Lettre ouverte adressée à M. Yves Jego, député

Lettre ouverte adressée à M. Yves Jego, député

Monsieur le député,

J’apprends que lors du débat sur le secret promis aux mineures qui avorteraient, vous avez pris position en faveur de ce secret et que, lors d’une discussion avec votre collègue M. Dominique Tian, vous auriez dit :

– M. Yves Jego :Je ne sais pas si l’avortement est toujours un drame.

– M. Dominique Tian : En principe, oui.

M. Yves Jego : Sans doute. Mais je sais une chose, c’est que c’est toujours un droit. Et il faut que l’on se batte pour les droits. Se battre en particulier pour les droits des femmes et permettre le progrès est tout à l’honneur de l’assemblée. Il était important que ce soit un homme qui le dise, en tout cas au nom du groupe UDI.

Ce qui m’inspire deux observations :

1 – Même si l’avortement est un « droit », rien ne vous obligeait à amplifier ce droit, qui était, comme beaucoup de droits, un droit des personnes majeures, les personnes mineures ne pouvant exercer leurs droits que par l’intermédiaire ou avec le consentement de leurs parents, dont la maturité est mieux à même de juger si l’exercice de tel ou tel droit conduit à la meilleure décision pour leurs enfants encore immatures et de protéger ceux-ci de décisions insuffisamment réfléchies.

Votre comportement ne consiste donc pas à « défendre un droit », mais :

à conférer aux jeunes filles mineures un droit qu’elles n’avaient pas ;

à les encourager, en leur enlevant la crainte des conséquences de leurs actes (car leur immaturité ne leur permet pas de prendre la mesure des conséquences d’un avortement), à des liaisons sexuelles précoces et multiples, au détriment de leur développement physique et psychique ;

à réduire, voire supprimer, la notion d’autorité parentale, alors que celle-ci est nécessaire à la protection des enfants mineurs.

2- Supposez que vous viviez dans un pays où battre sa femme, voire la faire lapider en cas d’adultère, est un droit, le défendriez-vous de la même manière ?

Ou, si vous préférez, tout « droit » doit-il être défendu ? ou un parlementaire a-t-il le droit – et même le devoir – de s’opposer à un droit qu’il estime néfaste ?

Veuillez agréer, Monsieur le député, l’expression de ma considération distinguée,

Marie Merlin

 

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(15) Commentaires

  • BRENUS Répondre

    Jego ? C’est bien celu iqui a fait des miracles comme ministre délégué aux Ultra-marins, il y a quelques années?
    Rien d’étonnant à ce qu’il tienne cette position car sa place naturelle est totalement a gauche et on se demande quel est le crétin de droite qui a mis ce type en avant dans son parti.

    01/12/2012 à 19 h 00 min
  • Jaures Répondre

    Philiberte, je me rends à votre avis sur le nombre de club échangistes mais pensez-vous vraiment que ceux qui les fréquentent sont les premiers clients à l’avortement ?

    01/12/2012 à 10 h 02 min
    • philiberte Répondre

      bien sûr que non, je parlais de ça pour souligner à quel point les jeunes sont blasés très tôt, par manque d’éducation.

      01/12/2012 à 21 h 38 min
  • Jaures Répondre

    Jacques Dupont, l’avortement est autorisé en France jusqu’à la 12ème semaine. Si vous parlez « d’enfant » à ce stade c’est uniquement votre opinion, elle n’a aucune valeur en droit.
    Jean Pin, je ne sais à quoi vous faîtes allusion. Avant 15 ans un mineur sera considéré comme abusé. Etes-vous contre l’avortement après un viol ?
    Philiberte, l’éducation sexuelle est lamentable en France. Si vous avez des enfants au collège, vous savez qu’aucun cours n’y est obligatoirement dispensé. Une forte proportion d’adolescentes pensent qu’on ne peut tomber enceinte après un premier rapport. Encore une fois, prenons exemple sur les pays qui développent cet enseignement et qui voient le nombre d’avortements des jeunes filles fortement diminuer.
    Enfin, contrairement à ce que vous dîtes, les jeunes ne s’allongent pas au premier baiser: l’âge du premier rapport sexuel n’évolue guère depuis 40 ans. L’arrivée de la contraception a simplement permis d’aligner l’âge du 1er rapport des filles sur celui des garçons (environ 17 ans). Et en dehors de quelques bobos, qui fréquente les clubs échangistes ?

    30/11/2012 à 17 h 05 min
    • philiberte Répondre

      « Philiberte, l’éducation sexuelle est lamentable en France.  »
      je suis tout-à-fait d’accord! c’est là qu’on doit agir, ainsi que leur apprendre à se respecter. garçons et filles, sans tomber dans l’excès américain à la mode actuellement (pas de rapports avant le mariage).
       » Et en dehors de quelques bobos, qui fréquente les clubs échangistes ? »
      beaucoup plus que vous ne croyez! le nombre de gens avec problèmes sexuels est faramineux: je vous conseille d’écouter l’excellente et très sérieuse émission de Brigitte Lahaie sur RMC tous les jours à 14h.

      01/12/2012 à 8 h 28 min
    • Aeterna Répondre

      Vous en connaissez beaucoup des pays qui ont fait baisser le taux d’avortement en développant l’enseignement sexuel à l’école??

      Pour vous, à 12 semaines, on n’est pas un enfant, ce serait une opinion que de l’affirmer. Soit! Est-on un être humain? Pour le cpup, la réponse scientifique (et non une simple opinion) est assurément positive!

      04/12/2012 à 14 h 22 min
  • Dupont Jacques Répondre

    Et les droits de l’enfant conçu ,qui est un être différent de sa Mère ,PERSONNE n’en parle …

    30/11/2012 à 12 h 23 min
  • JEAN PN Répondre

    @ Jaures:
    Il ne faut pas confondre: FEMME et ENFANT !
    Si nous continuons ainsi, nous ferons bientôt comme Mahomet, nous pourrons prendre pour épouse des « FEMMES » de 6 ans !!!

    30/11/2012 à 10 h 34 min
  • F Répondre

    Bravo, Madame!

    J’ajouterais qu’aujourd’hui, la malhonnêteté ambiante et la pression des lobbys ne donne comme alternative aux jeunes filles enceintes QUE l’avortement. Alors, là, pas de problème, on les aide. Au point de faire payer à tous cet acte barbare, même si leur conscience se révolte.
    Ne serait il pas temps de leur proposer aussi de les aider pour mettre leur enfant au monde et d’aider ce gosse à trouver une famille de remplacement éventuelle?
    On nous rebat les oreilles des droites de l’homme, droits des mineurs, droit de ceci, droit de cela, n’est il pas temps de parler du droit de ces enfants à vivre? N’est il pas temps de prendre conscience que LUI, n’a rien demandé, rien fait de mal et qu’il est temps de cesser d’appeler « droit » cette peine de mort qu’on n’applique plus qu’aux innocents?

    30/11/2012 à 9 h 23 min
  • philiberte Répondre

    l’éducation sexuelle s’est développée, à l’école ou ailleurs. comment se fait-il qu’un nombre croissant de fillettes tombe enceintes? soit elles ne comprennent pas ce qu’on leur dit, soit « quelqu’un » passe derrière cet enseignement pour le démonter. je me souviens de mon adolescence où les garçons racontaient qu’après avoir été excités, ils risquaient de mourir si la fille ne cédait pas…
    c’est beau, la libération sexuelle, mais je trouve lamentable que de jeunes ados s’allongent dès le premier baiser. elles sont blasées à 20 ans. ce qui explique peut-être pourquoi à 25 elles fréquentent les clubs échangistes.
    leur corps leur appartient, c’est vrai, mais le respecter serait déjà un premier devoir envers lui. avant les droits.

    30/11/2012 à 9 h 18 min
  • Jaures Répondre

    Chère Marie, ce n’est pas parce qu’on est mineur que l’on a pas de droits. En France, la majorité sexuelle est fixée à 15 ans, les parents ne sont plus dés lors obligatoirement consultés. N’oubliez-pas que, même mineure, une fille est propriétaire de son corps.
    Par ailleurs, quel mal y a-t-il à conférer un nouveau droit ? Les femmes ne se sont-elles pas battues pour cela, acquérir des nouveaux droits, un à un: le droit de vote, l’autorité parentale, le droit de travailler, l’accès à la contraception, etc..
    D’autres sont à acquérir (l’égalité salariale par exemple) et ce sont les femmes qui diront quand ce sera assez.
    Enfin, depuis la liberté de contraception, l’âge du premier rapport sexuel n’a guère évolué et il est inutile d’avoir des relations multiples pour tomber enceinte: une seule suffit.
    Dans un régime démocratique, c’est le peuple par ses représentants qui décide de la légitimité d’une loi. Si un droit est considéré comme juste, il doit être étendu comme un droit inique (comme la lapidation) doit être aboli.
    Si vous souhaitez réduire le nombre d’avortements, battez-vous pour une meilleure éducation sexuelle à l’école et un accès plus aisé à la contraception. Grâce à cette politique, le nombre d’avortement a baissé de plus de 30% aux Pays-Bas.

    29/11/2012 à 19 h 03 min
    • quinctius cincinnatus Répondre

      l’éducation sexuelle comme TOUTE éducation est bien souvent un leurre bien que vous sembliez penser qu’elle suffise à donner naissance à un être civilisé et en voici une preuve indienne :

       » la civilisation m’a été imposée… et elle n’a rien ajoutée à mon amour de la vérité , de l’honnêteté et de la générosité ..  »
      Standing Bear chef Sioux Oglala

      il faut écouter les  » sages  » et non les  » maîtres  »

      celui (celle) qui ne se respecte pas soi même pourquoi les autres le ( la ) respecterait il ( elle ) ?

      30/11/2012 à 19 h 55 min
      • philiberte Répondre

        ah? c’est une preuve, ça? le grand chef sioux, n’a reçu aucune éducation avant la civilisation, sans doute?

        01/12/2012 à 8 h 23 min
    • Firmin Répondre

      N’oubliez-pas que, même mineure, une fille est propriétaire de son corps.

      Ah ah ! Tant pis pour les garçons…
      Remarquez, c’est bien d’être propriétaire !  Quand on est propriétaire, on peut donner son bien, le prêter, le louer, le vendre, le détériorer, ne pas l’entretenir, le détester, l’exécrer, et même le détruire ! Au fond, on fait ce qu’on veut, du moment qu’on est « propriétaire » ! Non mais…
      Concernant cette propriété « de son corps », il faudrait vite abolir la loi liberticide et inégalitaire qui oblige « assistance à personne en danger ». Que si quelqu’un veut abuser de son corps, le mutiler, le dégrader, on ne voit pas pourquoi, il n’aurait pas le droit, au nom des droits de l’homme, on n’a pas le droit moral d’empêcher quelqu’un de se faire nuisance, il en a le droit, faudrait quand même être logique.
      Pour « la majorité sexuelle est fixée à 15 ans », ce qui montre à quel point notre pays est rétrograde… En effet dans de nombreux pays avancés et ayant un niveau de vie bien supérieur au nôtre, cette « maturité » est fixée à 9 ans, ce qui est déjà très tard, heureusement, des « exceptions » de 6 ans ou un peu plus, sont tolérées, pour le bien de l’humanité. Il serait bon qu’un socialiste avancé fasse une proposition de loi pour modifier cet âge de 15 ans nettement rétrograde… Encore une fois, la France est en retard…
      Par ailleurs, si la « majorité sexuelle est fixée à 15 ans », il n’y a pas d’âge légal pour la maturité psychique, c’est dommage, certain y accédant très très tard, voire jamais. Un bonne loi fixant la majorité de l’intelligence à 16 ans par exemple, serait assurément une avancée fort démocratique, émancipatrice et fort égalitariste… Par contre, il faut abroger toute loi impliquant la responsabilité, elle est contraire aux droits de l’homme…
      Décidément, nos élus socialistes ont encore un immense chemin à parcourir pour tenter de mettre en œuvre le « meilleur des mondes », si cher à Aldoux Huxley….

      01/12/2012 à 13 h 40 min
    • Aeterna Répondre

      Alors, à 15 ans, une jeune fille ne pourra pas se faire retirer les amygdales sans l’accord de ses parents, mais elle peut avorter en toute liberté!!

      04/12/2012 à 14 h 25 min

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