Lu pour vous : Histoire de la messe interdite

Posté le mars 12, 2008, 12:00
3 mins

Histoire de la Messe InterditeLe 7 juillet dernier, le pape Benoît XVI déclarait dans un Motu proprio qui a fait couler beaucoup d’encre que le rite romain traditionnel n’avait jamais été interdit.

Naturellement, au plan historique, la déclaration est plutôt contestable (Paul VI ayant déclaré le contraire sans ambiguïté) ! Mais tous les commentateurs ont, à juste titre, compris cette déclaration comme un rétablissement partiel des droits d’une liturgie, qui ne fut que restaurée par saint Pie V, mais dont l’essentiel est vieux de plus de quinze siècles.

Comment, après les persécutions que les fidèles traditionalistes ont connues durant les années 1970 et 1980, en est-on venu à ce geste d’apaisement ? C’est ce que Jean Madiran nous explique dans son Histoire de la messe interdite.

L’auteur est l’une des grandes « plumes » de la droite française. Dans la revue « Itinéraires » d’abord, puis dans le quotidien « Présent », il a combattu énergiquement le communisme et, à l’intérieur de l’Église, le modernisme. Et il fut l’un des tout premiers à déclarer publiquement pourquoi il resterait fidèle à la liturgie traditionnelle, dès 1969.

C’est dire si son témoignage est précieux – et tout spécialement pour les jeunes générations. D’autant plus qu’après la mort de Mgr Lefebvre, de Louis Salleron, du Père Calmel, des Charlier et de bien d’autres, Madiran reste l’un des derniers acteurs de cette époque troublée de l’après-Concile et de l’après-68. Mais l’intérêt de l’ouvrage n’est pas purement documentaire. Il permet également de rappeler les fondements doctrinaux d’un combat crucial.

Jean Madiran a annoncé, après ce petit livre, trois autres fascicules donnant des textes et documents de l’époque, une chronologie des événements, et des réflexions doctrinales. Après la lecture du premier volume, nous attendons les suivants avec impatience !

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Guillaume de Thieulloy
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3 réponses à l'article : Lu pour vous : Histoire de la messe interdite

  1. Aregundis

    17/03/2008

     

     

    A Bonnerot.

    Bonjour.

    Votre texte ne brille pas par sa clarté et vous pourriez au moins faire l’effort de corriger vos fautes de frappe. Mais je suis d’accord avec vous pour l’essentiel ; à ceci près que « la science liturgique » n’en est pas une. La liturgie (tout court) a pu varier au cours des siècles selon les vicissitudes de l’Histoire politique et religieuse, les conciles, les papes, et les querelles théologiques autour de la nature du Christ, du Theotokos, ou du filioque que n’admet pas l’Église orthodoxe. Le concile de Trente fut celui de la Contre-réforme en réaction aux thèses calvinistes. Mais aussi pour remettre de l’ordre dans une Église devenu laxiste en bien des domaines. Sans parler du dogme de l’infaillibilité pontificale que beaucoup de catholiques ne comprennent pas. Ou n’admettent pas.

    Le prêtre doit-il faire face aux fidèles ou leur tourner le dos ? Fallait-il réformer le calendrier liturgique ? Le français plutôt que le latin ? Était-il nécessaire de ne plus nommer les saints et saintes au Canon de la messe ? De supprimer les ordres mineurs ? Etc…

    Je ne veux pas entrer dans ces discussions. Je n’ai aucune compétence en théologie et je ne connais que la liturgie qui m’était familière, à savoir celle qui faisait l’objet du Missel romain[1] encore en vigueur en 1962 quand s’ouvrit le Concile. Mais je crois connaître assez bien l’histoire de l’Église, d’une part, et d’autre part je suis assez âgé pour faire la différence entre ce qu’était la pratique religieuse dans les années 50 (et avant), et ce qu’elle est aujourd’hui. Du reste, la fréquentation des églises est devenue si clairsemée qu’elle rend le débat sur le sujet quasiment inutile.

    J’ai ici un certain nombre de livres qui traitent de ces sujets et de bien d’autres.[2] Mon avis, est que je reconnais plus l’Église de mon enfance. Le séisme de Vatican II a tout emporté. Bien entendu, je ne porte pas ici jugement de valeur sur le bien-fondé des décisions prises par les Pères du concile, à l’issue de travaux savants tout-à-fait hors de ma portée. Je dis seulement que ces décisions ont privilégié l’intellect au détriment de la foi. Il s’ensuivit une désacralisation outrancière qui a complètement déboussolé les fidèles. Vatican II a vidé les églises.

    Le concile me semble avoir complètement ignoré le fait que les fidèles ne sont ni des saints ni des intellos. La foi des simples gens a besoin de supports et « d’intermédiaires » pour se vivre et s’exprimer, d’où le culte des saints, souvent légendaires, passés à la trappe des rénovateurs. Au fil des siècles, celui de la Vierge a pris des proportions telles que le concile a cru nécessaire de « recentrer » la foi des fidèles sur la « christologie » aux dépens de la « mariologie » ; des concepts théologiques incompréhensibles pour le fidèle de base.

    La foi a aussi besoin de repères. Jusqu’à l’orée des années 60, le temps était rythmé par le calendrier des fêtes et solennités : de l’Avent à la Saint-André. Ainsi, les dimanches de Septuagésime, de Laetare ou de Quasimodo, les Rogations, les Quatre-Temps, etc. … Oui, je reconnais qu’il a de ma part un attachement « sentimental » comme vous dites, à ces pratiques d’un passé révolu. Or, on a besoin du mystère et du sacré ! Si la religion ne les apporte plus, qui les apportera ? Le latin participe de ce sacré. N’était-il pas la langue de la Vulgate de saint Jérôme, d’Augustin, de Thomas d’Aquin et de bien d’autres ? C’est surtout la langue officielle de l’Église. On a prétendu que les fidèles débitaient du texte sans le comprendre. C’est absurde ! D’abord, dans n’importe quel missel de l’époque le texte en français est juxtaposé au latin. Et c’est ainsi depuis longtemps. J’ai ici un petit opus qui en témoigne : il date de 1772 et est dédié à « Monseigneur le Dauphin », c’est-à-dire à Louis XVI alors âgé de dix-huit ans. A force de répéter à longueur d’année et cum spiritu tuo ou de chanter tantum ergo sacramentum, et sauf à être le dernier des crétins, on finissait bien savoir ce que cela voulait dire !

    Ce que j’écris peut laisser croire que Vatican II est responsable de tout. Non, le concile fut l’initiateur, non l’exécutant. En vérité les trois premières cessions conciliaires (il y en eut quatre), virent s’affronter sans trop de charité conservateurs et progressistes. Les véritables responsables des calamités qui allaient s’abattre sur l’Église de France furent les « cathos engagés » – surtout engagés à gauche. Mai 68 achèvera le boulot de destruction. Tout cela accouchera en Amérique latine de la théologie de la libération. Une dérive de l’apostolat que condamnera fermement le pape Jean-Paul II. Ce bon pape natif de l’Est était bien placé pour savoir ce que devient un pays « libéré » par le marxisme.

    On a besoin de rites qui perpétuent la foi des siècles ; une histoire inscrite dans la statuaire et les vitraux, les œuvres d’art et les compositions symphoniques. Est-ce que vraiment les gens viennent à l’église pour entendre de longs verbiages « solidaires » ? Une église est-elle un lieu de prières où l’on vient entendre la parole du Christ ou un centre laïque où l’on célèbre l’Année de la Femme, l’Année des Handicapés, l’Année de ci ou cela ou de lutte contre ceci ou cela ? Supprimons la sacralité et la jeunesse dérive vers des syncrétismes de substitution qui n’ont ni cul ni tête. Ou des mouvements sectaires.

    Qui se souvient des processions d’autrefois : du Saint-Sacrement, des Rogations où se rassemblaient les fidèles autour de leur curé ? Chaque région de France avait ses particularismes, son saint local, son tissus de récits légendaires. Mais les chrétiens « progressistes » ont voulu, dans un souci « d’œcuménisme » et « d’inculturation » faire adopter des pratiques venues d’ailleurs, incompatibles avec notre propre culture. Le regretté cardinal J.M. Lustiger désapprouvait ces excès qui faisait du Christ un personnage aux apparences interchangeables selon les critères idéologiques des uns et des autres.[3] Quelques efforts qu’on fasse, et avec la meilleure volonté du monde, on n’arrivera jamais à faire aussi bien que le vrai gospel des Noirs américains. Le rituel romain se prête mal aux hurlements et aux gesticulations. Je ne comprends pas davantage les bizarreries pentecôtistes du « renouveau » charismatique. Et bien d’autres encore qui me dépassent.

    L’Église de mon baptême ; de ma communion « privée » à l’âge de sept ans un Jeudi-Saint ; de ma communion solennelle à douze ans ; de ma Confirmation un an plus tard, de mon premier mariage… n’est plus mon Église. Y aura-t-il seulement – non pas un vrai curé, ce serait trop demander – mais un simple laïc, un « EAP » en jeans pour dire un brin d’absoute et faire un signe de croix sur mon cercueil ?

    Mais le plus grave à l’échelle collective est que la sécularisation de l’Église, les efforts du Concile pour effacer cinq siècles de foi tridentine, ont entraîné la déchristianisation quasi-totale de la société, et par là même la chute de l’ensemble des valeurs morales qui sont le socle de la civilisation occidentale. Sous les coups de boutoir de l’islam, renforcé par le crétinisme intellectuel et l’imbécillité des « chrétiens de gauche », notre société marche vers sa perdition.

    J’ai été un peu long. Merci de m’avoir lu.



    [1] Réédité en 1990 par les moines de l’abbaye du Barroux.

    [2] Entre autres :

             Henri Tinck. Dieu en France. Mort et résurrection du catholicisme. Calmann-lévy. 2003

             Greg Dues. Guide des traditions et coutumes catholiques. Bayard, 2004 

             Denis Crouan. La messe en latin et en grégorien. Téqui éditeur, 2006

             Abbé Paul Aulagnier. La bataille de la messe, 1969 – 2005. Éditions de Paris, 2005

             Dom Robert le Gall. Dictionnaire de liturgie. C.L.D. 1987

             Jean Laporte. Les Pères de l’Église. 2 tomes. Cerf 2001

             Père Philippe Rouillard. Histoire des liturgies chrétiennes de la mort et des funérailles. Cerf, 1999

    [3] Jean-Marie Lustiger. Le choix de Dieu. Entretiens. Éditions de Fallois. 1987

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  2. Anonyme

    13/03/2008

    Bonnerot : " mais surtout de connaître ce que l’on peut nommer "la science Liturgique" qiui relève tout à la fois de la théologie spirituelle, de la théologie dogmatique, de la théologie du geste, etc."

    Oui, evidemment. Mais le plus sage serait encore de demander a Dieu ce qu’il pense de cette science.

    Deo gratias

    Mancney

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  3. BONNEROT

    12/03/2008

    La Messe interdite à savoir le rite de St Pie V est une très grande réformer et révolution au plan dogamtique et liturgique face aux anciennes Liturgies ou plus anciennes encore les premeières Liturgies.

    Je ne suis pas certain qu’il faille être fidèle plutot à une Liturgie de St Pie V face à une liturgie dite de Paul VI, toutes deux perdirent les dimensions eschatologiques fondamentales qui font que leSaint  Sacrifice ou Divine Liturgie n’est pas seulement l’actualisation de la dernière Cène par le Mystère de la transubstantiation, mais aussi l’anticipation du Royaune ou 8° Jour, par l’Epiclèse qui ne consacre pas les Saitnes Espèces, mais invite l’Esprit Saint à manifester Sa présence comme anticipation du Royaume : Grâces autres de celles liées à la Sainte Communion, notamment.

    Pourquoi cet attachement – s’il n’est pas seulement sentimental face à une époque connue – à la Messe dite de St Pie V  ? Qui sait le pourquoi du célébrant se trouvant dos aux fidèles, quelle est la raison du Lavabo, etc etc.

    Avant donc de privilégier une Liturgie, ne convient-il pas d’en connaître les règles, ce qui en fait sa structure, etc etc, mais surtout de connaître ce que l’on peut nommer "la science Liturgique" qiui relève tout à la fois de la théologie spirituelle, de la théologie dogmatique, de la théologie du geste, etc.

    En union dans la prière,

    http://fr.groups.yahoo.com/group/groupetheologique/

     

     

     

     

     

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