Cohésion sociale et immigration

Cohésion sociale et immigration

Jean-Louis Borloo, 51 ans, ministre de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale est, on le sait, au gouvernement, la nouvelle coqueluche du Président de la République. Avec Jacques Chirac, l’intéressé partage en effet un positionnement particulier. L’un comme l’autre sont des élus de la droite, entièrement tournés vers les électeurs de la gauche…
« Le plan de cohésion sociale » qui devait être présenté par Jean-Louis Borloo, mercredi dernier, au Conseil des ministres s’appuie d’abord sur des statistiques. Les chiffres du chômage sont aujourd’hui fortement sous-évalués parce que, depuis vingt ans, on a accumulé les astuces administratives et statistiques pour réduire le nombre apparent des chômeurs qui, malgré tout, officiellement, sont encore, dans notre pays, près de 3 millions.
À l’inverse, le nombre des demandeurs de logements sociaux est certainement surévalué. En effet, le seul fait de s’inscrire dans une mairie comme demandeur de logement est créateur d’un « faux droit » social. Et, à chaque fois qu’on nettoie les listes de demandeurs, on constate que les deux tiers ou les trois quarts des personnes qui y figurent ont trouvé eux-mêmes la solution.
Mais il s’appuie surtout sur une analyse et une conviction : il y a une spécificité française avec un chômage de longue durée et un faible taux d’activité pour les jeunes ; « cette France à deux vitesses est arrivée à un point qui hypothèque l’avenir ».
À partir de là, le plan Borloo comporte des mesures qui peuvent être intéressantes, allant dans le sens de l’insertion des chômeurs de longue durée, qui passe évidemment par une formation appropriée et, souvent, un soutien psychologique durable et personnalisé. Réunir les compétences de l’ANPE, de l’UNEDIC et d’autres organismes administratifs ou consulaires, pour en faire des « maisons des ressources humaines » est une piste qui mérite d’être explorée. Comme tout ce qui va dans le sens d’une gestion active du chômage plutôt qu’une gestion lourdement administrative. Et, de fait, plusieurs pays voisins du nôtre ont une gestion plus dynamique du problème.
À peine exposé, le plan Borloo est soumis aux contraintes budgétaires rappelées quotidiennement par Nicolas Sarkozy. Ce qui limite les nouveaux crédits demandés comme les ambitions de l’ex-maire de Valenciennes.
Mais d’autres facteurs, autrement plus forts, limitent les résultats que l’on peut attendre du plan Borloo.
Toujours entièrement acquis à une politique économique tournée vers le soutien de la demande (voir l’article de Bernard Trémeau page 2), le gouvernement vient de décider d’augmenter le Smic une nouvelle fois, de 5,8 %. Manifestement, il ne comprend pas qu’en procédant ainsi, il favorise l’exclusion du marché du travail de tous ceux dont la productivité est inférieure à ce salaire.
Ce sont, à court terme, plusieurs dizaines de milliers d’emplois en moins. Élément qui annule les bienfaits attendus au titre d’une relance de la consommation. Une mesure destructive d’emplois ne peut pas être créatrice de richesses.
Comme le fait remarquer le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, pendant que le chômage ne diminue pas, le nombre d’offres d’emplois non pourvus augmente. Il en est le premier responsable, à cause de l’erreur de l’augmentation forte du Smic qu’il renouvelle pour la troisième fois. Malgré tout, les efforts de formation, d’insertion et d’intégration ne peuvent faire que du bien.
Ma dernière remarque est d’ordre politique. C’est la plus grave. Du début jusqu’à la fin, le plan Borloo parle de l’immigration, mais toujours par prétérition. Le mot n’est jamais prononcé. Et pourtant, il est présent d’un bout à l’autre, tout au long de ses interviews, au fil de tous les articles de presse qui lui sont consacrés.
Car de quoi d’autre serait-il question quand on parle de « désintégration », de « discrimination » positive et d’« insertion » ?
C’est en effet sur les populations issues de l’immigration, que celle-ci soit récente ou plus ancienne, que se concentre aujourd’hui, non pas la totalité mais l’essentiel de la question sociale. Pour dire les choses autrement, les différentes faces de la politique sociale ont pour principaux bénéficiaires des personnes issues de l’immigration. Telle est la réalité, lourde, massive, aveuglante, que Jean-Louis Borloo connaît aussi bien qu’un autre, mais qu’il ne prononce jamais. Comme lui, comme pour Chirac, c’est tabou.
Pourtant, il serait plus honnête de parler d’un plan d’intégration des familles et des jeunes immigrés. Pourquoi pas, d’ailleurs ? C’est en effet une urgente nécessité. Mais cela exige qu’on regarde les choses en face. Que l’on admette que l’immigration, en particulier de populations non francophones, constitue le problème numéro 1 de la société française. Et avant de dépenser des milliards d’euros pour améliorer les conditions de leur insertion, il faudrait quand même commencer à en contrôler sérieusement les flux…

Partager cette publication

(7) Commentaires

  • caliméro Répondre

    Quand on compte 3 millions de chômeurs on oubli ceux qui ne sont plus sur les listes « officielles » radiés, en stage ou en formation, plus de 55 ans, ceux qui travaillent a mi-temps…..ca fait en réalité 5 millions de sans emploi ou précaires.Et avec ça on nous explique qu’il va falloir recourir à l’immigration pour assurer les demandes d’emplois ???Jusqu’a présent l’immigration ne nous a apporté que des charges, d’autant que ceux qui nous arrivent sont loin de créer une plus value professionnelle. Sommes nous malades de notre colonisation ? Que l’on mettent au boulot ceux qui n’en n’ont pas. On verra bien aprés s’il manque de la main d’oeuvre.Arrêtons de faire miroiter les droits sociaux Français, arrêtons de donner sans contre partie.Immigrons intelligent avec un contrat de travail des personnes ayant un métier « utile » au pays. On va maintenant recruter des jeunes en échec scolaire sans concours dans la fonction publique….Encore de l’assistanat pur et improductif.Quand vous aurez en face de vous un fonctionnaire sachant à peine écrire le français avec un vocabulaire de 600 mots vous comprendrez. Je ne comprends pas pourquoi dans ce pays on fait tant d’efforts pour ceux qui n’en font pas et qui à la limite crachent dans la soupe, et pourquoi on écrase de taxes et d’impots ceux qui enrichissent la Nation. Sans compter que lorsque vous avez ces idées là on vous montre du doigt en vous traitant de facho….En attendant on est toujours bons pour payer…marre à la fin…

    19/07/2004 à 20 h 04 min
  • naulin Répondre

    vous souhaitez tous la fin de l’ère CHIRAC,moi aussiAlors pourquoi ne pas soutenir le seul homme qui peut encore sauver la droite???SARKOZY évidemment….Réfléchissez viteet n’oubliez pas que celui qui pense comme vous pour tous les problèmes n’éxistera jamais…

    19/07/2004 à 12 h 50 min
  • Gilcol Répondre

    1 – Parlons vrai et ajoutons, dans les statistiques, aux 3 millions de chômeurs « officiels » tous les assistés professionels, qu’ils soient français ou étrangers, ce qui devrait faire facilement le double. 2 – Redonnons aux gens l’envie de mériter leur salaire, en supprimant le SMIC derrière lequel se cachent des millions de flemmards et de profiteurs qui savent que, de toute façon, ils seront payés même s’ils ne foutent rien. Quand tout un chacun saura que son salaire dépend de ses efforts personnels, il retrouvera le goût du travail et… sa dignité.

    16/07/2004 à 11 h 42 min
  • Philippe Répondre

    Nous ne sommes pas un pays libéral mais structurellement et économiquement socialiste. Les valeurs de travail de motivation de réussite de dignité sont bafouées pour créer l’homme nouveau : le smicard assisté, le syndicaliste qui s’accroche à ses privilèges, le fonctionnaire outré que l’on touche au service public, le lobotomisé étatiste… Il faut renommer notre république : république socialiste islamiste française!

    09/07/2004 à 13 h 00 min
  • Stephane Répondre

    Bien vu, Laure! Pour ne garder que les immigrés motivés à s’intégrer (par le travail), finissons-en avec l’assistanat et supprimons le SMIC. Ainsi, ceux qui le veulent trouveraient tous un emploi. Au lieu d’être des nuisances, ils participeraient au bien-être de la nation par leur travail. Mais je rêve… De même que quand j’entends sur France Inter que la France a gouvernement le plus libéral depuis longtemps. Si seulement c’était vrai!

    06/07/2004 à 16 h 56 min
  • WFW Répondre

    Avec Borloo et Chirac, la droite socialo-communiste tombe dans son travers de toujours: le gauchisme; la corruption en plus, bien évidemment …

    04/07/2004 à 23 h 15 min
  • Laure Répondre

    Inutile de contrôler les flux, il suffit de mettre fin à l’assistanat généralisé qui prévaut dans ce pays. Et chacun d’entre nous peut agir individuellement, par exemple en quittant la SS : http://quitter_la_secu.blogspot.com/

    04/07/2004 à 22 h 48 min

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Vous venez d'ajouter ce produit au panier: