affirmait déja à juste titre, dans les années 1950 que, je cite : " le travail s’étale de façon à occuper le temps disponible pour son achèvement ».

       Cette loi fut exprimée en 1958 dans son livre LES LOIS DE PARKINSON qui, ( et là je cite WIKIPEDIA )  " est basé sur une longue expérience dans l’administration britannique. Les observations scientifiques qui contribuèrent au développement de la loi tenaient compte de l’accroissement du nombre d’employés au Bureau des affaires coloniales, ceci malgré le déclin de l’Empire britannique dans le même temps.

    D’après Parkinson, cela est dû à deux forces :

    1. « Un fonctionnaire entend multiplier ses subordonnés, pas ses rivaux » : il a tendance naturelle a recruter quelqu’un de plus compétent que lui au moins dans un domaine, mais aussi à diviser le travail pour éviter d’être remis en cause par l’un de ses collaborateurs. Il crée ainsi des besoins de coordination interne, qui créent une charge de travail supplémentaire, entraînant l’embauche de collaborateurs supplémentaires. On construit ainsi un système « autarcique » qui va consommer, de manière endogène, une part croissante de l’énergie disponible, conduisant à la deuxième loi :
    2. « Les fonctionnaires se créent mutuellement du travail ». Toute tâche administrative a tendance en effet a occuper tout le temps qui lui est alloué.

    Il nota également que le total des employés d’une administration augmentait de 5 à 7 % par an « indépendamment de toute variation de la quantité de travail à accomplir (le cas échéant) ». Il a en effet pu constater la diminution du nombre de bateaux, indicateurs de la charge de travail de l’administration concernée, était concomitante d’une augmentation du nombre de personnes travaillant dans l’administration. Il a ainsi mis en évidence une maladie fondamentale des bureaucraties administratives.

    Ce « cancer bureaucratique » ne se développe que s’il y a carence de management. En effet, pour y remédier, la seule solution, comme en matière de cancer, c’est l’ablation. Il faut donc qu’un manager (cadre) décide de cette amputation, décide de supprimer les tâches qui se sont créées. L’une des manières de procéder à cette ablation, c’est l’externalisation.

    L’un des corollaires de la loi de Parkinson, c’est que, dans toute situation administrative, on peut économiser périodiquement 20% du temps.

    La loi de Parkinson est aussi utilisée pour évoquer un dérivé de la loi originale en rapport avec les ordinateurs : « Les données s’étendent jusqu’à remplir l’espace disponible pour leur stockage » ; acquérir davantage de mémoire encourage l’utilisation de techniques gourmandes en mémoire. Il a été observé qu’entre 1996 et 2006 l’utilisation de mémoire sur des systèmes évolutifs a tendance à doubler à peu près tous les 18 mois. Heureusement, la quantité de mémoire disponible pour une somme donnée a également tendance à doubler tous les 18 mois (voir loi de Moore) ; malheureusement, les lois de la physique nous assurent que la deuxième loi ne pourra pas se vérifier indéfiniment.

    La loi de Parkinson pourrait être davantage généralisée comme : « La demande pour une ressource s’accroît toujours pour correspondre à l’approvisionnement de la ressource » (s’apparentant alors à la loi de Say).

    Parkinson proposa aussi une règle relative à l’efficacité des conseils d’administration. Il définit un coefficient d’inefficacité dont la variable la plus significative est le nombre de ses membres. "

       Il n’y a donc rien de nouveau sous le soleil, SAUF A EN PRENDRE CONSCIENCE EN VUE D’Y REMEDIER ! ……….. mais là, nous sommes en France, pays des droits de  ………. la CGT, …. et non en Grande Bretagne !

    13/09/2007 à 14 h 16 min
  • Marc Répondre

    Un petit exemple si vous le permettez Mr Lambert, la France, c’est comme vous le dites, 210 000 fonctionnaires aux finances, aux Etats Unis, c’est à quelque chose près le même nombre ! Or les Etats Unis, c’est cinq fois la population de la France, et 18 fois sa superficie ! il en va de même pour l’agriculture . Il y a 30 ans, la France comptait 23 000 fonctionnaires dans ce ministère, mais il y avait à ce moment là, 1 200 000 entreprises agricoles, aujourd’hui, c’est moins de 500 000 entreprises agricoles, mais  c’est 36 000 fonctionnaires ! Que font donc tous  ces fainéants ? Le Ministère des affaires etrangères, compte plus de fonctionnaires que celui des Etats-Unis !

     

    12/09/2007 à 18 h 07 min

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