Avortement, immigration et démographie

Posté le août 28, 2018, 2:23
6 mins

Le rejet d’un projet de Loi favorable à la libération de l’avortement en Argentine fait revenir cette délicate question sur l’avant-scène médiatique.

Deux camps sont face à face :
– L’un considère que la loi constitue une avancée sociale majeure qui prend en compte la revendication pour les femmes de disposer librement de leur corps. Il fait observer que la prohibition abortive ne diminue pas le nombre des avortements pratiqués, car il en rejette le plus grand nombre dans la clandestinité hors de toute sécurité médicale sérieuse. Il considère aussi que, dans le début de la gestation, le fœtus n’est qu’un amas de cellule sans personnalité, une sorte de tumeur dont on peut se débarrasser sans état d’âme particulier.
– L’autre, au contraire, voit dans le fœtus un être humain en devenir et dans l’avortement un véritable homicide qu’il faut punir comme tel. Il considère que l’acte déclenchant, le rapport sexuel est un acte conscient entre deux partenaires qui savent qu’une maternité peut s’ensuivre et qui fuient devant leurs responsabilités. Il observe que, complémentairement, les outils anticonceptionnels sont disponibles quasi gratuitement pour tous, ce qui devrait, en toute logique, éviter les grossesses indésirées.

Aucun terrain d’entente entre ces deux positions n’est possible.

En France, la loi Veil avait partiellement dépénalisé l’avortement, dans un cadre bien déterminé qui tenait compte des situations de détresse, de viol ou de risque de santé majeur.

Les contraintes ont été progressivement élargies et sont aujourd’hui levées.

Actuellement, toute femme qui désire avorter peut le faire sans avoir à présenter une justification quelconque, car l’avortement est devenu un simple acte de convenance personnelle.

Montons au-dessus de la mêlée pour voir ce qu’on y trouve.

Si on examine le problème avec du recul, pour l’évaluer dans un cadre démographique large, des considérations économiques et sociales apparaissent.

À l’échelle du groupe social que constitue une nation telle que la France, ou bien encore l’Europe par exemple, ce qui se constate est une sévère dénatalité qui n’assure plus le simple renouvellement des générations.

Cette situation contribue fortement au vieillissement de la population, avec des conséquences économiques graves, dont le moindre n’est pas le financement des retraites.

Quant au monde dans son ensemble, cette dénatalité des pays occidentaux s’oppose à l’expansion démographique des pays dits du Tiers-Monde et crée une déséquilibre Nord-Sud dramatique. Là-bas, on accouche, ici on avorte. Cherchez l’erreur !

Ces enfants dont on se prive en Occident, les dirigeants politiques pensent les trouver en important massivement des populations provenant de l’immigration.

C’est apparemment correct, numériquement parlant, mais l’arrivée desdites populations, probablement inassimilables, pose plus de problèmes qu’elle n’en résout.

Il y a donc conflit entre des intérêts particuliers de femmes et un intérêt général du groupe social dont elles font partie.

Alors que faire ?

On ne peut oublier les femmes qui sont réellement en situation de détresse, comme celles qui ont déjà une famille déjà nombreuse qu’elles peinent à élever convenablement à cause de leur santé ou de leurs ressources.

Leur situation doit être prise en considération.

Mais les autres, qu’en dire ?

Les hommes politiques qui ont des responsabilités de gouvernement sont, en principe, garants de l’intérêt général, du bien commun.

Céder à une revendication spécifique d’un groupe social donné, fût-il important, porte un nom : c’est de la démagogie.

Les hommes politiques devraient s’en garder.

Ils pourraient réfléchir à quel­ques éléments parallèles intéressants : l’adoption élargie, la tutelle de la Nation avec l’aide de famille d’accueil.

Est-on sûr que tout a été fait dans ces directions pour que les enfants non désirés bénéficient de la première des Libertés, celle de vivre ? Est-on sûr que la loi Veil était une mauvaise loi et que les élargissements successifs qui lui ont été apportés étaient judicieux ? Mais aussi qu’a-t-on fait de la responsabilité du géniteur qui ne supporte ni la contraception ni la gestation, qui sème sans récolter ? Il est étrangement absent du débat. Il a su partager un moment agréable, il serait juste qu’il en partage les conséquences. Lui aussi aurait bien besoin d’une formation !

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7 réponses à l'article : Avortement, immigration et démographie

  1. Gérard Pierre

    02/09/2018

    « … qu’a-t-on fait de la responsabilité du géniteur qui ne supporte ni la contraception ni la gestation, qui sème sans récolter ? »

    Rien, … comme dans le cas du client dans le contexte de la prostitution !

    Lorsqu’un boulanger ne veut pas de pain, il ne met pas de pâte au four ! …… disaient les Anciens ! …… pour détendre l’atmosphère !

    Alors si j’étais trivial je poserais la question : « … pourquoi, alors que ‘’l’entrée irresponsable‘’ de la ‘’pâte‘’ dans le four à voluptés relève d’une décision privée prise entre deux personnes de connivence, la ‘’sortie de confort‘’ doit-elle être assumée aux frais de la collectivité ? … »

    Le couple n’en a pas appelé à notre solidarité lorsqu’il a « pris son ticket » au départ ! …… pourquoi devrions-nous soudain devenir solidaires à la ‘’gare suivante‘’ …… bien avant le Terminus ?

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  2. HansImSchnoggeLoch

    30/08/2018

    Le 9 septembre il y aura des élections en Suède.
    ’On s’attend à une forte progression du parti anti-immigration Démocrates de Suède et à un résultat historiquement bas du parti social-démocrate qui a orchestré la grande vague d’immigration de 2015.
    On verra bientôt si cela se confirme.

    Macron qui a débité ses salades au Danemark doit être dans ses petits souliers.

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  3. KAVULOMKAVULOS

    29/08/2018

    L’avortement n’est pas une maladie mais le résultat d’une décision personnelle. A ce titre, je ne vois pas pourquoi l’intervention doit être prise en charge sous forme de gratuité par la communauté. D’ailleurs des moyens contraceptifs efficaces existent et leur emploi ne devraient pas conduire à un tel chiffre d’avortements. Je ne reconnaitrais la gratuité que pour les femmes victimes de viols et s’étant aperçu trop tard que le géniteur était porteur de gênes défectueux. Quand un artiste contemporain, homosexuel avèré, maintenant décédé disait qu’il « ne se sentait pas responsable de la bite des noirs » – et de la prolifération lapinesque qui va avec, il n’avait pas tord. Les « geeks » disent : dont feed the troll. Nous devrions prendre cette formule : dont feel le résultat du surpondage africain. ……Avant de subir le sort des fermiers blancs.

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  4. HansImSchnoggeLoch

    28/08/2018

    Le président actuel de La France a été élu par des gens soi-disant matures et sains d’esprit.
    Sa politique est le reflet de celles et de ceux qui ont voté pour lui, mais pas de celui du reste du pays.
    Il n’y a pas de raccourci, il faudra attendre la fin de son quinquennat pour pouvoir changer cette politique.
    En attendant le reste du pays devra trouver un candidat plus conforme à ses voeux, tâche ô combien difficile.

    L’avorterment est le crime le plus perprété en France loin devant le terrorisme.
    De plus il existe une contradiction flagrante entre l’encouragement à l’avortement et l’appel à l’immigration.
    D’un côté on tue des êtres sans défense de notre propre éthie de l’autre on en importe d’une éthnie et culture différente sans garantie de succès.

    Les Troyens avaient en leur temps laissé rentrer le célèbre cheval de bois dans leur cité, cela a causé leur perte.
    Serons-nous assez stupides pour répéter leur erreur?

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  5. N'DOBIN

    28/08/2018

    Problème qui ne parait pouvoir se résoudre que dans prise réelle et effective de « responsabilité » , corollaire absolu de la « liberté  » par ailleurs tant revendiquée , des géniteurs , en particulier les hommes , dans la réalité de procréation. … La plupart des problèmes et catastrophes , de l’intime au mondial , proviennent de ce renoncement ,sous toutes sortes de prétextes , à maitriser ce qui n’est même plus un « instinct de reproduction  » ….Les solutions existent , selon morale et convictions de chacun, y compris la contraception masculine jamais évoquée sérieusement, qui, même si elles ne sont pas totalement efficaces réduiraient le risque d’enfants « non désirés » et du moins répartiraient équitablement la responsabilité des procréateurs. Le patrimoine génétique et l’hérédité qu’un être conscient , homme ou femme , délivre à sa descendance l’implique dans le futur ; » l’information » dont il est, entre autre , le « support » , passe par lui ou elle, et aucune espèce de forme d’Intelligence artificielle ne pourra jamais concurrencer cet « héritage » ….L’avortement ,solution des uns ,n’est que l’ aveu d’impuissance de société » « civilisées »qui se sont laissées déborder par l’immense superficiel et la surpopulation dramatique incontrôlée d’ autres civilisations , vient de leur immaturité psychologique et philosophique entravée par le dénuement matériel : Le point commun reste la tendance à imposer, quelles que soient les circonstances, le primat du concept masculin .

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  6. lucienTricot

    28/08/2018

    Bonjour,
    Je ne sais pas grand chose, mais je crois que nos gouvernants n’ont pas plus que nous, en tête, plutôt moins! la notion de civilisation et le devoir de la faire perdurer.

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    • quinctius cincinnatus

      03/09/2018

       » maintenant nous savons que les Civilisations sont mortelles  »

      disait déjà … l’ Autre vers les ans 1930 !

      ce n’est donc plus un scoop

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