Quelques distractions en temps de confinement

Posté le avril 28, 2020, 12:23
7 mins

Que faire en un gîte à moins que l’on ne songe, s’interrogeait La Fontaine. C’est vrai, mais l’on ne peut pas songer tout le temps. Il faut être plus actif, moins immobile.

Pour soutenir un moral attaqué de toutes parts, faites donc la cuisine ! Cela distrait et nourrit. Et, si vous arrosez le tout d’un bon vieux Vosne-Romanée – il y a du bon chez les vieux ! –, cela peut même vous conduire à une douce euphorie de bon aloi. Tenez, par exemple, vous vous faites une soupe de fraises au basilic de Glenn Viel. Ce basilic, il faut le ciseler et le napper avec le jus réservé. Utilisez de la garriguette, si vous ne trouvez pas de basilic Glenn Viel. Vous voyez, c’est simple !

Vous pouvez aussi inviter les tout-petits et – sans les embrasser – leur offrir des pâtes relevées à l’arrabiata, accompagnée de ratatouille douce. La ratatouille forte est réservée aux politiciens qui s’y connaissent en ratatouille démocratique avec ou sans basilic.

Vous pouvez encore vous laisser aller, mais exceptionnellement, à la contemplation qui vous conduira à un état d’extase surprenant. C’est ainsi qu’un confiné en état d’extase a, m’a-t-on dit, vu apparaître François Hollande, président de la république, en acrobate et artiste, accroupi à l’arrière d’une pétrolette pilotée par un agent de police maghrébin et élyséen qui le conduisait chez une artiste bien connue (mais dont j’ai oublié le nom) habitant rue du Cirque.

Un autre confiné aurait vu apparaître, en extase, une belle jeune femme donnant le biberon à un charmant bébé. La jeune femme se prénommait Brigitte et le bébé Emmanuel.

Vous pouvez aussi vous livrer à de savants calculs à la condition d’avoir une robuste machine à calculer, un moral d’acier et d’être bien assis. Vous apprendrez alors que le manque à gagner des impôts en raison de l’épidémie actuelle atteint déjà, à ce jour, 45 milliards d’euros et que la dette de l’État, déjà énorme, va atteindre des niveaux jamais atteints. Vous apprendrez que le stock d’épargne en France s’élève à 5 367 milliards d’euros. Si l’État pouvait les rafler, ça l’arrangerait bien et tout le monde serait ruiné. La menace est là. Attention à votre porte-monnaie, si toutefois il reste encore quelque chose à l’intérieur.

Si, malgré tout, vous tenez encore debout et que vous n’avez pas d’utérus, vous pourrez faire le ménage. Ça fera plaisir à Mme Schiappa, ministre de la supériorité de la femme sur l’homme, qui a déclaré – vous vous en souvenez – que ce n’est pas parce que l’on a un utérus que l’on doit débarrasser la table. Si donc, vous n’avez pas d’utérus – mais il faut tout de même vérifier –, vous débarrasserez la table, passerez l’aspirateur et, sans tomber dans la maladie psychiatrique du « petit torchon », vous essuierez les meubles avec une chamoisine, sans oublier de vous laver les mains. Il faut se laver les mains en permanence, jour et nuit.

En 1968, les étudiants avaient placardé partout : Faites l’amour, pas la guerre, et ils avaient bien raison. Mais faire l’amour sans interruption pendant tout le temps du confinement, par exemple jusqu’à Noël, horizon fixé par la présidente de la commission européenne, pose quelques questions. D’autant qu’il faut tenir compte de la distanciation sanitaire (2 mètres). C’est là que l’on verra ce que savent faire les acrobates à l’esprit inventif.

Dans le même souci de distraction, vous pouvez aussi réfléchir aux deux catégories essentielles de la pensée chinoise : le yin et le yang dont la synthèse constitue le grand principe de l’ordre universel, appelé le Tao. Ça vous passera toujours un moment, surtout si vous êtes familier de la pensée chinoise. Si vous ne l’êtes pas, relisez la Comédie humaine de Balzac : elle est toujours d’actualité, rien n’a changé.

Sans doute, tout cela c’est bien joli et fort intéressant, direz-vous, mais l’épidémie est toujours là et il y a lieu de craindre que le gouvernement, soucieux avant tout des élections, se laisse aller à la démagogie, au détriment de la population, dans l’espoir que celle-ci « vote bien » – les vieux y compris.

Bien sûr, la grande majorité des personnes âgées sont aidées et distraites par leurs proches, enfants, amis, voisins. Mais, malgré cela, nombreux sont ceux qui restent seuls, isolés, dans ces petites villes de province qui, en France, sont à l’abandon. Inconnues des services sociaux, ces vieilles personnes n’ont plus la force de survivre – 3 millions de plus de 70 ans vivent seuls. Elles disparaissent dans la solitude, le chagrin, parfois la détresse et le dénuement. Elles sont oubliées dans un système que « le monde entier nous envie ».

Quel est donc l’imbécile qui a pu dire cela  ?

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4 réponses à l'article : Quelques distractions en temps de confinement

  1. quinctius cincinnatus

    06/05/2020

    que faire en temps de confinement ?

    relire Millière, Lambert et quelques autres aux  » lumières  » d’ aujourd’ hui !

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  2. ELEVENTH

    02/05/2020

    Un ami me faisait remarquer récemment que pour rompre la monotonie du confinement des affreux mâles, ces derniers devraient recourir à la méthode Griveaux. Et partager sur le WEB leurs moments d’extase. EN même temps que les extensions obtenues. Pas bête, mais plus pour moi.

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  3. quinctius cincinnatus

    29/04/2020

    un Romanée – Conti ou … rien ! … peut être un Richebourg à la rigueur !

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  4. OMER DOUILLE

    29/04/2020

    Du Vosne-Romanée ….. vous n’y allez pas avec le dos de la cuillère dans les ambassades ! Chez moi c’est du « KIRAVI » bien rouge et bien tachant, aussi surnommé « le sang du peuple ». Chacun son monde, Excellence .

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