Oscar Wilde et Hawthorne juges du socialisme humanitaire.

Oscar Wilde et Hawthorne juges du socialisme humanitaire.

Il est plus facile d’avoir de la sympathie pour la souffrance que pour la pensée.

 Oscar Wilde disait que pour résoudre le problème de la pauvreté, il fallait amuser le pauvre. Avec Apple et la téléréalité, les puissants du jour ont bien compris le truc ! Quinze milliards de minutes par mois sur face de bouc, l’humanité ne perd plus son temps ! 300 millions de minutes-jour sur le jeu Oiseaux en colère (à transmettre aux grands esprits), la société du savoir n’arrête pas d’exercer son intelligence !

Esprit provocateur et brillant, paradoxal et insaisissable, Oscar Wilde ne cesse de nous interpeller plus de cent ans après sa mort, à la manière d’un Nietzsche ou d’un Chesterton (« le monde moderne n’est pas mauvais ; il est même trop bon ! »). Dans son opuscule sur le socialisme, il tord le cou au monde moderne, à sa philanthropie, et aussi au matérialisme d’une civilisation qui voit les peuples succomber les uns après les autres à la richesse et à l’ennui d’une vie ordinaire sans spiritualité et surtout sans génie.

Mais Wilde s’en prend avec rage à la charité moderne qui est celle de nos stars et de nos milliardaires qui ne veulent plus payer d’impôts mais nous recouvrir de leur charité et des dollars de leurs fondations. A ce jeu, d’ailleurs, l’Afrique ou l’Asie gagnent, et l’Europe ou l’Amérique perdent. Car la philanthropie est le cheval de bataille de la mondialisation antioccidentale. La fondation Rockefeller parle même de guérilla philanthropique !

Mais voyons Wilde : il écrit que « la majeure partie des hommes gâche sa vie par un altruisme excessif et mauvais pour la santé, tout cela parce qu’il est plus facile d’avoir de la sympathie pour la souffrance que pour la pensée. »

Comme s’il voyait la menace à venir du keynésianisme, Wilde remarque très justement « que les remèdes ne guérissent pas la maladie ; ils sont même une partie de cette maladie. » Le keynésianisme parent monétaire de la psychanalyse, la maladie qui se faisait passer pour la cure.

Wilde est bien sûr anticapitaliste, mais un anticapitaliste original ; il n’aime pas ce monde dominé par le journalisme et la masse, mais il méprise le bon riche encore plus que le mauvais riche. En effet, « il est à la fois immoral et injuste d’utiliser la propriété pour soulager les maux qui débouchent de l’institution de cette propriété. Et de toute manière les gens qui font le plus de mal sont les gens qui essaient de faire le plus de bien. »

Wilde esthète reprend ensuite l’étonnant épisode de Jésus et du parfum, en montrant combien Jésus méprise ici l’humanitarisme et la valeur matérielle des biens à laquelle il substitue la valeur symbolique. Le message est dur à comprendre pour certains.

« Et les disciples, le voyant, en furent indignés, disant : à quoi bon cette perte ? Car ce parfum aurait pu être vendu pour une forte somme, et être donné aux pauvres. Et Jésus, le sachant, leur dit : Pourquoi donnez-vous du déplaisir à cette femme car elle a fait une bonne œuvre envers moi ; car vous avez toujours les pauvres avec vous, mais moi, vous ne m’avez pas toujours (*)… »

Les pauvres, on les a toujours, on en a même de plus en plus en Europe, et aussi malheureusement les bonnes âmes qui veulent prendre aux uns pour donner aux autres, et ce faisant fabriquent des riches encore plus riches. Tolkien aussi en fera l’axe de son dernier et sublime épisode dans le Seigneur des Anneaux ; qui remarque d’ailleurs que les répartiteurs aiment bien prendre mais moins partager.

De toute manière la distribution généreuse ne fait que corrompre le pauvre, remarque Wilde :

« Les meilleurs des pauvres ne sont jamais reconnaissants. Du fait de la charité, les pauvres sont mécontents, désobéissants et rebelles. Les autres se sont vendus pour un très mauvais potage. »

On le voit en France et en Europe d’ailleurs : plus le quidam est assisté, plus il s’agit et tempête contre les marchés qui ne font que prêter aux dirigeants socialistes de quoi entretenir leur masse d’électeurs mécontents.

Le socialiste français a été élu, Obama réélu. La gauche va repasser en Italie. On a partout des guerres humanitaires. On recrutera des fonctionnaires et des distributeurs grands et généreux. On investira dans la croissance avec plus d’infrastructure polluante et plus de dette, sans savoir jusqu’à quand les banques centrales pourront continuer à faire bonne impression ! Et nous ferons comme si nous n’avions rien compris. Comme dit un autre génie, Céline, abasourdi par l’obsession moderniste du sozial, « le monde est encore plein de martyrs qui crèvent du désir de nous libérer puis d’être titularisés par la même aubaine dans des fonctions pas fatigantes, d’un ministère ou d’un autre, avec une retraite. »

Sur cette belle question je recommande aussi le splendide conte de Nathaniel Hawthorne intitulé l’Image de neige. Des enfants en hiver bâtissent une petite fille de neige qui prend vie. Mais le père intervient, bon philanthrope, qui pense que l’image de neige va prendre froid. Il l’installe près de son poêle et tandis qu’elle fond se félicite de son intéressante décision. Et, quand elle a disparu, il dit qu’elle n’a jamais existé. Un vrai Illuminati, ce philanthrope. Hawthorne, qui connaissait comme Poe les défauts de son pays, se fend d’ailleurs d’une petite dissertation à ce sujet.

Je vous donne mon ticket que toutes nos nations auront d’ici 2030 (**) fini de disparaître grâce à la philanthropie.

Nicolas Bonnal

(*) Matthieu, 26, 8-12.

(**) Lisez les Global Trends de la NIA, que j’ai écornés dans une autre langue et ailleurs.

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(9) Commentaires

  • mauvaisedent Répondre

    Bravo, bien vu. Sauf que même si c’est le plan des iluminatis, on ne peut pas laisser crecer les gens de faim.

    28/01/2013 à 18 h 40 min
  • Druant Philippe Répondre

    @quinctius:

    pour les socialistes , un homme inverti en vaut 2 !

    25/01/2013 à 9 h 56 min
    • quinctius cincinnatus Répondre

      d’autant qu’ils peuvent être  » interchangeables » !
      ils en valent donc … quatre !

      26/01/2013 à 9 h 39 min
  • SMALL BARTHOLDI Répondre

    Benjamin Kidd, un parfait contemporain de Wilde, et un disciple de Darwin comme il s’en faisait beaucoup à l’époque et plus du tout aujourd’hui, prédisait que le socialisme allait dissoudre l’esprit de compétition, la natalité et la créativité des Occidentaux. En engendrant un Etat qui prend en charge tous les besoins du citoyen, qui pense à sa place, l’instinct de survie ne pouvait que s’étioler bien gentiment mais irrémédiablement. Dans la post-histoire, plus personne n’a envie de se battre pour quoi que ce soit, y compris les Américains. C’est trop fatigant, épuisant même, et tro souvent cruel et ingrat. La loi de la vie n’est guère favorable aux beaux sentiments, Jack London nous le rappelait sans cesse. Le socialisme, évolution tout à fait naturelle des sociétés occidentales, en sera aussi la fin.

    24/01/2013 à 22 h 22 min
    • quinctius cincinnatus Répondre

      Jack London savait de quoi il parlait … il était socialiste !

      26/01/2013 à 18 h 15 min
  • quinctius cincinnatus Répondre

    Oscar Wilde ? si maintenant un journaliste des  » 4 V²  » fait appel à un  » inverti  » pour combattre idéologiquement et littérairement le  » socialisme  » où allons nous ?

    24/01/2013 à 19 h 37 min
    • Lach Répondre

      je préfère un inverti qui avertit qu’un averti qui invertit …

      25/01/2013 à 16 h 40 min
    • Jaures Répondre

      Bien heureusement, quinctius, la seule chose que l’on peut faire pour persécuter les « invertis » c’est de les empêcher de se marier. Wilde lui n’a pas eu cette chance: incarcéré deux ans au bagne pour « moeurs contre nature », ses biens seront saisis et sa santé si ruinée qu’il en mourra moins de deux ans après sa libération.
      Je crois d’ailleurs que la phrase citée par Bonnal a été tronquée. Il me semble que Wilde parle de l’espérance « qui est un de ces remèdes qui ne guérissent pas la maladie ». Inutile de triturer les grands écrivains simplement pour dire qu’on est contre le keynésianisme.

      25/01/2013 à 16 h 55 min
      • quinctius cincinnatus Répondre

        en effet rien de pire que le symbole et l’amalgame domaines dans lesquels vous êtes un maitre !
        bien à vous

        28/01/2013 à 14 h 28 min

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