Vœux de Hollande : vous avez le bonjour de Sirius !

Vœux de Hollande : vous avez le bonjour de Sirius !

Les vœux de François Hollande ont été abondamment commentés. La plupart des commentateurs se demandent doctement s’il faut ou non parler d’un virage « social-libéral » – ce qui est manifestement le nouveau mot pour désigner ce que l’on appelait naguère « social-démocrate », c’est-à-dire à la fois attaché à l’économie de marché et à la redistribution.

S’il s’agit bien, effectivement, d’attachement à l’économie de marché et à la redistribution, François Hollande est bien « social-libéral » – comme d’ailleurs la quasi totalité de la classe politique française. Les seuls qui ne le soient pas sont les politiciens d’extrême gauche, qui rejettent toujours l’économie de marché.

Dans le cas de Hollande, le curseur est nettement du côté de la redistribution, et très peu du côté des libertés économiques. Les prétendus « ca­deaux » aux entreprises, d’une part, sont prélevés par l’impôt et ne sont donc pas des cadeaux et, d’autre part, sont des usines à gaz impraticables pour les PME.

Prenons l’exemple du crédit d’impôt compétitivité emploi, présenté com­me la plus belle manifestation de l’amour des néo-socialistes pour l’entreprise (au passage, je rappelle que cette prétention à réformer le socialisme n’est pas « nouvelle » : nous avons déjà connu des néo-socialistes ; ce sont ceux qui ont suivi Marcel Déat dans la collaboration avec l’Allemagne, elle aussi néo-socialiste, d’Adolf Hitler…).

Ce fameux CICE coûte la bagatelle de 20 milliards d’euros, naturellement prélevés sur les entreprises et sur les particuliers (qui sont les investisseurs et les consommateurs), et non sur des économies de la sphère publique. Il n’est qu’un crédit d’impôt et non un allégement de charge. Ce qui, une nouvelle fois, laisse supposer que tout appartient à l’État qui, dans son incommensurable mansuétude, veut bien nous autoriser à profiter de ses largesses. Et ce qui implique surtout que les hypothétiques recettes sont encaissées bien après le paiement des charges alourdies. Les entreprises françaises auront la joie de mourir en sachant qu’elles ont une créance sur l’État. Et je ne parle pas des difficultés déclaratoires : il est évident que seuls les grands groupes, disposant de conseillers juridiques et fiscaux, pourront profiter de cette merveille jaillie de la cervelle fertile de nos technocrates.

Oh, bien sûr, je me réjouis que François Hollande s’aperçoive enfin que « les impôts sont devenus lourds, trop lourds ». Mais à qui la faute, si ce n’est au socialisme triomphant depuis 1974 ?

Comment ne pas voir à quel point François Hollande vit loin du monde réel ? Il dénonce sans cesse des effets, dont il est le premier à aggraver les causes.

C’est bien gentil de dénoncer le chômage, mais si on assassine les entreprises, n’est-on pas un peu responsable du chômage ?

C’est bien gentil de dénoncer les impôts, mais si on alourdit la sphère publique de plusieurs dizaines de milliards en moins de deux ans, n’est-on pas un peu responsable de cette charge fiscale insupportable ?

La meilleure preuve que François Hollande vit sur une autre planète consiste dans sa description de la crise.

Nous apprenons ainsi, avec jubilation, que « l’Europe a réussi, enfin, à surmonter la tourmente financière qu’elle traversait depuis 2008 » (crise, dont je rappelle que François Hollande la niait lors de la campagne de 2012 !). Mais, moins de 5 lignes plus loin (!), le chef de l’État nous explique : « Mais l’année 2013 a aussi été difficile pour beaucoup d’entre vous et pour le pays. Parce que la crise s’est révélée plus longue, plus profonde que nous l’avions nous-mêmes prévu. »

Manifestement, il regarde les Français de bien loin – un peu comme un enfant contemple une fourmilière. Il ne comprend rien de leurs préoccupations ; il s’en moque d’ailleurs tout à fait ouvertement. Mais cela ne l’empêche pas de les observer… depuis Sirius, bien à l’abri de son statut ultra-protecteur de nanti qui n’a jamais rien risqué de sa vie, mais a des idées très approfondies sur la nécessaire prise de risques !

J’ajoute que, pour parler de « tournant social-libéral », il faut « ou­blier » la présence de l’extrême gauche dans la majorité actuelle. Il faut aussi ne pas avoir lu tout le discours. On y trouverait, en particulier, cette affirmation ahurissante : « La sécurité sociale est notre bien le plus précieux ». Pour ce qui me concerne, je préfère infiniment ce qui me reste de libertés à toutes les sécurités sociales du monde.

Il est vrai que, décidément, je ne suis pas mûr pour être socialiste, fût-ce sous la plaisante appellation de « social-libéral » !

Guillaume de Thieulloy

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(3) Commentaires

  • quinctius cincinnatus Répondre

    nous apprenons avec jubilation dit l’auteur de l’article … que  » l’Europe a traversé la crise de 2008  » dit François, ce qui n’est pas du tout l’avis d’un prénommé Mario qui est, lui, aux manettes et surtout au … charbon et souvent même les mains dans le cambouis

    09/01/2014 à 19 h 49 min
  • jean Baud Répondre

    Pardonnez moi,mais il manque une partie de mon commentaire :.Aurait affirmé que la sécurite sociale était notre bien le plus précieux

    08/01/2014 à 17 h 41 min
  • jean Baud Répondre

    Dans votre texte qui traite de plusieurs aspects ,vous citez que dans sa déclaration FH aurait affirméétant donné les précédentes incursions et manipulations de ce monsieur dans tous les domaines y compris nos plus je voudrais préciser les valeurs qui sont miennes-et largement partagées je le sais- en ordre décroissant:. D’abord la vie qui m’appartient en propre si j »ose dire puisque donnée par mes parents ,en second lieu mes libertés que j’entends défendre farouchement pour ce qu’il en reste encore,voire les reconquérir,ceci pour ne parler que des deux premieres,alors la sécurité sociale de Monsieur FH je m’en bats l’oeil,méme que j’en souhaite ardemment la disparition au profit de garanties plus adaptées,librement consenties et moins couteuses…

    08/01/2014 à 17 h 35 min

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