Immigration : la seule solution libérale

Posté le octobre 23, 2005, 12:00
5 mins

Depuis trente ans le fait politique majeur, à l’origine de la transformation la plus formidable, depuis longtemps, de la société française, est évidemment la montée de l’immigration, qui a changé la structure de la population vivant en France de façon à la fois massive et qualitative, dans beaucoup de domaines.

Aujourd’hui, nos villes et nos villages ont changé d’aspect, les types humains qu’on y rencontre ne sont pas les mêmes et la fréquentation de nos écoles, de nos stades et des transports en commun serait méconnaissable pour un revenant…

Ces changements, pourtant considérables – qui a eux seuls aboutiront à faire de la France un pays à majorité arabo-africaine aux alentours de l’an 2050 – ne sont probablement rien par rapport à ce qui nous attend dans les trente ans quoi viennent. Car la pression de la conjonction d’une démographie galopante et d’une misère toujours plus aigue va décupler la pression de l’immigration de l’Afrique noire vers l’Europe.

Le phénomène est déjà en cours d’accélération. Chaque année ce sont deux à trois millions de pauvres hères africains qui viennent chercher refuge et survie dans l’un ou l’autre des pays de l’Union européenne des 25. Demain ce seront dix ou quinze millions d’individus… ce qui signifie que les 400 000 immigrés clandestins que nous avons chez nous deviendrons rapidement un, puis plusieurs millions.

Que peut-on faire, quand on ne se réjouit pas de cette invasion non souhaitée ? Les mesures de police, légitimes et nécessaires, trouvent rapidement leurs limites. C’est difficile et coûteux de renvoyer chaque année chez eux 20 000 immigrés en situation irrégulière. Multiplier par trois ou par cinq ce résultat paraît hors de portée…

Comme toujours, quand l’action sur les modalités est insuffisante, il faut changer les règles elles-mêmes.

La pire des solutions me paraît être du type pseudo-progressiste-conservateur (genre Sarkozy…) : « il faut accroître massivement l’aide au tiers-monde et mieux verrouiller nos frontières »… Sauf que l’aide au développement de l’Afrique a été jusqu’à présent aussi efficace qu’un arrosage répandu sur le sable du désert, et que les contrôles physiques aux frontières, pour empêcher l’immigration clandestine, laissent passer les neuf dixièmes de personnes concernées !

La pression arabo-africaine, évoquée plus haut, dans le contexte de nos lois actuelles telles qu’elles sont, n’est pas maîtrisable. Quand la volonté est inopérante, autant observer le principe de réalité…

Mais bien sur, si nous laissions les candidats à l’immigration entrer plus facilement chez nous, il conviendrait en même temps de les en décourager, pour qu’ils s’installent de préférence dans d’autres pays.

On a bien vu, à différentes reprises, que les immigrés s’installaient dans les pays où ils trouvaient un intérêt à le faire. Ils viennent chez-nous plutôt qu’ailleurs car l’accouchement est gratuit, les soins de santé aussi, tout comme l’école. Dans leur immense majorité ils ne viennent pas pour travailler mais pour profiter de notre Etat-providence. La réduction de l’attractivité de la France comme terre d’accueil des immigrés sans qualification passe moins par le renforcement des mesures de police que par la diminution de la sphère de l’Etat-providence.

A droite, la famille nationale croit à l’efficacité des mesures d’autorité. Tandis que la famille libérale croit plutôt à l’efficacité des règles de droit.

Mes amis libertariens font remarquer, à juste titre, que si la propriété privée était généralisée, le problème de l’immigration ne se poserait plus : le droit d’aller et de venir serait universel, à la seule condition de respecter la propriété d’autrui…

Avec la mondialisation et le rapetissement du monde, Bamako se rapproche un peu plus chaque jour. Les panneaux indicateurs de notre État-providence » – CMU, RMI, HLM, Ecole publique… – sont autant d’appels publicitaires. Impossible de limiter la pression croissante de l’immigration sans revoir à la baisse le périmètre de cet étatisme, à vocation soi-disant universelle.

11 réponses à l'article : Immigration : la seule solution libérale

  1. Alborg

    29/10/2005

    Constat épouvantable, apocalyptique, et totalement REALISTE, malheureusement…. Bien qu’intitulé « La seule solution libérale »(?), A.DUMAIT ne donne en réalité aucune solution et il n’y a pas lieu de lui en vouloir CAR IL N’Y EN A PAS !!! Que celui qui a une idée par rapport à cette solution nous en fasse part, car moi, je ne vois PAS ! (Boy-scouts humanitaires s’abstenir)

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  2. Stéphae

    29/10/2005

    Une solution, parmi d’autres, consisterait à faire payer aux immigrés un droit d’entrée dans les différents pays d’Europe. Ce droit serait évalué en fonction du dynamisme économique et des avantages sociaux du pays d’accueil. Plus le pays serait cher, plus il serait attirant. Comment un immigré pauvre pourrait s’acquitter d’un tel droit ? Tout simplement en souscrivant une dette auprès du pays choisi, qu’il s’engagerait à rembourser par son travail, sans quoi il pourrait être emprisonné.

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  3. Adolphos

    27/10/2005

    Je suis libéral, mais pour l’immigration, ca ne m’a pas l’air pertinant. Car dans ce schéma, il n’y pas d’immigrés qui viennent s’installer sur notre sol que lorsque l’économie est en crise. Le reste du temps, même sans subventions, ils viendront, comme le prouve le cas de la GB.

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  4. Jean-Claude Lahitte

    27/10/2005

    Il y a colonisation et colonisation, comme il peut y avoir recolonisation et recolonisation. Ainsi, il y a eu la colonisation britannique (celle qui, par exemple, a supprimé certaines productions vivrières en Inde, ce qui a entraîné la dépendance de ce pays en matière alimentaire, au profit de la culture du thé; ou la colonisation espagnole en Amérique du Sud, mais il y a eu aussi la colonisation française (dont je n’ignore pas certains aspects négatifs, comme dans toute oeuvre humaine) qui, certes, a certes permis à certains Européens (pas seulement français, pour préciser mon propos)de s’enrichir, mais a coûté à la Métropole (aux contribuables, donc) avec la constructions de routes, de ports, d’écoles, d’hôpitaux, etc.)beaucoup plus qu’elle n’a véritablement rapporté. Il y a la « colonisation » américaine, notamment dans les « républiques bananières », il y a eu aussi le Protectorat (dont aucun Marocain de bonne foi, pour citer un exemple, ne peut contester tous les effets bénéfiques qu’il a apporté au Maroc), comme il peut y avoir une recolonisation sans troupes, sans canons. En tout cas, les pays qui ont voulu leur indépendance sont à l’heure du choix : ou bien ils se débrouillent tout seuls, avec le risque de voir leur pays sombrer encore davantage dans la misère, ou bien – s’ils veulent vraîment le bien de leurs « peuples » (comme disent nos bons « démocrates »), ils se décident à trouver un partenariat avec l’Occident, l’Europe en particulier. Mais il me paraît impossible de continuer indéfiniment à arroser, financièrement comme en aides de toutes sortes des pays dont les dirigeants s’enrichissent démesurément pendant que leurs « sujets » crèvent de plus en plus de faim, de maladies, etc., tout en continuant à accueillir de surcroît la « misère du monde » avec tous les problèmes que cela entraîne dans les pays d’accueil. Les bonnes âmes occidentales qui réclament sans cesse qu’on aide davantage ces pays sont elles-mêmes les complices (involontaires ou non) des satrapes qui gouvernent ces pays de misère. Il est vrai que certains membres d’ONG ou d’Associations prétendues humanitaires, mais aussi certains politiciens occidentaux y trouvent aussi leur compte. Et ceci explique peut-être cela… Cordialement, Jean-Claude Lahitte

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  5. grepon

    26/10/2005

    A propos des solution de recolonialisation, remarquons que parmi les 20 pays du monde ayant les PNB/tete les plus hauts, 11 d’entre eux sont des ex-colonies de…l’Angleterre. Vous elliminez les microetats comme le Luxembourg et la situation empire. Comme quoi etre colonise par des anglosaxons (ou, que sais-je, etre colonise par des gens qui ont etudier le modele de colonisation anglo-saxon) peut etre un bon plan. Aussi, harborer Al Quaeda pendant un temps ou vivre sous une dictature qui defient un peu trop les Etats-Unis d’Amerique peut etre un bon plan. Voyons l’Allemagne, le Japon, le Koree du Sud, l’Afghanistan, et probablement l’Iraq vue l’emergence(relative a d’autres pays refoutu par les USA par le passe) de leur system politique federale dans un contexte tres difficile….Ce qui est commune avec les methodes britannique de l’epoch ou ceux des Etats-Unis, a part la culture anglo-saxon, est/etait une force militaire de premiere classe. Alors, pour l’Europe, soyons realistes, c’est probablement hors de question de coloniser quoi que ce soit du fait que sa capacite militaire est risible et va rester risible. Pour le reste, elle ne sait pas faire. Peut-etre au minimum l’Europe pourrait laisser faire les anglosaxons, au lieu de faire barrages enfantiles aux club des dictatures a New York, c.a.d. l’ONU. Cheers, grepon le texan

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  6. Jean-Claude Lahitte

    25/10/2005

    Je crains que dans son « papier » au titre alléchant, sinon prometteur (j’avais cru comprendre en le lisant, qu’il y avait vraîment une « solution libérale !) Alain Dumait n’ait montré les limites du libéralisme lorqu’il s’agit de lutter contre un véritable fléau qui touche à la fois les pays les pays prétendus émergents (lesquels ne cessent au contraire de s’enfoncer dans l’océan de la misère et de la maladie) et les pays prétendus riches dont la « fortune » est au pieds d’argiles (il n’y a qu’à fois le montant colossal de la dette américaine ou française !). Mes 75 ans me permettraient presque de dire aux 61 ans d’Alain Dumait : « Un peu court, jeune homme ! ». D’autant que comme Soubise qui recherchait son armée à la lueur d’une lanterne le soir d’une bataille, j’ai eu beaucoup de mal à trouver dans un tas de considérations de pur bon sens (dont, je sais, nos politiciens de droite comme ne gauche sont manifestement privés) la « seule solution possible ». Certes, il faut faire en sorte que notre pays, comme d’ailleurs la plupart des pays de l’Union européenne soient moins (le « moins » me paraît faible car il faut une, que dis-je plusieurs, solutions DRACONIENNES) attractifs pour les immigrés potentiels. Encore qu’il faille noter que, ce qui rend l’Occident attractif, ce sont d’abord les images de luxe, de vie dacile, de consumérisme, etc. qu’ils diffusent par leurs télévisions jusqu’au plus profond de la brousse. Et pas tant la manne accordée par les Etats-Providence. Mais le « libéral » qu’est Alain Dumait me paraît naïf s’il s’imagine que cela peremettra sinon d’endiguer, du moins de freiner ce que d’aucuns appellent un « tsunami ». Jean-Marie Le Pen a eu l’honnêteté de dire lui-même que, s’il était misérable en Afrique, il n’aurait qu’un idée : venir s’installer à n’omporte quelles conditions en France !La « solution » proposée par A.D.est certes nécessaire, mais elle est loin d’être suffisante : il faut aussi prendre d’autres mesures (qu’A.D. qualifierait peut-être d’anti-libérales) : commencer par supprimer le regroupement familial, le droit du sol et la double-nationalité, adopter des mesures aux frontières tel que obligation pour les immigrés potentiels de disposer d’un billet de retour, de laisser leur passeport aux mains de la police aux frontières, d’exiger la prise d’empreintes digitales (comme cela a été le cas pour mon épouse et pour moi, et pour mes compagnons de voyage, le 15 septembre dernier à Kennedy Airport !), de rendre responsables pénalement et financièrement les familles accueillantes, etc. Mais je crains que la misère dans certains pays (pas seulement d’Afrique !) soit telle qu’il ne faille aller jusqu’au bout du problème: que « l’homo occidental » accepte de reprendre dà l’intérieur même des pays concernés, sous une forme à étudier en commun avec les pays occidentaux, le fardeau de « l’homme blanc » du temps de la colonisation. Car la preuve en est faite : les milliards déversés chaque année, l’aide alimentaire(1), médicale, etc. NE SERVENT A RIEN. Sinon à enrichir certains potentats qui, à l’instar de mafieux, redistribuent au compte goutte les sommes qui sont accordés à leur pays, pour se créer à bon compte une clientèle électorale qui assure leur pérennité au pouvoir. Et, pour les âmes sensibles ou innocentes que mon propos pourrait choquer je rappellerai qu’il n’y pas un lustre, dans une Université algérienne, une annonce avait été affichée pour rechercher un Etat qui accepterait de venir s’installer au pays de Bouteflika pour plus de 132 ans ! Cordialement vôtre, Jean-Claude Lahitte

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  7. Dilbert

    25/10/2005

    Que les immigrés, clandestins ou pas, soient attirés par la richesse c’est normal, je dirais même que c’est sain. Qu’ils soient attirés (ce que je crois être souvent le cas) par l’Etat-providence voleur et redistributeur et par la Sécu spoliatrice aux mains des syndicats, c’est beaucoup plus malsain. A celui qui écrit « dehors tous les clandestins », je recommande de lire le texte suivant : http://lemennicier.bwm-mediasoft.com/article.php?ID=96 Il y a aussi d’autres liens intéressants dans notre encyclopédie : http://www.liberaux.org/wiki/index.php?title=Immigration

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  8. MERLE DES ISLES

    24/10/2005

    Bonjour, que d’inepties ! 1/ Entre 1961 et 1962, ce sont 2 millions de pieds-noirs fondateurs et constructeurs officiels depuis des siècles, de l’Algérie FRANCAISE , qui ont été chassé de leur PROPRE PAYS. Alors 20000 « immigrés clandestins » renvoyés chaque année chez eux, c’est UNE PLAISANTERIE. OUI DEHORS TOUS LES CLANDESTINS ET PAR LA FORCE AVEC L’ARMEE. RATISSER AU PEIGNE FIN LES CITES DE NON DROIT ET CHASSER MANU MILITARI TOUS LES CLANDESTINS, VOILA LA SEULE VRAIE POLITIQUE A APPLIQUER. 2/ Ensuite , recoloniser avec la plus grande humanité tous ces pays aux pouvoirs dictatoriaux, en instituant « L’INGERANCE POUR BONNE GOUVERNANCE » ET EN CONTROLANT SERIEUSEMENT LES MULTINATIONALES AGISSANT DANS CES PAYS. VOILA QUELQUES MESURES SIMPLES ET EFFICACES , MAIS IL FAUT LA VOLONTE DE LES APPLIQUER. POUR CELA METTONS LE FRONT NATIONAL AU POUVOIR. MERLE DES ISLES

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  9. Thierry

    24/10/2005

    Ce qui attire les pauvres de toutes origine ce n’est pas l’Etat providence mais la richesse. Penser qu’un Ivoirien qui risque chaque jour la mort pour lui et sa famille restera chez lui si on suprime le R.M.I est une utopie de riche occidental. Pour la plupart des immigrés clandestins l’alternative est entrer ou mourir. Sarkosy a raison. La seule issue est l’aide au tier_monde mais pas seulement, comme c’est trop souvent le cas, en les endettant ou en leur livrant des armes. Il faut développer l’éducation et la santé, former les cadres et cesser de les importer dès ils sont performants. Malheureusement je doute de la conscience des peuples et de nos gouvernants et je crains que l’on voit encore longtemps ces « pauvres hères » s’accrochant aux barbelés ou s’entassant dans les soutes des passeurs pour échouer sur nos plages.

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  10. grepon

    24/10/2005

    Alain Dumait argumente pour un retricissement du welfare state ..des services gratuits payes par l’impose…comme etant un meillieur methode pour reduire l’immigration que les methodes coercitifs classiques(frontieres fermees, repatriations etc). Pour voir un peu ce que ce methode peut donner il serait peut-etre interessant a regarder la Californie ou le Texas, qui sont deja dans ce pays magique. Par rapport aux etats-providences europeens ces deux etats offrent beaucoup moins de services « gratuits »(quoique l’a accouchement revient a etre gratuit pour ceux qui ne peuvent pas payer, et l’ecole est obligatoire ET « gratuit »). Ce qui viens combler, a mon avis, ce manque relative de services « gratuits » est un autre…la promesse du travail. Les Mexicains entre autres qui traversent les frontieres clandestinement de nuit etc, sont tres souvent motive par la promesse de pouvoir TRAVAILLER pour de l’argent. Argent qu’ils renvoie largement et regulierement a leur proches au pays, par Western Union notamment. Au Texas, si vous avez des travaux manuels a faire, debrousser par exemple, vous savez ou trouvez a tel heure du matin des personnes d’origine hors frontiere prets a bosser pour cash, le plus souvent a des couts/heure assez pas loin du « minimum wage » et au-dessus si les travaux sont penibles ou demandeur de connaissances specifiques, pas des niveau de paie du tiers monde. Beaucoup d’autres…BEAUCOUP… detiennent de veritables emplois, veritables dans toute les senses sauf officiels ou bureaucratique(pas de numero d’employee, pas d’impots, de contributions a la secu americaine) car ils ont paie reguliere, horaires et lieux de travail, et meme, miracle, du travail. Alors, la solution liberale, appliquee a L’Europe pourrait arriver au meme resultat que aux Etats-Unis, ou les immigres viennent avec l’attente de pouvoir travailler ainsi que de profiter des services « gratuits » limites(ceux qui ne seront jamais retiree du fait de l’ethique des professions… du accouchement, premier soins). Donc l’attrait serait toujours la, mais compose autrement, de facon a attirer plus ceux qui viendrait contribuer economiquement et a attirer moins ceux qui recherche du welfare tout court. Remarquons aussi que l’attrait reste, et vu que ce n’est pas possible pour les pays relativement libres donc prosperes d’acceuillir toute la misere du monde, les frontieres avec le tier monde corrompu vont rester gardees, et les lois et repatriations restera parmi les seuls outils efficaces au moins ralentir les flux. Ce qui est moin souvent dit est qu’on peut essayer sur le temps de repousser les frontieres entre le monde libre et le monde corrompu jusqu’au disparition du dernier. Cela ferait meme une tres belle « Foreign Policy » d’inspiration liberale. Les europeens devraient y mediter. Cheers, Votre humble serviteur texan

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