Vive la presse d’opinion !

Vive la presse d’opinion !

la maladie de la presseJean Madiran est un vieux routier de la presse non-conformiste. L’épuration des années 1944-1945 venait à peine de s’achever qu’il participait à la création de « Rivarol ». En 1956, il lance la revue « Itinéraires », fer de lance de l’opposition catholique au communisme en France – cette revue eut « les honneurs » d’une condamnation par l’épiscopat français pour avoir osé dire que ses lecteurs et chroniqueurs comprendraient les décisions du concile Vatican II en conformité avec la Tradition ! Enfin, en 1981, il lance le quotidien « Présent » qui, depuis ce jour, est le seul quotidien  de l’opposition nationale.
Et qui, pour cela, a lui aussi les honneurs du régime « abracadabrantesque » de la presse en France. Il existe, par exemple, dans notre pays une aide gouvernementale pour les quotidiens à faibles ressources publicitaires. Il n’est point besoin d’être devin pour savoir que c’est le cas de « Présent ». Eh bien ! Avec l’arbitraire qui caractérise le régime français de la presse, « Présent » n’a pas droit à cette subvention… quand naturellement « L’Humanité » (aux ressources publicitaires substantiellement plus importantes) y a droit !

Bref, Jean Madiran est un excellent connaisseur de la presse. Et lorsqu’il publie un petit ouvrage sur « La maladie de la presse écrite », cela vaut la peine de l’entendre.

L’auteur part de cette déclaration récente et impressionnante de Jean-François Kahn, le « patron » de « Marianne » : « Si nous étions dans une économie de marché, il n’y aurait plus de quotidiens. » Pourquoi ? Tout simplement, parce que la vente au numéro et la vente par abonnement sont, ensemble, très loin de couvrir le prix de revient d’un quotidien.

Conséquence : la presse écrite est de plus en plus étroitement dépendante, au plan économique, de la publicité. Madiran cite ce chiffre effarant : 80 % des recettes du « Figaro » proviennent de la publicité ! Mais, on peut faire mieux encore : avec les quotidiens gratuits, 100 % des recettes viennent de la publicité ! Ce système inventé par Émile de Girardin pour diminuer le prix de vente de ses journaux et donc augmenter son lectorat se retourne désormais contre la presse. En effet, la publicité a maintenant ses exigences – y compris des exigences éditoriales.

Ces exigences sont très simples ; elles tiennent en une phrase : nous sommes passés d’une liberté d’opinion à un droit à l’information.
Bien sûr, si l’on n’y prend pas garde, la chose peut passer inaperçue. Elle peut même être applaudie. Qui serait contre le « droit à l’information » ? Le problème, c’est qu’il n’existe pas d’information sans informateur, ni informé. Et que, par conséquent, il n’existe pas de fait brut. Il faut au minimum que l’informateur choisisse de traiter de ce fait-ci, plutôt que de cet autre. Autrement dit, tous les journaux de la « grande presse », qui se gargarisent d’être des journaux d’information – laissant aux « ploucs » comme nous le soin peu recommandable d’être une presse d’opinion – sont en réalité autant que nous une presse d’opinion. La différence, c’est qu’ils ne l’assument pas, qu’ils le cachent et donc qu’ils mentent à leurs lecteurs.

Pour notre part, aux « 4 Vérités », nous sommes fiers d’être une presse d’opinion. Nous confessons sans honte que nous ne parlons pas « objectivement ». Nous essayons d’écouter nos adversaires et de comprendre ce qu’ils disent, mais nous ne cessons pas pour autant de les tenir pour des adversaires.

La presse française contemporaine a perdu le goût de la controverse. Mais, cette controverse est nécessaire à la vie des idées. Et d’ailleurs, on voit dans quel état l’atonie de la « grande presse » laisse la vie des idées en France. Tout le débat culturel se résume à des querelles artificielles entre « penseurs » télégéniques. Trop occupés à gérer leurs relations presse, ces géniaux penseurs n’ont plus le temps de réfléchir…

Oui, il faut savoir que la presse française est malade ; et savoir pourquoi. Alors, nous pourrons proposer une reconquête efficace. Et d’abord avec une presse qui accepte d’être une presse d’opinion. Qui reconnaît avoir une grille d’analyse (à droite toute pour nous, soit dit en passant !…) et qui ne prétend pas seulement « informer » ses lecteurs, mais bien participer au débat public.
Quand nous aurons à nouveau compris que le débat n’est pas le mal absolu, alors la vie intellectuelle renaîtra en France. Le plus tôt sera le mieux !

Jean Madiran
Enquête sur la maladie de la presse écrite
Via Romana
61 pages – 12 euros
Éditions Via Romana :
5 rue du Maréchal Joffre
78000 Versailles

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Comments (3)

  • VITRUVE Répondre

    AVE

    Jean ClaudeThialet ,  Il peut paraitre  étonnant , pour le nouveau lecteur, qu’ici, personne ne reprenne ni surenchère les arguments que vous développez dans vos 4e et 5e paragraphes…

    La censure est là, même aux 4V où elle sévit régulièrement, censure rendue quasi-obligatoire en notre pays, de peur de l’ostracisation immédiate et des embêtements sans fin, on préfère donc ne plus donner la parole sur ces sujets brûlants qui vont bien finir par éclater en plein jour, mais à quel prix? Il est malheureusement devenu juste de dire que dans notre beau pays de France, la liberté de parole est plus surveillée qu’aux Etats unis

    et si on affirme que la pluspart des plaintes enregistrées aprés guerre pour  viols concernaient les troupes de libération et les résistants de la 23e heure, on risque quelque chose?

    cordialement

    VALE

    11/11/2008 à 18 h 42 min
  • Jean-Claude THIALET Répondre

    "Les-4-Vérités"    – 09 11 08

    Que Guillaume de THIEULOY me pardonne, mais il y a une phrase importante de son article que je n’avais pas relevée :

    "Ces exigences sont très simples : nous sommes passés d’une liberté d’opinion à un droit à l’information." (fin de citation)

    Tout est là dans la crise de la presse dite "d’information" : c’est justement que si elle n’a plus d’opinion (au singulier comme au pluriel), elle ne donne pratiquement plus d’informations. Et cela dans tous les domaines. Outre qu’elle est faite le plus généralement de dépêches "passe-partout" d’Agences auxquelles tous les "grands" quotidiens ont accès  – ce qui fait qu’on y retrouve les mêmes informations –  elle prend ses informations aux mêmes sources, généralement officielles, sans se soucier d’y apporter la contradiction et son éclairage personnel ce qui ne l’obligerait pas à se départir de l’objectivité qu’on est en droit d’attendre d’une presse dite d’infomation.

    L’exemple le plus flagrant est celui de la Santé, de la Médecine, où, depuis des lustres, les quotidiens et les news (pour ne citer qu’eux) ont distillé à leurs lecteurs (particulièrement à leurs lectrices, oserai-je écrire !) les vérités de l’Ordre des Médecins (en oubliant que celui-ci avait été créé sous Vichy !)  et des grands Laboratoires sans se soucier de la mise en danger de la santé des patients (qui sont aussi leurs lecteurs) par les médicaments et les vaccins ! Idem pour tous les aliments de l’industrie alimentaire qui fournit le gros bataillon de ses annonceurs ! Un exemple : le public commence à connaître les dangers de l’Aspartame contenu dans les produits "light". Aucun quotidien n’a eu le courage de prendre la tête d’une croisade pour interdire ce poison. Idem pour les OGM dont ont connaît au moins les ravages (pas seulement pour les sols !) dans des pays comme l’Argentine (pays où 50% des terres cultivables sont ensemencées de soja OGM) et le Canada. On est loin du "J’accuse de Zola !"

    Ce qui précède n’enlève évidemment rien au fait que, comme l’écrit Guillaume de THIEULLOY, les Françaises et les Français ONT DROIT A L’INFORMATION. Mais on le sait, dans notre République bananière, plus on accorde officiellement de droits aux citoyennes et aux citoyens, moins ont leur permet de les exercer. Le seul droit qui leur reste étant de voter pour les partis gouvernementaux, et de dire OUI chaque fois qu’ils font mine de nous consulter ! On se souvient du référendum pour le Traité de Constitution européenne où l’électorat qui avait voté majoritairement NON s’est retrouvé berné par le Traité de Lisbonne sans que cela déchaîne l’ire (au nom du respect des citoyens !) des prétendus grands journaux …

                              Cordialement, Jean-Claude THIALET

    09/11/2008 à 17 h 17 min
  • Jean-Claude THIALET Répondre

    "Les-4-Vérités"    – 08011 08

    Pour avoir été journaliste (c’était il y a 52 ans, ce qui me rajeunit  !), et être un des plus anciens lecteurs de "RIVAROL" (1), je pense avoir mon mot à dire sinon sur la "presse d’opinion", du moins sur "RIVAROL" qui en est selon moi l’un des modèles.

    Contre vents et marées, et malgré des procès continuels(2), sans jamais se déjuger  – ni d’ailleurs à avoir à se déjuger ! –  "RIVAROL" a maintenu courageusement le cap, celui d’un journal "d’opposition nationale", puis "d’opposition nationale et européenne", pour dénoncer la dictature du "politiquement correct" et de la "police de la pensée", mais aussi les errements, la gabegie, et l’impéritie de tous nos gouvernants, ceux de la prétendue "droite", comme ceux de la gauche…. Tandis que les lobbies habituels, mais aussi les gens du Puvoir acharnés à sa perte, multipliaient les provocations…

    Le dommage, c’est que les électeurs de la Droite nationale qui représentent quand même un bon 10 % en période de basses eaux, l’ignorent complètement au profit d’autres "titres" qui déblatèrent sur la "Droite nationale",  tandis que les responsables des mêmes partis de cette même "Droite nationale" lui cherchent régulièrement querelle à la moindre critique. Sans parler du fait que les prétendus "grands médias", au mieux l’ignorent (cela n’est d’ailleurs pas propre à "RIVAROL"), au pire, quand ils ne peuvent pas faire autre chose que de le (les) citer, le(s)  qualifient de "journal(aux) d’extrême droite"ou de "pétainiste(s)", en extrayant d’un article un mot ou une phrase qui, sortis de leur contexte font peur au bon peuple asservi par l’Education nationale et la presse chloroformée…. Pratiquant à son(leur) égard la même politique d’ostracisme que celle qui a si bien réussi contre Jean-Marie LE PEN !

    Un exemple du mépris et de l’ostracisme dont "bénéficient" les hebdos qui se situent à la Droite nationale, est donné par "MINUTE". Il y a quelques années, cet "hebdo" fondé par feu Jean-François DEVAY avait été le premier (et le seul) à annoncer  – photos à l’appui – l’existence de Mazarine et le fait qu’elle était élevée "aux frais de la République". La "grand presse" avait attendu quelques années  – après que "Le Canard Enchaîné se soit décidé à en parler ! – pour dévoiler cette "information". C’est d’ailleurs à l’honneur de "FRANCE-3" (dans une émission présentée par Marie DRUCKER) d’avoir mentionné récemment cette "rétention" d’information…

    Que l’on me permette enfin, puisqu’il est question de "presse d’opinion" de citer ces mots de Michel DRUCKER (l’oncle de la précédente !) qui, venu au Québec pour faire la promotion de son dernier livre, avait déclaré sans rire au "DEVOIR" (16 février 2008) : "La véritable pipolisation vient de la presse d’opinion" (sic), "La presse d’opinion a franchi la ligne jaune" (resic !). Quand j’aurais précisé que par "presse d’opinion" le célèbre présentateur de FRANCE-2  entendait des hebdomadaires comme "Le Nouvel-OBS" et "L’EXPRESS" qui avaient révélé des aspects de la vie privée de Nicolas SARKÖZY ! "Presse d’opinion" qualifie sans rire Michel DRUCKER  des "news" qui traitent de l’actualité –  notamment de l’immigration – et de l’Histoire en se gardant bien de franchir la ligne jaune, en évitant soigneusement les "sujets qui fâchent". La "ligne jaune" ? Cette ligne invisible tracée notamment par la Loi FABIUS:GAYSSOT aggravé RAFFARIN/LELOUCH" et dont la Halde est devenue le gendarme. Des "news" qui n’osent plus depuis longtemps s’aventurer sur certains terrains. Ceux touchant notamment à certaine "mémoire" ou à certains "lobbies".

    Quant aux prétendus "grands quotidiens"  – particulièrement les quotidiens dit nationaux – ils sont généralement sans odeur et sans saveur sur tous les sujets politiques, ou sociétaux, et aux moeurs. Allant jusqu’à gommer généralement certains prénoms (je ne parle bien entendu pas des noms) liés à l’immigration dans les faits divers. Peut-être par crainte d’effaroucher la HALDE, ou de susciter de nouveaux électeurs pour le FRONT NATIONAL….Si la presse quotidienne se meurt, elle le doit certes à ses frais tant de fabrication que de distribution, elle le doit surtout au fait qu’elle n’a pas su – ou voulu – choisir un axe éditorial qui personnalise chaque titre. Comme le faisaient avant la Seconde Guerre Mondiale les grands quotidiens nationaux. Il est vrai qu’ils n’avaient pas la concurrence de la Radio, de la Télévision et d’Internet. Mais s’ils avaient eu une ligne éditoriale – une véritable "âme" -, s’ils en avaient comme on dit vulgairement, ils auraient pu se constituer un important lectorat qui les suivrait vers de nouvelles aventures sur Internet. Et il est lamentable que le Président de la République ait dû se pencher sur leur avenir….Ce dont tous les grands éditeurs auraient dû rougir au lieu de s’en réjouir ! Ce qui prouverait  – s’il en est besoin – combien les quotidiens nationaux, même ceux qui se prétendent "de gauche" son inféodés au Pouvoir. Que ce pouvoir soit de "gauche" ou "de droite". 

    Un mot encore : pour ce qui concerne "LES-4-Vérités" dont j’apprécie la grande liberté de ton aussi bien sur le papier que sur la Toile, en le comparant à "RIVAROL", je dirai que celui-ci est un "JOURNAL D’OPINION" tandis que celui-là est un "JOURNAL D’OPINIONS" (au pluriel !). Ne serait-ce que parce qu’on peut y trouver parfois côte à côte deux ariicles d’opinions divergentes, voire même opposées. Selon moi, "LES-4-VERITES" est une sorte d’auberge espagnole où chaque rédacteur vient exprimer ses propores opinions, sans avoir le souci d’une ligne électorale. Pas même celui se "fâcher" un de ses voisins de pages ! Ce qui est sans doute unique dans la presse au moins française !

                         Bon dimanche à toutes et à tous, cordialement, Jean-Claude THIALET    

    (1) sinon par l’âge, du moins sur la durée : je rappellerai que "RIVAROL" a été fondé en février 1951 par René MALLIAVIN, et je suis un fidèle lecteur depuis avril 1952. http://www.rivarol.com

    (2) Dernier en date des procès faits à "RIVAROL". La parution ce 29 octobre devant la Cour  d’Appel de Paris de Jean-Marie LEPEN, de Camille GALIC (directrice de "RIVAROL" et du journaliste Jérôme BOURBON. Camille GALIC et Jérôme BOURBON avaient été condamnés respectivement à 5000 euros et 2000 euros d’amende sans parler de lourds dommages & intérêts et de frais de publication dans trois quotidiens nationaux. Tout cela pour avoir reproduit (le 7 janvier 2005) des propos du président du Front  national sur le fait que, selon lui, pendant la Seconde Guerre Mondiale, la France avait été le pays  – je cite – qui a le moins souffert de l’Occupation" (sic) et que "en France du moins, l’Occupation allemande n’avait pas été particulièrement inhumaine". (resic). A  noter que  "RIVAROL" n’ayant pas une grande audience, c’est un article de Christiane CHOMBEAU dans "LE MONDE" qui avait lancé ce nouveau "scandale" une semaine plus tard. L’Arrêt de la Cour d’Appel sera rendu le 7 décembre… Mais il est plaisant de relever que, à la fin de ce nième procès intenté à "RIVAROL", un journaliste de CANAL + avait interrogé – quelque peu inquiet –  l’avocat de l’hebdomadaire : "Le PEN ayant répété à l’instant devant notre caméra ses propos sur l’Occupation, est-ce que je risque moi aussi d’être poursuivi ?" (fin de citation). Etonnez-vous après cela que, sous l’épée de Damoclès de procès d’opinion, il y ait encore une … presse d’opinion au "pays des Droits de l’Homme" dont les dirigeants ne cessent d’aller donner des leçons de démocratie et de droits de l’Homme , et de libertés, jusque dans des pays où on a encore le droit de donner son avis sur des faits qui remontent à plus de soixante ans.

    08/11/2008 à 23 h 02 min

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