Le totalitarisme : pouvoir et savoir sur la mort

Posté le juin 27, 2014, 5:42
4 mins

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Nos sociétés jouent avec ce avec quoi on ne doit pas jouer. Toutes les époques ont leurs horreurs. Depuis l’aube de la civilisation, chaque Européen a vu la fin de la du monde civilisé à sa porte. Mais il n’est pas besoin de dire que c’était mieux avant : c’était surtout différent. Et la principale différence, c’est que le pouvoir (pas seulement politique), n’a jamais eu autant d’emprise sur la vie… et sur la mort. 

De fait, il est intéressant de remarquer quelles sont les caractéristiques de notre chute, à nous, aujourd’hui. La soupe du jour a véritablement un goût de mort, avec quelques poils de barbe d’islamiste et de seringue de médecin Français. On assiste à un double nihilisme. Au chevauchement et à l’entre-chevauchement de deux cultures de morts, distinctes, et pourtant si proche :

  • – L’islamisme, qui tue au nom de la Charria, (Meriam et Asia Bibi, et les milliers de victimes)
  • – et le socialisme, qui tue au nom du progrès. (Vincent Lambert, l’acquittement du « docteur » Bonnemaison, l’avortement massifi).

Entre l’Islam et le socialisme, la Charria et le « progrès », il y a un lien profond : c’est le totalitarisme. 

Hannah Arendt disait que le totalitarisme n’est pas tant un « régime » politique qu’une « dynamique autodestructive», qui cherche à détruire tout ce qui lui résiste : la famille, les libertés individuelles, la liberté d’éduquer ses enfants, la liberté de disposer des fruits de son travail, jusqu’au droit même, pour l’embryon, de naître, pour le chrétien, de se marier, et pour le faible, de vivre. Dans ce monde, tout est instrumental, tout sert au pouvoir ; le langage, le média, le fonctionnaire, l’instituteur, et l’imam, tous sont autant d’instruments pour asseoir le règne de l’état sur la vie humaine.

Cette emprise totale de l’État sur la vie humaine, qu’il soit islamique ou socialiste, relève de ce que Michel Foucault appelait la « biopolitique », cette immission du pouvoir dans la vie des gens qui repose, au fond, sur un savoir. « Savoir, c’est pouvoir. »

 

« Le pouvoir, au fond, produit du savoir »

Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, tout le monde sait, ou pense savoir. Mais seul le savoir dominant tranche. Le médecin sait, l’instituteur sait, le haut-fonctionnaire sait, le journaliste sait, l’expert sait. Dans un monde islamiste ou socialiste, seule la procédure demeure : seul l’interprète autorisé des Hadiths, du Coran ou de la Charria sait  ; seul l’interprète des Droits de l’homme, du code pénal ou de l’ « opinion publique » sait. Le pouvoir, au fond, produit du savoir.

La grande leçon de Michel Foucault, quoiqu’on pense de lui, c’est que le pouvoir n’est pas seulement oppressif ou violent ; à proprement parler, il ne s’exerce pas sur les personnes : il fait les personnes.

Et si le pouvoir fait les personnes, il peut les défaire, quand bon lui semble. La logique est imparable. Vous voulez dissiper l’obscurité de l’homme ? « Découpez un cadavre », disait Bichat, cet immense médecin qui a fait de la mort, non plus un mystère, mais un savoir…

Vivien Hoch est doctorant en philosophie, directeur d'un pôle de recherche et communiquant politique.

16 réponses à l'article : Le totalitarisme : pouvoir et savoir sur la mort

  1. 29 juin 2014

    vous vivons présentement sous un régime totalitaire et policier,il ne manque plus que les goulags ,mais ça viendra dès que l’on va enfreindre ou barrer la route à la pensée unique, déjà on ne peut plus pratiquement rien dire de peur que l’on déforme nos propos, bientôt on aura peur de sortir,peur de dire qu’on est chrétien ;par contre pour les musulmans il ne faut rien dire sinon on est classé de raciste…..marre du hallal….etc…..l’état annonce toujours …bon ramadan aux musulmans; tandis qu’aux chrétiens jamais bonnes Pâques…..braves gens dormez tranquilles l’état veille sur vous….!!!!

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  2. druant philippe

    29 juin 2014

    Attali a 68 ou 69 ans , il est donc temps de le soumettre à l’ euthanasie qu’ il préconise comme tout mondialiste.
    Tout malthusien qui se respecte devrait approuver l’ euthanasie massif à l’ échelle planétaire ; seulement , la méthode est cruelle et il vaut mieuxaisser dame nature agir en supprimant toute aide médicale aux pays qui ne mettent pas en oeuvre une politique de décroissancedémographique à la chinoise ou à la thailandaise (plus douce) .

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  3. orldiabolo

    28 juin 2014

    Belle analyse de V. Hoch…

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  4. Kiwala

    28 juin 2014

    Il fut un temps où les médecins et chirurgiens, comme de tout temps, avaient la haute main sur leurs décisions non seulement “professionnelles”, mais humaines.
    Et, de tout temps, après avoir prêté le serment d’Hippocrate, il leur est arrivé de devoir trancher devant ce dilemme : est-il préférable de laisser mourir ou faut-il continuer de s’acharner à vouloir sauver ?

    Certes, la société change, certes, la famille, les proches, le patient lui-même, bien sûr, doivent aussi avoir voix au chapitre, mais le médecin doit aussi conserver son entière liberté d’être humain : poursuivre ou ne pas poursuivre ses soins, en son âme et conscience. Il ne doit pas être transformé en simple exécutant des volontés des proches ou même de la loi.
    Si l’on veut continuer à avoir des médecins “responsables”, ne leur retirons pas cette responsabilité.
    A chaque médecin, donc, de savoir jusqu’où il veut aller lui-même : cela fait partie de ce “métier” ô combien difficile, qui ne saurait devenir uniquement un métier hautement spécialisé : sa “fonction” sociale est capitale, et la décision ultime, concernant ses actes, doit rester la sienne, puisqu’il est celui qui pratique, aussi, l’acte médical – et pas seulement celui qui en décide.
    Un médecin qui ne veut pas poursuivre les soins, jugeant que laisser mourir tranquillement vaut mieux, doit pouvoir dire “non”, quitte à ce que le patient, si la famille, elle, s’oppose à cette décision, soit pris en charge par un autre médecin… volontaire.
    De l’autre côté, je trouve abominable, sur le plan humain, de demander aux proches de trancher, quand eux-mêmes n’ont pas le savoir médical le leur permettant et quand leur décision ne peut être exempte de toute la charge affective qui ne pèse pas sur le médecin tiers.
    La décision doit se prendre en concertation avec le médecin ou chirurgien, et demeurer confinée à ce cercle, pour moi : la loi n’a pas à trancher, ici !
    Le médecin doit, bien sûr, agir dans le respect des règles de la médecine et de l’éthique qui y est attachée, mais sans que son “âme et conscience” s’en trouvent violées.
    De tout temps, un médecin ou chirurgien se sont trouvés confrontés à ce dilemme, et de tout temps la loi leur a laissé cette tolérance, qui ne peut que rester dans le non-dit, bien sûr !
    On ne peut légiférer sur tout, quand, dans la vraie vie, tout, pourtant, se présente…

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    • orldiabolo

      28 juin 2014

      Kiwala a dit “De tout temps, un médecin ou chirurgien se sont trouvés confrontés à ce dilemme, et de tout temps la loi leur a laissé cette tolérance, qui ne peut que rester dans le non-dit, bien sûr !” Eh oui, seulement voila, depuis une trentaine d’année, on a décidé que le fameux “pouvoir médical” devait céder la place. La mode est au “consensus” : tout le monde doit mettre son grain de sel. On doit discuter les indications opératoires, les traitements médicamenteux, les retours à la maison, etc. avec la famille, l’infirmière, l’aide-soignante, le curé, le mufti et tutti quanti. Mais chose bizarre, quand ça finit mal, on retrouve plus qu’un seul responsable, le chirurgien, comme par hasard ! Tous les autres sont aux abonnés absents…
      Chaque malade est une exception, un cas particulier. Or on ne doit pas légiférer sur des exceptions, mais sur les cas généraux…

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  5. philiberte

    28 juin 2014

    ajoutez l’avis d’Attali: “« dès qu’il dépasse 60-65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte cher à la société. La vieillesse est actuellement un marché, mais il n’est pas solvable. Je suis, pour ma part, en tant que socialiste, contre l’allongement de la vie. L’euthanasie sera un des instruments de nos sociétés futures ». (Jacques Attali « l’avenir de la vie »)

    et on aura une petite idée de ce qui attend les vieux dans un futur peut-être pas si lointain…

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    • quinctius cincinnatus

      28 juin 2014

      quel est l’âge d’Attali ? qu’a t il ” produit ” entre 18 et 60 ans ? voilà les questions qu’il faut lui poser !

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      • HansImSchnoggeLoch

        28 juin 2014

        La réponse est implicitement dans la question.
        Attali, l’éternel socialiste inutile, serait le candidat idéal à sa propre recommandation.

        PS: le film “Solei vert” (Make room) anticipait déjà ce genre de situation. Attali l’avait très certainement visionné.

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        • philiberte

          29 juin 2014

          le film “l’age de cristal”, avec Mickaël York, allait encore plus loin: c’est à 30 ans qu’on disparaissait! tandis que les gouvernants frôlaient la soixantaine!

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          • HansImSchnoggeLoch

            29 juin 2014

            Je l’ai vu, mais comme on parlait de vieux….
            Mais bon on est toujours le vieux de quelqu’un même à trente ans.

    • Kiwala

      28 juin 2014

      C’est assez étonnant, tout de même, que ce “penseur” oublie à ce point la vénération portée, dans toutes les civilisations, à la “sagesse” des anciens.
      “Quand un vieillard meurt, disent certains Africains, c’est tout une bibliothèque qui disparaît”…
      “Produire”, ce n’est pas seulement fabriquer des objets matériels dans une usine, et, que je sache, “penser”, “réfléchir”, “enseigner”, “transmettre”, ça pourrait bien aussi être vu comme de la “production”, à l’heure où notre chère école, elle, n’hésite pas à parler de “production d’écrits” de ses pauvres élèves !
      Car Attali oublie qu’on ne “produit” pas non plus tant qu’on est élève : faut-il supprimer alors tous nos enfants ? (Oui, je sais, c’est absurde…)

      Pour ma part, je trouve qu’il serait préférable de laisser l’avenir être à venir, et de s’occuper de penser notre présent… Il y a fort à faire, monsieur Attali ! Surtout quand on sait que le présent ne peut se nourrir que du passé, tant le futur reste hypothétique par la force des choses – et des “hypothèses”, ma foi, on en a lu des kilomètres dans le passé, dont beaucoup ne sont jamais devenues réalité –, et que notre chère école, elle, si elle prétend décider quels citoyens deviendront ses élèves dans un futur qu’elle décrète, pour ce faire, tel que notre présent, ne leur fournit plus les clefs d’accès à ce passé.
      Pour penser, donc, un présent qui ne repose plus que sur un passé escamoté et un futur-fiction qui emprisonne la liberté de devenir, donc bien bancal tout de même, tout en étant pourtant là, à notre porte, un peu de réflexion, nourrie de ce qu’on peut encore comprendre d’un monde privé de son passé : l’expérience d’une vie, au minimum, eh bien… je trouve que ça peut servir – et plus elle sera longue, finalement, cette expérience d’une seule vie, plus la réflexion sera riche… et productive.
      A défaut de pouvoir encore asseoir le présent sur un passé pas encore totalement moribond, puisqu’on continue de pouvoir le retrouver un peu dans l’écrit, les livres, et même ceux de M. Attali, car, sinon, pourquoi écrit-il ?
      Les écrits restent… n’est-ce pas ? Et sont bien souvent l’oeuvre d’auteurs ayant largement dépassé la soixantaine. Age “solvable”, s’il en est : il “produit”, au contraire, une bonne part du passé consultable par des générations à venir, qui en nourriront leur présent, si l’école ne les en rend pas totalement incapables !

      Mais, en cette époque de plus en plus privée de son passé, pour le moment, il est au contraire urgentissime de conserver “nos vieux” le plus longtemps possible. Surtout qu’on est, aussi, aujourd’hui, “jeune” de plus en plus longtemps, soit… sans expérience à exploiter ou à transmettre !
      Laissons-leur donc le temps de devenir enfin “adultes”, avant que de vouloir les décréter “vieux” et à euthanasier.
      Un peu de cohérence, ou de simple bon sens… parfois, ça fait du bien : on ne peut repousser les limites d’âge de la jeunesse, sans repousser les limites d’âge de ceux qui suivent sur l’échelle des âges…
      Et… il faut être au moins socialiste, c’est sûr, pour pouvoir écrire qu’on serait “contre l’allongement de la vie” – car quel être simplement humain peut donc décider de la légitimité de la vie… des autres ?
      Sinon quelqu’un qui ne voit l’autre que comme “citoyen” ou “acteur d’une société”, qui est ce qu’elle est, mais… si elle doit justifier qu’on impose une “fin de vie” à ses membres, mon Dieu, je me demande tout de même si on n’est pas en train de se tromper de modèle de société !
      D’abord, on vous impose d’y être solidaire et assisté, et, ensuite, on fait les comptes : “Tu coûtes trop cher, dégage !”
      Ahurissant.
      Ça me rappelle certains propos de Vincent Peillon, alors ministre de l’Education nationale, et appelant de ses voeux que l’école devienne “une nouvelle Eglise, avec ses nouveaux prêtres et ses nouveaux membres”…, qui professeraient et pratiqueraient bien sûr tous une “nouvelle religion : la laïcité”.
      Ou encore Peillon, qui prétend que “tout homme peut devenir le Christ républicain… C’est aux hommes de continuer la création divine”… !

      Divine ou pas, laïque ou pas, la vie : moi, je préfère nettement qu’on laisse Dieu là où il est, la vie là où elle est, et que les humains ne s’occupent de n’être que des êtres humains… avant que de vouloir remplacer Dieu par des dieux humains, qui décideraient donc éventuellement de notre “fin de vie” ???
      Un petit parfum de nouvelle Barbarie, somme toute… avant qu’une nouvelle grande religion ne vienne peut-être y mettre de nouveau un frein : bonjour l’Islam, les catacombes, c’est pour aujourd’hui, l’Inquisition, pour demain, et… la Révolution issue des Lumières, pour… dans très longtemps, je le crains. Puiseront-ils, les futurs philosophes des futures Lumières, dans les écrits de M. Attali ? J’ai quelques doutes.

      A propos de ceux “qui coûtent cher à la société”, cela dit, moi, j’en trouve beaucoup d’autres :
      – les enfants
      – les malades pas vieux
      – les “en arrêt maladie” pas malades
      – les assistés de tout poil pas encore vieux non plus, qui pourraient, peut-être, être un peu moins assistés… puisqu’ils ne sont ni malades, ni vieux, ni “incapables”, etc.
      Ça en fait du monde… à euthanasier, si on euthanasie selon le coût de la vie.
      Sans parler du coût de la culture subventionnée par l’Etat, grande spécialité française… et qui assure notamment la pérennité des livres de M. Attali et leur vente à prix… doux.
      L’art, la culture, et le livre : ça aussi, c’est devenu un “marché”, et… est-il “solvable” ? Pas si sûr…

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  6. 28 juin 2014

    Qui a raison ? qui a tort?
    Tout dépend de la qualité des arguments employés et de l’art oratoire du débatteur!
    Autrement dit, tout est vrai…tout est faux…. !
    Placé devant un tel dilemme concernant une intervention chirurgicale d’une parente en fin de vie et inconsciente, j’ai simplement dit au chirurgien qui me demandait l’autorisation d’opérer: ” faites comme si elle était votre mère, moi je ne sais pas”.
    ( et il n’a pas opéré)

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    • orldiabolo

      28 juin 2014

      C’est exactement ce que j’ai fait chaque fois que j’ai eu une décision médicale difficile. Je me disais “et si c’était Maman, tu conseillerais quoi ?”

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