Quels défis pour le prochain pontificat ?

Posté le mars 01, 2013, 1:58
3 mins

Le pontificat du pape Benoît XVI a pris fin le 28 février à 20 heures, comme il l’avait annoncé. L’Eglise, depuis et jusqu’à l’élection du prochain pontife, se trouve sans pape – mais non pas sans chef, puisque le Christ Lui-même est sa tête.

Avec la renonciation de Benoît XVI, c’est une page de l’histoire de l’Eglise qui se tourne puisque le cardinal Ratzinger avait été, pendant 23 ans, le proche collaborateur de Jean-Paul II, qui souhaitait d’ailleurs l’avoir pour successeur. Malgré les différences entre les deux hommes et les caractéristiques propres à chacun des deux pontificats – celui de Jean-Paul II donnant une image plus « extravertie » en plaçant la papauté sous les projecteurs du monde, celui de Benoît XVI insistant peut-être davantage sur la réforme de l’Eglise Elle-même –, ils se sont complétés. Avec le retrait de Benoît XVI, se clôt ainsi une période de 35 ans d’histoire de l’Eglise et peut-être davantage, si l’on songe que ce pape est le dernier grand acteur du concile Vatican II.

A l’intérieur de l’Eglise, il reviendra à son successeur d’être le gardien de l’unité, à laquelle le pape Benoît XVI a particulièrement travaillé – non sans risques. Il devra aussi mener à bien, non pas seulement la « réforme de la réforme », comme on l’a appelée, mais la relecture du Concile Vatican II à la lumière de la Tradition de l’Eglise – autrement dit dans un esprit de continuité et non de rupture. C’est à cette condition que l’Eglise pourra à la fois combattre la déchristianisation qui frappe les sociétés occidentales et résister à la « concurrence » des sectes en Amérique latine ou en Afrique.

A « l’extérieur », le prochain pape aura, me semble-t-il, à relever deux défis majeurs : d’une part, le développement de l’islamisme et la multiplication des violences antichrétiennes dans les pays concernés – en particulier, mais pas seulement, aux proche et moyen Orient, berceau du christianisme – ; et d’autre part, la dérive des sociétés occidentales vers le « Meilleur des mondes », dont l’effacement revendiqué des genres et la légalisation du pseudo « mariage » des homosexuels, en France, ne représentent qu’un épisode – dérive qui conduit elle aussi à une forme de persécution.

C’est dans la perspective de ces combats et défis que doit se comprendre la renonciation de Benoît XVI. Pour les affronter et relever, son successeur, quel qu’il soit, aura besoin de tous ses moyens physiques… et de la prière de l’Eglise.

Eric Letty

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