L’éthique, grande oubliée de la campagne

L’éthique, grande oubliée de la campagne

Dans notre société de plus en plus corrompue, de plus en plus laxiste et dans laquelle la morale a de moins en moins sa place, il faut s’inquiéter de voir à quel point l’éthique a été absente des débats électoraux.

Ainsi un silence consternant a entouré le report – voté le 2 mars dernier – du délai légal de l’IVG de 12 à 14 semaines.

Or, comme le notait le professeur Israël Nisand, interrogé dans le « Figaro Vox », du 2 décembre dernier, la technique utilisée pour pratiquer un avortement au-delà de 12 semaines de grossesse est « un calvaire pour les médecins ».

« N’oublions pas que l’allongement du délai d’IVG est un calvaire pour les médecins qui doivent pratiquer une IVG. À 16 semaines d’aménorrhée, soit à 14 semaines de grossesse, le fœtus mesure environ 120 millimètres, sa tête est ossifiée. Pour le sortir, il faut démembrer le fœtus et écraser sa tête. C’est insoutenable pour beaucoup de professionnels », a affirmé le gynécologue, fervent opposant à l’allongement du délai de l’IVG.

Il s’agit là ni plus ni moins d’un infanticide avalisé par l’Assemblée nationale et le Sénat !

Voilà un crime dont s’est rendu coupable de notre gouvernement, sans la dénonciation, à ma connaissance, de nos candidats à la présidentielle ni aux législatives.

Par ailleurs, il faut noter que la GPA – « grossesse pour autrui » ou, pour appeler un chat un chat, la « location de ventre » – interdite jusqu’à présent en France, est sur le point d’être légalisée.

Cette interdiction s’accompagnait de beaucoup d’hypocrisie et Emmanuel Macron n’avait jamais montré d’hostilité envers cette pratique.

Et voilà qu’à la suite de la guerre en Ukraine, un très grand nombre de femmes de ce pays, qui portaient des enfants pour des femmes françaises, viennent accoucher sur notre sol et, de ce fait, la GPA risque fortement d’être prochainement légalisée en France !

Enfin, non seulement l’évocation de l’euthanasie n’est plus un tabou, mais le chef de l’État lui-même s’y dit favorable.

Certes, il faut tout faire pour réduire les souffrances des personnes en fin de vie, mais on oublie tout simplement que la loi Claeys-Léonetti de 2016, permet – grâce aux soins palliatifs – de limiter au maximum ces souffrances.

Ces soins palliatifs permettent à ces personnes de quitter la vie de la façon la plus sereine possible, en étant entourées de proches. Ces soins n’excluent pas de fortes doses de sédatifs qui peuvent, bien sûr, accélérer la mort mais celle-ci, quand elle survient, est naturelle.

Pourquoi nos dirigeants ne font-ils rien pour développer ces soins et envisagent-ils de légaliser l’euthanasie ? Tout simplement, et de façon cupide, pour une question de coût : il n’y a bien évidemment aucune comparaison entre le prix d’une simple piqûre pour euthanasier une personne et celui de soins palliatifs.

Voici quinze siècles, Hippocrate, le père de la médecine, a prescrit des règles connues sous le « serment d’Hippocrate » que tous les médecins s’engagent à respecter à la fin de leurs études, et qui ont pour but de défendre la vie, de refuser tout acte qui irait dans un sens contraire, comme l’avortement et l’euthanasie, et de soigner aussi bien les riches que les pauvres.

En vingt-cinq siècles, la science a fait bien des découvertes, notamment dans le domaine de la médecine. Cependant, il faut avoir conscience que tout ce qui est possible scientifiquement est loin d’être toujours permis.

Au niveau de l’avortement, comment pourrait-on condamner une mère qui y recourt quand elle sait que l’enfant qu’elle porte sera trisomique et sait qu’elle risque de mourir avant lui ?

Par contre, quand les moyens de contraception modernes, permettent de contrôler les naissances, il semble que les avortements devraient être limités le plus possible. Qu’une mère demande un avortement thérapeutique semble justifié mais, dans tous les autres cas, elle ne devrait jamais attendre quatorze semaines pour faire ce choix.

Qui, parmi les membres de notre gouvernement et nos futurs députés, aura le courage de remettre les pendules à « l’heure » !

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(5) Commentaires

  • Gérard Pierre Répondre

    @ Rolland.

    Une amie de longue date, aujourd’hui octogénaire, était déjà maman d’un premier enfant atteint d’une malformation cérébrale lorsque nous fîmes sa connaissance. C’était, … et c’est toujours, … une Catholique fervente.

    Elle se retrouva un jour enceinte pour la seconde fois. Elle vécut l’évènement dans l’angoisse.

    Atteinte de je ne sais plus trop quelle maladie inquiétante au cours de cette deuxième grossesse, son médecin traitant, … plein de « délicatesse », … connaissant ses antécédents, … lui asséna alors sans ménagement, après avoir examiné ses analyses, ses échographies et autres données : «  Préparez vous à lui tricoter des pulls sans manches ! », … afin de la préparer à donner naissance à un enfant trisomique !

    Notre amie, farouchement opposée à l’avortement, accusa la « révélation », et se prépara à subir une nouvelle épreuve dans sa chair de mère.

    L’enfant vint au monde, sans anomalie apparente. Le pédiâtre, par la suite, n’en décela lui-même aucune ! … Le bébé grandit, et eut même un petit frère.

    Aujourd’hui, tous les deux ont suivi une bonne scolarité, ont fait d’excellentes études, sont sortis de deux écoles d’ingénieurs renommées, sont mariés, ont des enfants qui donnent eux-même de grandes satisfactions à leur parents, et à leur … grand mère !

    Comme quoi, … même quand un homme de l’art vous annonce le pire du haut de sa science, mieux vaut s’en tenir à ses principes fondamentaux.

    Pour la petite histoire, l’aîné des trois est toujours en vie, pris en charge dans un institut spécialisé.

    La vie humaine est SACRÉE ! … Il n’appartient pas à l’homme de décider du bien fondé ou non de son existence !

    21/06/2022 à 17 h 34 min
    • Rolland Répondre

      Très belle histoire… A laquelle je suis déjà accoutumé, ayant déjà eu des amis proches à qui l’on conseillait l’avortement des jumelles pour probable trisomie 21…
      Résultat : normales à la naissance, normales pendant l’enfance, … et donc évidemment tout-à-fait normales aujourd’hui (15 ans après !)

      Ce que je reprochais précisément à l’auteur de l’article, c’est son incohérence intellectuelle !
      Comment peut-on dire :
      – avortement à 14 semaines = infanticide, donc monstrueux et impossible moralement !
      – avortement à 12 semaines = acceptable pour de « justes » raisons….

      C’est sans doute le « En même temps » des 4 Vérités ?

      21/06/2022 à 17 h 53 min
    • quinctius cincinnatus Répondre

      Vous ne pouvez pas savoir le nombre d » ‘ hommes de l’ Art  » qui sont de parfaits Savonarole  » scientifiques  » ou  » moraux  »
      J’ ai une histoire bien plus glauque. Celle de ce médecin hospitalier qui  » me  » justifiait la naissance de deux enfants atteints de lésions cérébrales irréversibles chez la même mère en me disant , sans preuves aucunes, mais même quand cela aurait été, que cette superbe jeune femme polonaise trompait son mari sans vergogne aucune … Ce médecin était un catholique très, très pratiquant … la méchanceté et la bassesse de l’ âme humaine ne connaissent pas de distinctions  » religieuses  » … En réponse je lui avais dit que ses propos étaient ignobles et qu’ il était indigne d’ être médecin … Cependant , il était très  » estimé  » aussi bien par ses malades que par ses confrères et a même tenté et plus ou moins réalisé une petite carrière politique … moi je l’ ai toujours rangé dans la catégorie des  » salauds  » Je pense même maintenant que cela a coûté un poste hospitalier à mon épouse

      26/06/2022 à 16 h 08 min
  • Rolland Répondre

    Non, Monsieur !

    Si vous considérez l’avortement comme le meurtre d’une personne humaine innocente, c’est-à-dire comme un crime, vous ne pouvez écrire cette phrase : « Au niveau de l’avortement, comment pourrait-on condamner une mère qui y recourt quand elle sait que l’enfant qu’elle porte sera trisomique… »

    Trisomique ou non, cet enfant est un être humain innocent, un point c’est tout ! Rien ne vous autorise à le tuer sous prétexte que vous estimez a priori que sa vie ne vaudra pas la peine d’être vécue ! D’ailleurs, avez-vous entendu parler de la fondation Lejeune ? Et surtout, connaissez-vous des trisomiques ? Allez donc leur dire en face, si vous l’osez, qu’ils auraient mieux fait de ne pas naître….. Et rapportez-nous le résultat de l’entrevue !

    « Qu’une mère demande un avortement thérapeutique semble justifié… » : Justifié par quoi ?
    Objectivement, est-ce un crime ? Oui ? Non ? Si, peut-être, mais pas tout de suite, à 14 semaines oui, à 12 non ?

    Comment arrivez-vous à tenir une telle position ?

    On lit de plus en plus de choses surprenantes sur ce site…

    21/06/2022 à 16 h 01 min
  • Gérard Pierre Répondre

    « Qui, parmi les membres de notre gouvernement et nos futurs députés, aura le courage de remettre les pendules à « l’heure » !

    PERSONNE ! … je le crains.

    Les temps actuels ne sont pas ceux du courage en politique, mais ceux de la politique du chien crevé au fil de l’eau et de la « communication » aseptisée.

    « Quand la réalité est effrontée au point de contredire la doxa, réécrivons cette réalité et affectons de l’avoir organisée et de la maîtriser ! » – Principe philosophique macronnien.

    Des exemples ?

    l’immigration,
    la politique sécuritaire,
    la covid,
    l’inflation,
    le chômage,
    le « patriotisme » industriel,
    le coup de pied au c.l du Mali,
    « l’unité » de l’Europe,
    la politique hospitalière,
    … et j’en passe ! … ! ! !

    Le jour où un Homme politique osera affirmer, … à l’instar de ce que pense la plupart des biologistes du monde entier, … que LE FOETUS EST UN ÊTRE HUMAIN DÈS SA CONCEPTION, … et que L’AVORTEMENT EST DONC UN CRIME, … alors enfin, peut-être, les yeux des  »déshumanistes » se descilleront-ils !

    Peut-être se rapelleront-ils alors qu’une loi de six mots, votée en 1981, disait simplement : « LA PEINE DE MORT EST ABOLIE »

    Peut-être découvriront-ils alors ce qu’elle a de plus INEPTE, … à savoir que, pour bénéficier de son application, il convient d’avoir, AU PRÉALABLE COMMIS DES CRIMES !

    Les innocents, … EUX, … dans le ventre de leurs génitrices, … sans avocat pour assurer leur défense, … n’ont pas droit au bénéfice de cette loi !

    Allez comprendre !

    21/06/2022 à 10 h 22 min

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