Valls, les frondeurs et la haine de l’entreprise

Valls, les frondeurs et la haine de l’entreprise

Mardi 16 septembre, Ma­nuel Valls a obtenu sans surprise la confiance de sa majorité – que l’on imaginait mal se saborder en courant le risque d’une dissolution.

Sa majorité est plus étroite qu’en avril dernier (269 votes pour la confiance, à comparer aux 306 du 8 avril). Et cette majorité n’est plus absolue – ce qui n’était pas arrivé depuis plus de 50 ans.

Mais c’est surtout sur le fond que les « frondeurs » – c’est-à-dire, en français courant, l’extrême gauche – ont gagné la bataille idéologique qui les opposait à la « tentation » social-démocrate.

C’est ainsi qu’on a pu entendre le Premier ministre déclarer : « Le pacte, ce n’est pas un moyen d’augmenter les dividendes ou les plus hautes rémunérations. » Le simple fait qu’il le dise suffit à prouver qu’il pense, malgré ses dénégations, que le risque existe. Ce qui suffit à prouver qu’il ignore tout de l’entreprise. D’ailleurs, ce qu’il a ajouté sur la mise en place d’un comité de suivi des aides publiques, chargé de « fliquer » les entreprises, le confirme.

Il faut donc dire, et redire, que réduire les taxes, ce n’est pas un cadeau aux entreprises. Et il faut dire, et redire, que les entreprises n’embauchent ou ne débauchent pas par idéologie.

Elles embauchent et débauchent quand elles en ont besoin. C’est élémentaire, mais on ne le comprend toujours pas au PS.

Ne connaissant de l’entreprise que le Medef, le Premier ministre imagine qu’il suffit de faire une réunion et de négocier telle aide contre telle embauche. Mais, dans les « vraies » entreprises, cela ne se passe pas comme cela : il n’y a aucune aide à négocier et, pour le moment, aucune capacité à embaucher, faute de commandes.

Par ailleurs, tout se passe comme si, en France, on estimait que toute imposition inférieure à 100 % était un « cadeau » aux contribuables.

Et il est insupportable de constater que l’opposition ne répond jamais ou presque à ces dérives profondément collectivistes.

Il n’est donc pas vrai que le gouvernement Valls II soit « social-libéral ». Et, de façon générale, l’immense majorité des politiciens français ne comprend rien à l’entreprise. Pour eux, cette dernière n’est qu’une vache à lait qui a l’avantage, par rapport aux autres contribuables, de ne pas voter. Ils ont l’air d’ignorer que la montée du chômage vient essentiellement de la haine des pouvoirs publics à l’encontre des entreprises. Oui, décidément, l’aile gauche du PS domine largement le débat public. Pour notre plus grand malheur.

Jean Rouxel

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(3) Commentaires

  • René de Sévérac Répondre

    Jean, « les « frondeurs » – càd, l’extrême gauche » :
    pas du tout; les frondeurs (ne pas rire) sont des élus du Parti dit-socialiste dont les électeurs le sont (quelque soit la sémantique du mot).

    25/09/2014 à 11 h 28 min
  • Boutté Répondre

    C’est qu’il y a si peu de personnes, au P.S., qui aient tâté de l’Entreprise . . . ou alors ce sont des gens qui les ont mises en loques, comme la SNCF ou AREVA pour ne citer que les plus connues .

    25/09/2014 à 7 h 57 min
  • DeSoyer Répondre

    Bonjour Monsieur Rouxel,
    Dans mon bouquin à paraître début octobre « Economie ou socialisme: il faut choisir », j’essaie de mettre en place la (ou les) pistes pour sortir de tous ces dilemmes.
    Il y a en particulier ce que j’appelle le grand paradoxe de l’économie.
    Je n’en dis pas plus. Aux édtions Godefroy de Bouillon sans doute vers le 6 ou 7 octobre.

    24/09/2014 à 13 h 28 min

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