L’Allemagne va-t-elle suivre la France et dépénaliser l’inceste ?

Posté le octobre 09, 2014, 3:10
4 mins

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Suite à une récente affaire d’inceste entre un frère et une sœur, le Conseil d’éthique allemand a proposé le 24 septembre 2014 de dépénaliser les relations sexuelles consenties entre frère et soeur adultes. Son avis se résume en une phrase : « protéger un tabou social et fixer des barrières morales ne relève pas du droit pénal ».

C’est le raisonnement qu’a suivi le législateur français en 1791 lorsqu’il a supprimé le crime d’inceste de notre code pénal. (Fabienne Giuliani « Les liaisons interdites »). A cette époque, le crime d’inceste, punit de la peine de mort, était traité comme un trouble à l’ordre public, les deux protagonistes étaient condamnés. Considérant l’inceste comme un interdit moral et religieux, les révolutionnaires ont jugé qu’il n’était pas nuisible à la société, qu’il s’agissait plutôt d’une liberté individuelle dans laquelle l’Etat n’avait pas de place. Raisonnement adopté aujourd’hui par le Conseil d’éthique Allemand.

Aujourd’hui, la France comme l’Espagne et le Portugal, autorise l’inceste entre adultes consentants ainsi que la procréation. Hypocritement elle leur refuse le mariage et la reconnaissance par leurs deux parents des enfants nés de ces unions incestueuses.

L’Allemagne semble prendre chemin français et libéraliser l’inceste considérant que la morale garantira le respect du tabou de l’inceste (Tabou : ce qu’il ne faut pas faire et ce qu’il ne faut pas dire). C’est faire peu de cas de la vie et de la souffrance des enfants nés de ces unions incestueuses qui devront vivre dans une société qui ne les reconnait qu’à moitié. C’est aussi nier le fondement même de notre société basé sur l’exogamie.

Concernant l’inceste sur mineur, il ne faudra pas longtemps à l’Allemagne pour que ses lois atteignent le même degré de dénégation de ce crime que dans notre pays. AIVI se bat depuis 2000 pour réinsérer l’inceste sur mineur dans le code pénal français pour en finir avec les vides juridiques créés par les lois successives. Nous exigeons surtout que l’on ne demande plus jamais à un enfant s’il était consentant à l’acte sexuel avec son parent. En effet, pour qualifier un viol ou une agression sexuelle, il faut déterminer s’il y a consentement ou non de la victime quel que soit son âge ! 

Curieusement, cette libéralisation de l’inceste a conduit à sa dénégation. On ne parle plus, on ne débat plus de l’inceste dans notre société. Les mots pédophilie, viol ou agression sexuelle l’ont remplacé dans le langage commun. C’est d’autant plus inquiétant qu’il y a deux millions de victimes en France (Sondage IPSOS pour AIVI 2009).

16 réponses à l'article : L’Allemagne va-t-elle suivre la France et dépénaliser l’inceste ?

  1. HOMERE

    12/10/2014

    Les rapports incestueux ne sont qu’une partie de l’arsenal auto destructeur de notre société qui part à la vadrouille !!
    Aucune exclusion à l’horreur n’est supportable actuellement….sauf que les enfants consanguins naissent dingues et débiles…mais çà on s’en fou comme d’une guigne..les ingrédients de notre destruction comme civilisation sont enfin réunis pour que,demain,nous voyons dans nos villes et villages des malades dégénérés…..
    Amen !!

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    • Jaures

      12/10/2014

      Qu’est-ce que ce nouveau délire ? Où avez-vous vu qu’il y aurait plus de cas d’inceste aujourd’hui qu’autrefois ?
      Avez-vous des statistiques ? Des études ? Des enquêtes ?

      Si vous avez envie de vous faire peur pratiquez plutôt un sport extrême.

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  2. huguo

    12/10/2014

    et les extra terrestres est ce qu’ils pratiquent l’inceste ?

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  3. BRENUS

    11/10/2014

    D’accord ou en colère, il vous faut tous admettre « l’évolution » de la société, comme le disent si bien les gauchiste dont leur intervenant attitré local. La prochaine étape sera l’officialisation (avec reconnaissance des produits ) de la zoophilie. Mon chien ayant une facheuse tendance a se frotter le vit contre les jambes de certains hommes, je suppose que son instinct lui dicte sa conduite comme acceptée, voire souhaitée par les mêmes. Je serais d’accord pour qu’il enfile jojo, lequel n’attend probablement que cela. J’ajoute que cette proposition n’est en aucun cas mercantile, mais gratis pro déo (pardon : citoyenne et solidaire).

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    • Jaures

      11/10/2014

      Voilà un post qui résume assez bien Brenus dans tout ce qui fait sa talentueuse et poétique finesse.
      Revenez-nous plus souvent, vous nous manquez déjà.

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  4. liliane

    11/10/2014

    il manque un détail capital dans votre article !! la France a dans son code pénal réintroduit la notion d’inceste depuis février 2010 !!

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  5. Fucius

    09/10/2014

    Il me semble que le « mariage pour tous » doit logiquement admettre les couples incestueux.

    La tradition de nos ancêtres, ces ignares bornés et répugnants dont beaucoup n’étaient même pas athées, les excluait du mariage car celui-ci organisait la filiation, et que les enfants de l’inceste sont consanguins.

    L’Église catholique, ce monstre abject, posait même des conditions de degrés de séparation entre époux – sans aucun égard pour les sentiments amoureux !

    Heureusement le socialisme nous a libéré de ces principes objectifs ou nous a libérés de la laïcité qui empêchait que l’État se mêle d’encadrer la morale, les sentiments, et le bonheur des individus, afin de mieux les soulager des fardeaux de leurs responsabilités et de leur liberté.

    Maintenant que le mariage civil est une loi qui encadre les sentiments amoureux et l’usage des organes sexuels afin de nous guider vers le bonheur irresponsable, il est évident que les couples incestueux ont droit au mariage, et n’ont pas plus de devoirs que les autres, c’est-à-dire qu’ils n’en ont aucun.

    Qui plus est les consanguins et autres mongoliens sont exterminés avant d’avoir vu le jour – car un reste de morale passéiste nous gêne encore un peu à l’idée de les tuer après qu’ils l’ont vu, ce qui n’a évidemment aucun sens.
    Dans un pays moderne, donc matérialiste, la place des handicapés est à la poubelle.

    Les rapports sexuels consanguins n’ont donc plus aucun inconvénient; et comme l’État nous enseigne de la sexualité rend heureux, il ne peut décemment pas ne pas les bénir de son onction tricolore en notre nom à tous.

    Certains esprits rétrogrades non encore rééduqués par un séjour en prison ni suffisamment terrorisé pour se taire, risque de se poser la question de la procréation pour les frères et soeurs mariés civilement.
    La répression lui permettra de voir à quoi ses impôts servent : La GPA et la PMA rendront les couples incestueux aussi féconds que s’ils étaient homosexuels !

    Et le mariage pour tous méritera encore un peu plus son nom.

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    • quinctius cincinnatus

      09/10/2014

       » l’ Eglise posait même des degrés de séparation entre les époux  » … avec, cependant, un certain nombre de dérogations officielles ( papales ) principalement pour les lignées royales ; quant à l’inceste ( lire Restif de la Bretonne ) y compris celui entre frère et soeur et aux  » accouplements pastoraux  » entre cousins tantes ou oncles non religieusement mariés ( on disait à la mode bretonne , bourguignonne etc … ) ils étaient monnaie courante … cependant si l’ Eglise Catholique avait promulgué cet  » empêchement  » c’ était essentiellement pour des raisons … empiriques de consanguinité ( on a pu constater les dégâts causés par cette pratique chez les pharaons ) … remarquons enfin qu’ à peu près toutes les civilisations  » condamnent  » l’ inceste

      je ne parle pas des Borgia , @ Jaurès s’ en chargera certainement parce que là il est dans son bouillon de …Culture !

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      • Jaures

        10/10/2014

        Vous avez raison Quinctius. J’ajoute que la consanguinité était courante dans les villages où seules vivaient 5 ou 6 familles. C’est le curé qui donnait alors son consentement lui donnant un contrôle sur la vie du village et un pouvoir considérable auprès des paroissiens.
        Pour les nobles, il s’agissait par les 7 degrés de consanguinité minimum imposés, de veiller à ce que des familles puissantes ne puissent rivaliser avec l’autorité religieuse.
        Tout cela a disparu durant le XVème siècle.

        La prohibition de l’inceste est effectivement une loi commune à la quasi totalité des civilisations.

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        • Fucius

          10/10/2014

          « Pour les nobles, il s’agissait par les 7 degrés de consanguinité minimum imposés, de veiller à ce que des familles puissantes ne puissent rivaliser avec l’autorité religieuse. »

          Votre fanatisme anticlérical est comique.
          Tous pervers et pourris jusqu’à la moelle, sans aucune exception ! C’est pourquoi l’Occident est devenu la civilisation la plus arriérée du monde.

          Plus sérieusement, parmi les motivations de ces dispositions, il y a la lutte contre la consanguinité mais aussi celle contre le clanisme.

          « La prohibition de l’inceste est effectivement une loi commune à la quasi totalité des civilisations. »

          Nécessité fait loi.
          Ceux qui ne l’ont pas fait ont été éliminés de l’Histoire.
          Comme les civilisations qui ont sombré dans le socialisme, autre nom de la décadence.

          Il est donc naturel que notre État socialiste abolisse cet interdit qui, encore une fois, n’a plus sa place.
          Les faits, trop cruels, doivent s’effacer devant les sentiments, et le Progrès consiste à abolir Devoir et Responsabilité.
          Marions-les donc, car leurs sentiments l’exigent, et fournissons-leur contraceptifs, avortement, GPA et PMA.
          Quant aux arriérés qui critiqueront, les milices « associatives » se chargeront d’en faire des exemples.

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      • Fucius

        10/10/2014

        « avec, cependant, un certain nombre de dérogations officielles ( papales ) principalement pour les lignées royales »

        Le pouvoir corrompt, et le pape n’a pas nécessairement le dessus. Peut-être en cédant aux puissants poursuivait-il des objectifs plus nobles et plus vastes. Peut-être était-il corrompu.

        Ne moquons pas la difficulté de nos ancêtres à appliquer la séparation entre les ordres religieux et le régalien, nous n’avons pas de leçons à leur donner, nous qui l’avons complètement abandonnée.

        Le christianisme se caractérise par un mode original et efficace de conciliation entre la pureté des idéaux et l’impossibilité de les réaliser: Ces idéaux nous sont beaux et chers parce qu’ils sont notre vraie nature; notre incapacité à les atteindre, cruel constat quotidien, est mystérieusement effacée par le Christ, à condition que nous persistions à Le suivre, malgré tout.

        Cela vaut mieux que le cynisme, le désespoir, ou le matérialisme qui nie la sacralité de l’Homme.
        Ceux qui n’y voient que de l’hypocrisie sont superficiels.

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        • Jaures

          10/10/2014

          Vous avez raison:le type qui se faisait bruler vif, égorger ou passer à la question devait largement se consoler en se disant qu’il ne subissait cela non par cynisme ou désespoir mais par l’impossibilité d’atteindre l’idéal chrétien.
          Le tortionnaire devait d’ailleurs souffrir atrocement devant ce « constat cruel »…

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  6. Jaures

    09/10/2014

    « pour qualifier un viol ou une agression sexuelle, il faut déterminer s’il y a consentement ou non de la victime quel que soit son âge !  »

    Ceci est une contre-vérité !
    La majorité sexuelle est en France fixée à 15 ans. Toute relation sexuelle entretenue avant cet âge avec un adulte est délictueuse, consentement ou non (art 227-25 code pénal)
    De plus, avant 18 ans, une relation entretenue avec un adulte exerçant une autorité (parent, enseignant, prêtre,…) est également répréhensible, même avec consentement. (art 227-27)

    On peut discuter du statut pénal de l’inceste mais pourquoi fausser le débat avec de telles inepties ?

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    • quinctius cincinnatus

      09/10/2014

      l’ article 227-27 vient de prendre un coup; la Cour du Puy de Dôme vient de relaxer une femme de 40 ans qui avait eu un enfant alors que le père avait tout juste 17 ans qu’ il était amoureux de la dame et naturellement …  » consentant  » … je ne pense pas qu’ il en aurait été de même si la  » distribution  » des  » sexes  » avait été contraire !

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      • Jaures

        10/10/2014

        Le 227-27 n’est pas concerné par cette affaire si l’adulte n’est ni parent, ni détenteur d’une autorité sur le mineur (ici sexuellement majeur).

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