Aimez-vous les uns les autres…

Posté le mai 19, 2020, 3:55
8 mins

Le précepte de s’aimer les uns les autres est bien connu, mais rarement respecté. C’est aussi le commandement fondamental du christianisme prononcé par Jésus-Christ lui-même, à la veille de sa Passion.

Il fut le premier pas de la civilisation dans un univers fait de conflits incessants que les Dix commandements, donnés par Moïse au peuple juif et, au-delà, à l’humanité tout entière, furent impuissants à éviter. Le commandement « Aimez-vous les uns les autres », aussi peu suivi qu’il fût, épargna cependant un grand nombre de vies, dans un monde où la paix était l’exception. La guerre était la règle. Je pourrais en citer des milliers d’exemples. Je me limiterais ici aux Gaulois, nos ancêtres, que j’aime bien, mais qui n’en étaient pas moins des centaines de tribus qui s’entre-tuaient, avec pour horizon la jarre de vin achetée aux Romains que, souvent, ils oubliaient de payer. En commettant quelques autres « incivilités » comme le pillage de Rome. Ils ignoraient l’écriture et l’architecture. Ils ne respectaient rien, si bien que le sénat à Rome fit appel à un certain Caius Julius, issu d’une famille patricienne qui avait la réputation d’être un bon militaire et le prouva. Il devint Jules César qui, installé dans la belle petite ville d’Autun (Augustudunum), écrivit ce qu’il pensait des Gaulois, nos ancêtres, à qui il apporta la civilisation – merci à Rome, qui civilisa aussi l’Europe, le bassin méditerranéen et ce qu’on appelle aujourd’hui le Proche et le Moyen-Orient.

Le christianisme consolida l’œuvre romaine qui repoussa les barbares et enseigna la paix, répétant le message : « Aimez-vous les uns les autres. » Sans doute ce message fut-il fort peu entendu, les deux guerres mondiales encore proches et leurs dizaines de millions de victimes en témoignent. Mais, plus grave encore fut un autre commandement – et c’est là où je veux en venir –, qui apparut au XIXe siècle : la lutte des classes, que l’on peut résumer par « Détestez-vous les uns les autres. »

Karl Marx en fut l’inventeur qui enseigna que, si les pauvres étaient pauvres, c’est qu’ils avaient été dépouillés par les riches. La justice est donc pour les pauvres de retrouver ce qui leur a été volé par les riches. La société a été, selon Marx, divisée en classes : la classe de pauvres qui doit lutter contre la classe des riches. Ce commandement « social » engendra une idéologie qui se politisa et engendra les partis socialistes et communistes. Ces partis doivent rester mobilisés dans la lutte des classes et ainsi « faire le genre humain ». Les inventeurs de cette idéologie qui repose sur des sentiments innés chez l’homme, la jalousie et l’envie, prirent le pouvoir dans presque la moitié de l’humanité. On en connaît le résultat : des dizaines de millions de victimes, en Russie, en Chine, en Corée, au Vietnam ou à Cuba, ainsi qu’en Europe de l’Est. Le bilan de ces dictatures a été dressé, je le rappelle, par le dernier ouvrage du Professeur Bruno Riondel (cf. « Les 4 Vérités » n° 1237) que l’on peut compléter utilement par la lecture, sur le même sujet, d’un autre historien, Stéphane Courtois : « Le livre noir du communisme ».

Bref, le comportement actuel de l’humanité a toujours lieu selon ces deux commandements : « Aimez-vous les uns les autres » qui procède de l’amour et « Détestez-vous les uns les autres », entretenu par la lutte des classes, qui procède de la haine.

Ayant séjourné plusieurs années dans un pays communiste en guerre, comme chef de poste diplomatique, j’ai pu chaque jour observer ce qu’était la société communiste produite par la lutte des classes : tueries, arrestations, incarcérations et camps de concentration.

Je me souviens du cas de mon cuisinier qui avait commis l’erreur de procéder à ce qu’on appelle aujourd’hui du harcèlement sur une servante de l’ambassade. Celle-ci porta plainte. Le cuisinier fut arrêté et mourut en prison.

Pour être honnête, il faut reconnaître aussi que la société libérale tolère beaucoup d’hypocrisie. « Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais … » Mais on n’est tout de même pas jeté en prison pour s’être intéressé de trop près à certaines personnes avenantes et parfois provocantes.

Ma conclusion est que l’idéologie marxiste ne peut apporter à la société que des tensions, concrétisées par des millions de victimes, des destructions sans nom, la peur partout, l’échec en toute chose.

Il faut dire, pour être complet, que la France par sa révolution de 1789 a montré la voie. La « révolution » en Vendée fit 80 000 morts. La spécialité républicaine et démocratique, c’était notamment le « mariage vertical ». Les républicains attachaient un homme et une femme nus et les jetaient dans la Loire. Le général républicain Turreau, ayant appris qu’il risquait de manquer de munitions, fit exécuter des milliers de Vendéens à coups de baïonnettes – ces baïonnettes avec lesquelles on peut tout faire, sauf s’asseoir dessus, a dit un grand penseur …

Il faut ajouter qu’avec des baïonnettes, on a fabriqué la république et la démocratie, nées en France dans le sang et dans la boue. C’était déjà, hélas, la « lutte des classes ».

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3 réponses à l'article : Aimez-vous les uns les autres…

  1. Gérard Pierre

    20/05/2020

    « Aimez-vous les uns les autres, … comme Dieu vous aime ! »

    Aimer « l’autre », c’est d’abord respecter sa Liberté, ce Bien imprescriptible qui nous vient non pas de la démocratie, ni même de la déclaration des droits de l’homme, … mais du Créateur Lui-Même. (Cf. la Genèse)

    De tous temps, l’homme n’a eu de cesse de confisquer sa Liberté à « l’autre » et les plus hypocrites furent souvent ceux qui prétendirent la lui rendre (mais en partie seulement, et toujours contrôlable) : la « révolution », … la république, … et toutes ces inventions humaines à l’idéologie pernicieuse : le communisme, le socialisme, le libéralisme, le capitalisme, et tout ce que l’on peut inventer en  »isme » !

    Aimer « l’autre », c’est également respecter sa Dignité.

    À cet égard, la fameuse parabole des talents, suite naturelle du premier précepte, mériterait que les vrais altruistes l’approfondissent.
    Elle explique en substance que celui qui a beaucoup reçu devra rendre beaucoup, et que celui qui a peu reçu sera moins comptable de ce qu’il aura rendu.

    Or notre société, issue des massacres de la révolution, de l’intolérance de la différence, (cette chose la plus naturelle qui soit au monde), … cette société qui paradoxalement se prétend humaniste, …… révère et flatte ceux qui ont beaucoup reçu et rendent très peu, … méprise ceux qui ont peu reçu et qui rendent beaucoup, … au point d’avoir promu ces pratiques en modèle social !

    Ainsi est comblé celui qui, nanti des parchemins les plus prestigieux, est assuré d’une voie royale et ne dispose QUE de droits, …… ainsi est « utilisé », « instrumentalisé », et jetable le salarié kleenex au nom de les Droits du plus fort !

    Est-ce une question de classe sociale ? …… ou une simple question de sentiment de position dominante ?

    L’homme le plus frustre, celui qui est de ceux qui ont le moins reçu, peut, tout comme le tyran dit éclairé se montrer intraitable, odieux, brutal, vis-à-vis de plus faible encore que lui !

    Dans tous les cas de figure, ce n’est pas l’organisation sociale le déterminant ! … le déterminant, c’est l’homme lui-même ! … c’est lui qui construit l’organisation sociale qui lui servira ensuite d’alibi pour justifier qu’il n’est pas là pour aimer « l’autre » !

    Modèle social qui part de la Nation et va jusqu’à la cellule familiale, en passant par toutes les corps et organismes intermédiaires !

    Et pourtant ! …… Force est tout de même de constater qu’insensiblement l’Humanité s’est légèrement améliorée depuis ses origines.
    Certes, l’amélioration n’est pas uniforme ; elle connaît même, par moments, de graves reculs (1914-1918, 1939-1945) ! …… mais sur la longueur, la vie humaine, celle de « l’autre » a tout de même connu quelques améliorations, quelques prises en compte, quelques révisions d’attitudes réciproques !

    N’est-ce pas d’ailleurs ce que Pierre Teilhard de Chardin considérait comme la courbe légèrement montante de l’histoire de l’Humanité, de l’alpha vers l’oméga ? …… courbe qui, sans les siècles de Judaïsme et de Christianisme, ne serait sans doute pas ce qu’elle est !

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  2. OMER DOUILLE

    19/05/2020

    Au grand admirateur de César : puis je lui rappeler le sort que ce civilisateur réserva – entre autres – à la population d’Avaricum (Bourges) vieille citée gauloise, pas si minable que cela? Est il aussi nécessaire d’oublier que le dit César et les siens ont massacré 10% de la population « gauloise  » d’alors ?
    La civilisation et la culture romaine étaient certes bien supérieure à celles de nos lointains ancètres et si ceux si n’avaient pas d’écriture – les druides qui détenaient le savoir ne voulaient rien partager – prétendre qu’ils vivaient pratiquement comme des bêtes est une perversion de la pensée. Qui a inventé le tonneau, la charrue infiniment supérieure à l’araire romaine et la métallurgie du fer . La victoire de Rome qui a consisté à la mise en esclavage de tout un peuple à apporté l’écriture et autres mais d’abord à son profit. Lorsque certains s’émerveillent de la vie à la romaine, ils oublient toujours à quel prix était payé le confort des vainqueurs. Nous pouvons penser que si Vercingétorix ne s’était pas laissé fléchir alors qu’il voulait détruire les réserves d’Avaricum et virer sa population avant l’arrivée des romains affamés, au prix de nombreux morts, certes, les troupes romaines épuisées par la politique de la terre brulée ne seraient peut être pas allées beaucoup plus loin.
    Un chef ne doit jamais être faible.
    Et celui qui prétend « bien aimer ses ancêtres » devrait s’abstenir de leur baver dessus…. comme Macron, en quelque sorte.
    Sinon, comme les « ultramarins », je vais réclamer des dommages et intérets pour l’éternité.
    Asinus asinum fricat

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    • quinctius cincinnatus

      19/05/2020

      merci pour cette leçon, hélas trop brève , d’ Histoire écrite avec toute l’ éloquence passionnelle du  » vieux gaulois  » que vous êtes !

      je vous conseille d’ approfondir vos connaissances; par exemple en vous procurant aux Presses Universitaires de France  » l’ Histoire romaine de Marcel  » Le Glay, Jean – Louis Voisin et Yann Le Bohec

      nota bene :

      le fer ne fut pas  » inventé  » par les Gaulois, mais semble t il ( comme l’ alphabet, l’ algèbre ) en Orient ( Balkans ? Anatolie ? on ne sait pas encore très exactement où ) , même s’ ils étaient devenus de formidables forgerons ; vous avez oublié les charcuteries gauloises si célèbres à Rome

      c’est César justement qui parla le premier de la Gaule et qui en quelque sorte la fit entrer dans l’ Histoire … mais je sais tout cela vous dépasse

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