Plus on mange mal, plus on parle de gastronomie!

Plus on mange mal, plus on parle de gastronomie!

Depuis la fermeture des restaurants, journaux et magazines consacrent des pages et des pages à la gastronomie. Voilà ce que vous allez faire pour vous offrir chez vous un repas délicieux.

S’ensuit une liste imposante de produits, au demeurant souvent difficiles à trouver, hormis le persil, l’ail et l’échalote – le romarin et le serpolet étant, eux, plus difficiles à trouver.

Il faut aller les chercher. Il faut aussi soigneusement respecter le temps de cuisson, chronomètre en main: 6 minutes 30 secondes ou 11 minutes à feu doux.

Hélas, ce n’est pas tout le monde qui a le temps et la patience de faire tout cela, de « faire de la bonne cuisine».

La cuisine est un art et une science qui exigent de bons produits, une grande attention et beaucoup de patience.

La cuisine est l’un des premiers signes de la civilisation. J’y reviendrai. Dis-moi ce que tu manges et je te dirai ce que tu es!

Aujourd’hui, la cuisine comme elle était couramment pratiquée autrefois est remplacée par ce qu’on appelle en bon français le «fast-food». Nous avions déjà dans notre langue le mot «water-closet».

Mais je ne veux pas dire qu’entre fast-food et water-closet, il n’y a pas de différence, ce serait excessif! Il reste que ce fast-food a dû être inventé par Satan, un jour où il était de mauvaise humeur.

C’est un mélange indéfinissable de produits faits pour couper l’appétit.

Les restaurants n’en ont jamais servi, heureusement, qui offraient souvent de très bons plats dont on va finir par perdre le souvenir. Les restaurants sont fermés.

Ils devaient rouvrir le 20 février, puis on a dit en mars, puis à l’été, puis en 2022. En fait, on n’en sait rien.

C’est un coup très dur pour la profession. Beaucoup de restaurateurs ne s’en remettront pas. En attendant, pour rappeler que la gastronomie, ça existe, on reçoit de magnifiques dépliants sur lesquels s’étalent des photos plus qu’attrayantes qui vous invitent à goûter notamment aux délices du Périgord – le ravioli de poisson au coulis de langoustines, le pâté de pintades aux raisins et bien sûr le cassoulet de Castelnaudary, renforcé de haricots lingots. Ces photos, on les mangerait. Hélas, hélas, hélas, lorsque ces merveilleux produits, après commande, arrivent dans votre assiette, ils sont beaucoup moins merveilleux qu’attendus. On ne trouve pas de différence entre une terrine et une autre. À cette séduisante présentation des produits sur papier succède rapidement une grande déception. Pour autant, ne nous plaignons pas. Lorsque la France sera entièrement islamisée – elle en prend le chemin –, après la prière de la nuit, on regrettera les terrines que je viens d’évoquer. On regrettera ces artisans qui, naguère dans chaque village, fabriquaient une très bonne charcuterie que le couscous ne remplacera pas.

Oui, la cuisine est le premier signe de la civilisation. Des souvenirs d’autrefois m’incitent à le dire.

Étant enfant, j’ai passé plusieurs jours chez des fermiers modestes, où sur la cuisinière au charbon mijotait toujours un excellent plat qu’on appelait le frichti. Chez ces braves gens, mal manger aurait été une grave impolitesse. Bien plus tard, invité par un notable africain à un cocktail qu’il donnait à ses amis et connaissances, je l’entendis me dire discrètement à l’oreille : « Surtout ne touchez à rien. »

Aujourd’hui, sur la cuisinière, il n’y a plus rien. C’est fini. Sur cette machine qui fait face à la machine à laver, pas de frichti.

On dirait des appareils faits pour explorer la planète Mars, des machines généralement en panne. Je m’en suis étonné. On m’a répondu que l’électro-ménager était conçu pour tomber en panne. Donc pas de bonne cuisine. Consolez-vous avec des carottes râpées et du céleri rémoulade !

Nous avons néanmoins de quoi nous réconforter.

Nous avons, nous Français, le vin. La France reste la reine mondiale du vin. Les grands vins sont français.

Nul besoin d’acheter chaque jour une bouteille de Romanée-Conti à 22 500 euros ou d’enlever ce qui est présenté chaque année par les hospices de Beaune. Un bon Santenay suffira.

On raconte que Napoléon fit présenter les armes aux vignobles de Gevrey-Chambertin.

C’est, bien sûr, une légende et pourtant ces vignobles méritent bien qu’on leur présente les armes.

De chaque côté de la route des grands crus en Bourgogne se succèdent des vignobles qui sont des merveilles: Aloxe-Corton, Pommard, et d’autres encore.

Mais attention, des vignerons français ont été appelés en Australie pour y planter des cépages français et j’ai vu moi-même embarquer dans un avion pour la Chine des plants de vigne à planter en Chine du Sud. Et il est vrai qu’étant à Macao, j’ai bu de ce vin franco-chinois qui était tout à fait acceptable. Oui, attention, ne tressons pas des verges pour se faire battre, de telle sorte que la concurrence apparaîtra sur les rayons de nos supermarchés avec le vin chinois à côté du vin français. Je dois le répéter : l’alimentation, sa nature, la façon dont on la prépare est à la base de la civilisation. Veillons à rester dans cette minorité qui sait ce qui est bon, qui sait en profiter avec goût et modération et, si vous passez devant les grands vignobles de Bourgogne (sans oublier ceux de Bordeaux), ne présentez pas les armes – d’ailleurs nous n’en avons plus les moyens – mais saluez-les avec respect, en soulevant votre chapeau, avec une pensée pour Jules César qui gagnant Autun, qui s’appelait alors Augustodunum, où il résidait, aurait dit : Plantez-moi toutes ces collines de vigne, et vite !

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(11) Commentaires

  • Gérard Pierre Répondre

    Plus on mange mal, plus on parle de gastro … ! ! ! … nomie ! … Non ! … de gastro … ! ! ! … entérite !

    …… parce que ce ne sont pas les mêmes qui mangent mal et qui parlent de gastronomie !

    14/03/2021 à 15 h 23 min
  • quinctius cincinnatus Répondre

     » BIEN MANGER  » d’ ABORD MANGER et … BOIRE DES PRODUTS SAINS , d’ éviter les graisses , les sucres et l’ alcool

    13/03/2021 à 21 h 10 min
  • ELEVENTH Répondre

    Pauvre fat. Croyez vous que je veuille m’abaisser à vous haire ? Non, mais, ne rêvez pas trop
    Si vous me méprisez maintenant, moi, il y a longtemps que c’est fait. Votre prétention et votre fatuité ridicules me font vous considérer simplement comme un pauvre type qui tente vainement de se mettre en avant quelque soit le sujet, tiraillé qu’il est par une masse de complexes idiots, de tous genres et qui ne s’aperçoit pas combien il inspire la répulsion.
    Cela vous va t il, ou dois je être plus précis.
    Ce pourrait être amusant de vous voir essayer de vous mettre en avant…si ce n’était pas aussi pitoyable. Docteur chnock.

    04/03/2021 à 17 h 59 min
    • quinctius cincinnatus Répondre

      quand, à votre âge, on n’ a pas encore dépassé le stade du pipi-caca on n’ est psychologiquement pas en état de  » juger  » des autres

      08/03/2021 à 17 h 39 min
  • quinctius cincinnatuss Répondre

    il y aura toujours davantage de  » gourmets  » dans une gargote à routiers, chez Mac Do ou un kebab que chez n’ importe quel chef étoilé !

    c’ est à la fois une question de bourse, de culture et même de goût

    c’ est comme pour les revues politiques !

    04/03/2021 à 16 h 33 min
  • quinctius cincinnatus Répondre

    retour sur le site du poète de l’ étron

    04/03/2021 à 9 h 26 min
  • ELEVENTH Répondre

    Excellent article digne de Curnonsky le prince des gastronomes, sur la bonne bouffe en voie de disparition.
    Mais, nous pourrons toujours nous consoler en prenant connaissance de ce poème que j’ai lu dans ma jeunesse sur une porte de w.c. à la turque d’un établissement scolaire comme il y en avait tant, écrit par un poète en herbe facétieux :

    – ici tombent en ruines
    -toutes les merveilles de la cuisine
    -et malgré la saison des fleurs
    -cela sent toujours la même odeur

    Alors il ne nous reste que le plaisir très passager du goût , de moins en moins présent, hélas, même en Bourgogne (sauf à des prix de délire).

    03/03/2021 à 1 h 56 min
  • quinctius cincinnatus Répondre

    Monsieur Lambert ,

    c’ est le colonel Bisson qui fit présenter les armes au  » clos Vougeot  » à son régiment qui rejoignait l’ Armée du Rhin

    les Santenay sont certes d’ excellent vins ( en pinot noir , en chardonnay et également en aligoté ) de la limite sud de la Côte de Beaune ; mais, à mon goût, il leur manque un peu de cette finesse , de cette  » dentelle « , qui est cette caractéristique, cette spécificité, qui n’ appartient qu’ aux vins de Bourgogne ( Côte de Nuits et Côte de Beaune ) *** qu’ aucun autres vins ( sauf peut être le viognier de la Côte Rôtie ) ne peut atteindre ailleurs de par le Monde ; ils peuvent être aussi assez agressifs en bouche ( surtout les vins jeunes ) comme si leurs tanins avaient du mal à se fondre d’ autant que beaucoup de vignerons utilisent des fûts neufs

    avec la mode pour les vins jeunes le vieillissement devient un problème car la vinification n’ est pas conduite pareillement

    préférez leur pour un prix à peine supérieur des Savigny lès Beaune

    un membre de la confrérie des Cousins de Bourgogne

    *** je connais quelques vins de la Côte Chalonnaise qui en sont dignes ( c’ est tout l’ art du vigneron et c’ est aussi l’ âme du climat qui s’ exprime , c’ est à dire d’ un terroir géographiquement souvent très limité )

    02/03/2021 à 10 h 10 min
    • ELEVENTH Répondre

      C’ était le cours d’ oenologie du docteur Pochetron, diplomé et membre de la confrèrie du gros qui tache, après avoir pris ses infos sur Wikipinard.

      03/03/2021 à 1 h 16 min
      • quinctius cincinnatus Répondre

        vous me haïssez mais pour vous c’ est pire … je vous méprise

        04/03/2021 à 9 h 28 min
      • quinctius cincinnatus Répondre

        que l’ Envie fasse de vous un être malheureux je n’ en ai , charitablement, cure , mais qu’ il vous rende à ce point stupide est plutôt pour me réjouir

        04/03/2021 à 11 h 44 min

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