Un parti construit sur le déni du réel (PS)

Posté le août 25, 2010, 12:00
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« Le Parti socialiste, en dépit des tentatives de certains de renouveler son discours, est inadapté à la réalité du monde actuel, dans la mesure où il nie la mondialisation et prône une
économie surprotégée
. Si le PS était isolé dans son analyse, ce ne serait pas grave. Mais il reflète ce qu’est la France. Les socialistes ne font pas exception : le débat qui les
traverse est un phénomène général, une partie de notre société ne voulant pas savoir et pas voir que nous avons changé d’époque. Ce qui se passe au PS montre que notre paysage politique renoue
avec le logiciel fort de l’histoire de France. Une partie des socialistes peut rejoindre les communistes et l’extrême gauche, soit un bloc de 20 à 25 % de l’opinion qui se retrouve dans
une gauche radicale, hostile à l’économie de marché.
Un quart de l’électorat, c’était le niveau du Parti communiste il y a 40 ans encore. Une autre moitié du PS pourrait rejoindre,
autour du MoDem, un pôle correspondant à la tradition centriste et démocrate-chrétienne, cet ensemble constituant également 20 à 25 % de l’opinion. Il reste une droite de tradition gaulliste,
étatiste, pesant de 30 à 35 % de l’électorat ce qui fut le score de Sarkozy au premier tour de la présidentielle. Avec cela, comment trouver une majorité capable de faire passer les vraies
réformes ? On en revient à une constante de notre histoire, qui est que la France est un pays ingouvernable… La seule logique de changement serait une alliance entre gaullistes, étatistes
modérés et libéraux, soit entre démocrates libéraux et sociaux libéraux. Mais pour cela, il faudrait que le PS s’efface vraiment de la scène. Dans tous les cas, ce qui arrive au Parti socialiste
est, d’une certaine manière, rassurant : l’effondrement de la formation lancée à Epinay en 1971 prouve qu’on ne peut pas construire durablement un parti politique sur le mensonge, sur le
déni du réel. »
Jacques Marseille. C’était en 2008 , l’analyse n’a pas pris une ride…