46eme congrès de la CFDT : L’impossible réformisme

Posté le juin 14, 2006, 12:00
3 mins

Après la CGT, c’est au tour de la CFDT d’ouvrir son 46e congrès, lundi 12 juin. Les constats que nous avions faits fin avril (voir notre n° 541: Syndicats, médias : La France otage de l’extrême gauche) n’ont hélas ! rien perdu de leur validité, mais ils prennent ici une tournure différente, puisque la CFDT se déclare « réformiste ». Pourtant, réformisme ou pas, la réalité politique est la même à la CFDT et à la CGT : les militants sont très sensibles aux sirènes de l’extrême-gauche.

À la CFDT, cela se traduisit par une hémorragie après l’acceptation par Chérèque de la loi sur les retraites (on estime que 10 % des adhérents avaient alors démissionné), et par un succès avec l’attitude « dure » à l’occasion de la crise du CPE (fermeté qui serait largement responsable des bons scores de la CFDT lors des élections professionnelles à la SNCF). Pourtant, la CFDT dispose, dans le monde syndical, d’un avantage substantiel : c’est le syndicat comptant le plus d’adhérents (un peu moins de 810 000) et surtout le syndicat le mieux implanté dans le privé.

On pourrait donc raisonnablement espérer que son objectif soit de défendre les salariés et non de répandre une idéologie. Malheureusement, ce n’est pas le cas. La raison en est toute simple : elle tient à l’organisation du syndicalisme en France, avec le monopole de « représentativité », d’une part ; et l’accès aux lucratives prébendes du paritarisme, d’autre part. Il est bien connu que seuls cinq syndicats (CGT, CGC, FO, CFTC et CFDT) sont « représentatifs » des salariés (quand bien même ils ne regrouperaient pas, à eux cinq, plus de 3 % des salariés du privé !).

Mais, la représentativité a ceci d’intéressant que ces cinq là se répartissent les postes au sein des organismes paritaires (Sécu, caisses de retraite…). Institutions qui réalisent le tour de force d’être encore plus soviétoïdes que les monopoles para-étatiques, puisqu’elles sont co-dirigées par des hauts fonctionnaires et des syndicalistes, ce qui donne lieu à toutes sortes de surenchères et de blocages… Les prébendes doivent être bonnes car, bien que le paritarisme montre chaque jour un peu plus son échec (voir les annonces de grève des intermittents du spectacle, toujours pas satisfaits par les accords avec l’Unedic), les syndicats donnent toujours dans la démagogie pour obtenir quelques points de plus aux élections professionnelles et donc peser un peu plus dans les négociations entre syndicats « représentatifs ». Il faut avouer qu’entre le trotskisme des militants et le charme des conseils d’administration de la Sécu, il y a peu de place pour le réformisme…

3 réponses à l'article : 46eme congrès de la CFDT : L’impossible réformisme

  1. Jean-Claude lahitte senior

    17/06/2006

    Merci à Jean Rouxel d’avoir si bien rappelé certains faits, certains chiffres. J’eusse aimé qu’il rappelle que les Syndicats « français » vivent essentiellemen grâce aux subventions gouvernementales (payées par les contribuables à l’insu de leur plein gré !. Ce qui ne les empêchent pas de paralyser à tout bout de champ le pays pour des grèves (baptisées « journées d’action ») (1) pour des motifs essentiellement politiques. J’eusse aimé aussi que l’auteur de cet article dénonce l’exclusivité accordée aux syndicats prétendus « représentatifs » (du fait qu’ils seraient issus de la « Résistance) (2)et qu’il nous explique comme, « Sud », syndicat anti-réformiste s’il en est, a pu se glisser parmi ces syndicats. Et qu’il s’inquiète de savoir comment des syndicalistes peuvent bafouer impunément aussi les lois du Travail que les Lois tout court (notamment en matière de liberté du travail) sans qu’aucun action judiciaire ne soit entreprise à leur encontre. Ce qui permettrait aux contribuables de récupérer sous formes d’amendes, une partie de leur argent … Sans doute le camarade « Jaurès » pourra-t-il nous l’expliquer ! (1) baptisées ainsi sans doute par des grévistes qui ne se manient le « popotin » que pendant les grèves ! (2) il est assez cocasse de voir figurer en tête de ces « syndicats réformistes,issus de la Résistance », la CGT dont on devrait savoir que, en 39/40, elle avait appelé au sabotage de nos usines d’armememnt et que, non contente de cela, elle avait – au moment de l’entrée des Allemands à Paris, après l’Armistice – invité les ouvriers à fraterniser avec les soldats allemands ! Faits que l’on se garde bien de rappeler dans les manuels scolaires rédigés il est vrai par des marxistes, ou sous leur égide …

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  2. sas

    16/06/2006

    Sujet, nombriliste,minoritaire,non représentatif…..et ininteressant….et pourquopi pas la vie du bigornot et du bousier afrixcain…sur ce site… la cgt et la cfdt PFFFFFFFTTTT!!!!! sas qui dit que seuls les syndicats d’entreprise peuvent exister.

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  3. Scottkiller

    16/06/2006

    A quand des syndicats par entreprise qui défendent les interets des salariés de chaque entreprise puisque nous avons des conventions collectives pour chaque boite ?? Tous ces syndicats me font gerber, ils sont tous à gauche, ils sont ultra minoritaires dans les entreprises. Je ne me reconnais dans aucun d’eux. Pourtant il faut des représentant du personnel, comme nous avons dans ma boite, ils n’ont aucune étiquette. Là dans ces conditions je peux me syndicaliser !!! Pour moi la CFDT, FO, CGT, ce sont tous des syndicats des entreprises publiques qui gèrent leur carrière et le pognon des cotisants et de la boite dans leur propre interet. Pour moi, toutes les entreprises da l’état devraient faire comme l’armée : se taire. Comme ça de moins en moins de gens voudraient devenir fonctionnaire !!! et on assainirait les boites publiques.

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