Une armée inadaptée à notre monde instable (version courte)

Une armée inadaptée à notre monde instable (version courte)

Du Livre blanc et de la Loi de programmation, se dégagent des orientations in­quiétantes quant à l’avenir de notre armée :

  • L’absence d’une volonté politique reposant sur une vision réaliste des menaces qui pèsent sur la France et sur l’Europe.
  • La désorganisation d’une armée, mise à mal par des administrations qui lui imposent des règles de gestion conçues pour des entreprises aux objectifs économiques.
  • La mise à l’écart de la hiérarchie militaire, de moins en moins impliquée dans la définition de la politique de défense.

Les Français et leur gouvernement s’intéressent peu à la défense et à l’armée.

La démobilisation apparaît à travers les chiffres. Les crédits de la Défense, dans les 5 prochaines années, ne dépasseront pas 30 milliards par an, soit 1,5 % du PIB. La cohérence du système militaire d’une nation membre permanent du Conseil de sécurité exigerait le double. Le monde est de plus en plus instable, tous les pays réarment, sauf la France et l’Europe.

D’ici 5 ans, les armées vont perdre encore 35 000 personnes.

Le Livre blanc de 1994 prévoyait :

  • « Les forces projetables de l’armée de terre devront représenter 120 000 à 130 000 hommes… »
  • « La capacité aéronavale devra autant que possible pouvoir être permanente… avec 65 à 70 bâtiments de haute mer… »
  • « Les forces aériennes devront représenter la valeur d’une vingtaine d’escadrons de combat… »

Il est temps d’informer notre pays sur les exigences de sa défense. Il est temps de redonner du sens à la finalité des armées. Ce sens, il appartiendrait aux responsables du destin de la Nation, de le penser et de le promouvoir. En sont-ils capables ?

Le Livre blanc esquive les questions essentielles : quel est l’ennemi ? Quels sont ses modes d’action ? Que voulons-nous défendre et comment ?

Le besoin d’une défense nationale forte est d’autant plus impérieux que les USA se désengagent sur notre continent, que l’Europe de la défense n’est pas crédible et que d’obscures raisons idéologiques font refuser une coopération avec la Russie.

Les armées avaient absorbé les chocs successifs de la disparition du Pacte de Varsovie et du passage à l’armée de métier, parce que le gouvernement les avait laissées libres de leur réorganisation. Ceux provoqués par la révision générale des politiques publiques (RGPP) et la modernisation de l’action publi­que (MAP) s’attaquent à sa logique interne et à sa cohérence. Ils violent le principe de la subordination des services au commandement, sacré depuis la loi Bouchard de 1884. L’armée est confrontée aux oukases d’une technostructure auxquels le politique se plie par intérêt, ignorance ou indifférence.

Le tourbillon de réformes imposées par des technocrates ignorant tout des opérations entraîne un désarroi au sein de la communauté militaire.

Pourtant, la présence de militaires au sein de l’administration de la défense et dans d’autres ministères régaliens, ne garantirait-elle pas aux décideurs politiques une objectivité mise à mal par leurs idéologies ? Un officier qui a passé sa vie à penser la guerre, sur le terrain et en état-major, n’est-il pas mieux préparé à en traiter que le bureaucrate rompu aux arcanes des cabinets ou l’élu d’une sous-préfecture expert ès subtilités politiciennes ?

Les militaires français ont leur part de responsabilité dans cette situation. Par carriérisme ou par scrupule, ils sur-dimensionnent leur devoir de réserve.

Il convient aujourd’hui :

  • de replacer la hiérarchie militaire à sa place, directement sous l’autorité politique, sans l’écran d’une bureaucratie civile incompétente en matière militaire ;
  • de reconnaître la responsabilité des militaires dans les domaines dont dépend la capacité opérationnelle des forces ;
  • d’admettre que l’intendance ne dirige pas, mais suit.

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(2) Commentaires

  • IOSA Répondre

    Le problème c’est de croire que le voisin viendra nous renforcer militairement et donc de pouvoir reduire l’effectif militaire.

    D’ailleurs, c’est ce que pense notre voisin qui fait exactement la même chose….et du coup son voisin le fait aussi.

    Ah ces grands stratèges militaires….ils pensent vraiment pouvoir déplacer sur une ligne front la totalité d’une armée européenne en quelques heures.

    C’est sans doute pour celà que Poutine nous met la tête dans le purin en UK.

    24/04/2014 à 4 h 25 min
  • Claude Répondre

    Oui !
    Tous les Français ont une part de responsabilité dans l’appauvrissement des services de l’État, dont l’Armée, la police et la gendarmerie, la justice et ses services pénitentiaires.
    Pour des raisons électoralistes et comptables, nos élites au pouvoir ne cessent de réduire les moyens de nos forces, notamment en personnels, pour cibler d’autres dépenses, d´penses dites de justice sociale.
    Car c’est le budget de l’État qui est mis à contribution pour financer, tout ou partie, des mille et une aides et prestations en vigueur dans notre pays.
    Les dizaines de milliards d’euros sont ainsi dépensés, chaque année par l’État, pour  » le social, l’amortisseur social, la redistribution des richesses et autres appellations  » sont autant de crédits supprimés pour nos forces armées, nos forces de l’ordre et notre justice.
    L’expression « Vouloir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière. » résume assez bien la situation.
    Ceux qui sont aux manettes cherchent à plaire aux plus nombreux. Ils taillent dans les crédits des ministères, au nom de la rigueur. Ils gèlent les soldes et les traitements.
    Puis, au nom de la solidarité (et pour s’attirer le sourire de leurs électeurs) ils distribuent l’argent public.
    Mais le plus souvent, à la place d’un sourire, les gens leur répondent :  » vous savez, avec ce qu’on me donne… »

    Au final, des milliards d’euros sont dépensés et personne n’est content.

    23/04/2014 à 21 h 55 min

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